Lettre au fond d’un tiroir…

Si tu me lisais, si tu me lisais, entre les lignes, sous les virgules,

Si tu me comprenais à demi mot, sans point d’exclamation, ni point de suspension,

Si tu voulais bien de moi, si tu pouvais un peu m’aimer, entre « guillemets », sans renier la place que d’autres tiennent depuis toujours auprès de toi,

Si tu devinais sous ma réserve, tous les élans que j’ai pour toi,

Si tu savais, si tu savais, tous ces jours derniers, comme j’ai eu envie de te prendre dans mes bras…

Si tu crois, si tu crois, que te voir comme ça, ça ne m’émeut pas, alors que j’aurais simplement voulu te serrer contre moi, te protéger de je ne sais qui, de je ne sais quoi…

Si dans l’encrier où plonge ma plume, tu pouvais laisser ton âme glisser et y abandonner tout ce qui freine tes avancées…

Et si dans cette lettre tu pouvais juste puiser toute la tendresse que je n’ose te proposer…

Si à chaque moment que nous partageons peut se glisser malencontreusement, une maladresse, une incompréhension, sois aussi indulgente pour moi que je le suis pour toi, sais tu que j’avance vers toi à tâtons, nous nous connaissons si peu et pourtant…

Au détour d’une phrase, d’une conversation, se cachent des sentiments, des émotions que nous éprouvons toutes deux de la même façon…

Comment te rejoindre dans ce pays qui m’est aussi hostile qu’étranger ?… Quels vocabulaire serait assez subtil pour que ce que je te te dis spontanément ne soit pas le contraire de ce que j’espérerais te faire entendre ?…

Tu m’as demandé de te traiter comme si tout allait bien, mais le faisant je m’expose à ce que ce ne soit jamais le bon moment… Je suis une « grande personne », et me voilà pourtant si perdue, intimidée, tellement impuissante à trouver des solutions qui t’aideraient vraiment…

Si tu imaginais, si tu savais, à quel point j’ai peur de t’abimer, toi si fragile, en bougeant un seul cil, patatras tout serait à recommencer…

Alors, si tu pouvais, si tu pouvais, entre les lignes, sous les virgules,

Entre mes parenthèses et sans te poser trop de question,

Me chaparder, me chiper en douce une nouvelle et formidable raison,  trouver le ressort qui te ferait embrasser la Vie d’une plus douce façon…

Et, si tu me permettais, ou si j’osais prendre ta main pour t’emmener sauter à pieds joints dans d’autres plus jolis lendemains, si je pouvais t’inventer simplement l’ébauche d’une guérison, peu m’importerait les moyens, médecines ou charlatans, je te veux sauve, vivante et rayonnante, comme toutes les filles de ton âge, pleine de projets et d’énergie pour les réaliser !…

Parce que :

« Les mots glissaient sous ma plume sans bavure, hésitants peut-être, parfois… Mais ils dessinaient la tendresse que je lui portais alors qu’elle n’en voulait peut-être pas, trop écartelée dans sa faim muselée et son miroir déformé… Plus tard j’aurai aimé laisser cette lettre trouver son chemin jusqu’à elle, mais la main tremblante qui du bout des doigts tenait sa destinée n’a pas osé la lâcher… Il était sans doute trop tôt, ou bien serait-il à jamais trop tard ?…

 

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