Mot à  Mo J'aime les mots et écrire, même maladroitement

24juin/110

Petit Stroumph…

Vendredi 22 Avril 2011...

Quand ils sont arrivés très tard ce soir d'avril, les heures de route avaient compté double tant ils étaient impatients de me révéler leur doux secret...

A peine étaient-ils entrés qu'ils me tendaient un tout petit paquet... Dans un minuscule oeuf de Pâques rempli de paille dormait un bébé stroumph tout enrubanné...

Dénouant délicatement le ruban qui enlaçait le bébé bleu, quelques mots de satin s'emparèrent de mon coeur pour m'annoncer leur tendre projet :  un petit bout de rien du tout s'annonce pour la fin du mois de Novembre...

Un petit poupon qui, sans vergogne va faire de moi une Grand-maman ! Mais le plus étonnant dans cette nouvelle aventure, c'est que ce soit maintenant au tour de mes enfants de devenir parents !... Ca alors, ça me chamboule ! Mon "petit garçon" responsable à jamais d'une vie ! ... J'ai passé le relais, sa douce Chloé en a fait un homme et bientôt un "papa"... Les années s'écoulent sans qu'on y prenne garde, me voici à l'automne de ma vie, riche d'un vécu qui me laisse forte, résistante, parce que consciente de la fragilité de nos existences.

Ce bébé qui doucement arrondit le ventre de sa jeune maman, ce bébé que j'aime tant déjà, ce bébé, moi aussi je l'attends... Ce petit enfançon, qu'il soit fille ou garçon, remplit mes jours d'avenir et me donne une impétueuse envie de vivre ! Merci mes enfants chéris, grâce à ce petit poupon, grâce à vous qui m'inventez  une tendre famille, je n'ai plus peur de vieillir !...

A Chloé et Pierre, mes enfants...

17juin/110

J’aurais aimé…

J'aurais aimé t'offrir ma jeunesse, la fraîcheur de ma peau dorée après les mois d'été, mes innocences et mes ignorances... J'aurais choisi une robe de lin blanc pour t'épouser dans une petite chapelle perdue au milieu des champs... J'aurais voulu qu'avec l'insouciance nous soit très vite venu un enfant... J'aurais rêvé qu'on s'installe dans une grande maison qu'on aurait habillée de bonheur et d'éclats de rire... Nous l'aurions meublée de projets et remplie de jolis souvenirs...

La vie a eut pour nous d'autres desseins... Il nous aura fallut des années et bien des chagrins pour qu'enfin elle fasse se croiser nos chemins... Sans rien renier du passé qui nous a façonné, sans regretter nos  premiers émois, nos amours ou nos désillusions, voilà qu'à nouveau nous nous inventons un tendre et même avenir. Comme à vingt ans rien ne nous semble impossible... Comme à vingt ans nos coeurs battent la chamade et nos corps se conjuguent... Si l'âge, sans doute, laisse sur nos visages la trace de son passage, si au fil du temps il n'a pas cessé d'y dessiner notre histoire, il n'a pas oublié non plus d'y laisser l'empreinte de nos rêves les plus fous, ni celle, radieuse, d'y croire à nouveau.

Les automnes ne sont pas moins ardents, regardez comme en Septembre la nature flamboie ! Ne souriez pas jeunes gens, il vous apparaitra un jour, à vous aussi, combien l'Amour a le pouvoir de relever les plus las, d'alléger les tristesses, d'illuminer certains crépuscules...

A tous ceux qui s'aiment, pour un jour, un an ou une vie... Pour ceux qui trébuchent, se relèvent et recommencent...

10fév/110

La kermesse de Valentin…

Pauvre Valentin ! Votre martyr n'a pas de fin, puisqu'aujourd'hui il n'aura servi à rien...

Depuis des générations on a fait de vous une caricature de l'Amour...

Pas une vitrine qui ne s'affuble de cœurs enrubannés et ridicules, pas un journal qui ne célèbre le couple ou ce qu'il est sensé être...

Opprobre sur ceux qui se risquent à ignorer l'invite ! C'est être incapable d'aimer que de ne pas vous célébrer... Et quand l'intelligence, pourtant, voudrait y mettre un peu de nuance,  la désapprobation générale qui devrait plutôt vous rassurer, vous amène, pour peu que vous soyez fragilisé, à parfois douter...

Il n'est de restaurant qui ne propose un dîner aux chandelles, point de fleuriste qui n'ai multiplié ses bouquets impersonnels, ou de chocolatiers qui n'ai rempli ses ballotins  de coeurs à croquer... Haro sur ceux qui osent prétendre célébrer leur amour en toute intimité, leur absence ce jour là sur la place signera assurément la tiédeur de leurs sentiments...

Valentin, votre rang devrait pourtant vous autoriser quelques aménagements ?...

Dites  à tous ces Roméo d'un soir, que leur Juliette espère bien davantage qu'une rose de février...

Dites leur que l'Amour, le vrai, n'est jamais le fait d'un bel esprit... Que même  vulnérable ou menacé, il se nourrit de bien autre chose que d'une fête éphémère...

L'Amour est si précieux qu'à l'exposer ainsi sans pudeur on risque de le voir perdre de sa valeur. Les sentiments sincères rares et convoités ne préservent jamais si bien leur authenticité que dans la discrétion et le secret...

Dites leur que s'aimer, c'est le savoir sans avoir besoin de se le déclarer sur le calendrier, s'aimer, ça s'écrit comme une patience ou une indulgence. C'est une évidence qui n'a pas à être justifiée, une tendresse vaut bien davantage qu'un déballage...

Saint-Valentin, dites leur enfin, combien un mot doux fait du bien quand il n'est pas programmé, qu'au soir de ces festivités, et chaque jour que Dieu fait, loin des lumières et de cette date imposé, c'est au creux d'un tendre sourire, d'une douce intention, d'une connivence ou d'un fidèle attachement, que l'Amour, le vrai, saura se nommer...

11avr/104

Orpheline…

Ce matin le ciel n'est plus qu'un chagrin... Le printemps s'est pudiquement retranché derrière des nuages gris et ose à peine pointer le bout de son nez... Seul un pâle rayon en s'en échappant réchauffe une tâche de primevères juste écloses sous la rosée du jardin...

Au moment où tout s'arrangeait...

Juste quand il n'y avait plus que du bonheur à partager...

Elle est partie si vite...

Un merle s'est posé sur le faîte d'un mélèze et s'égosille à nous convaincre qu' un nouvel Avril est pourtant là...

Alors je pense à toi Petite Fille, car l'oiseau m'a dit...

Qu'il fallait te laisser pleurer, que ces larmes étaient la seule façon de t'apaiser...

Qu'il ne fallait pas t'inquiéter de ne pas avoir eu le temps de lui dire merci,

De t'avoir donné la vie, d'avoir tout compris, tes erreurs et tes chagrins,

Tes choix, tes désirs et tes envies, une Maman c'est fait pour ça ...

Que désormais près de toi mon garçon saurait te dire tous les mots qui te soulageront et qui, venant d'autres que lui, te sembleraient maladroits...

Que son Amour, doucement, tendrement, te protégerait du vertige de cet abominable vide et que tu te sentirais sereine...

Orpheline...

28déc/090

Toi…

Toi...

Tu t'approchais de moi avec autant de vigilance qu'un démineur d'une bombe à désamorcer...

Tu m'observais de loin comme à l'affût de je ne sais quoi qui  aurait pu trahir une part d'ombre de moi...

Tu ne savais pas bien ce que tu voyais...

Il te semblait, peut-être, apercevoir dans une brume comme un espoir oublié, mais le contour en était si flou...

Alors, doucement, tu t'approchais à pas feutrés, si je bougeais un cil, tu reculais...

Moi je t'avais tout de suite reconnu, mais toi, tu ne te souvenais pas de moi...

De loin, dressée sur la pointe des pieds, j'agitais les mains, je criais ton prénom, je t'appelais en vain, tu faisais celui qui n'entendait pas.

Fatigué par des années de batailles, trahi par autant de mensonges, presque vaincu et lassé d'espérer, tu t'étais retranché...

Seul un reste de curiosité te poussait à me regarder. Et tu ne cessais d'en être étonné...