« Jésus, que ma joie demeure… »
Le printemps s'est depuis quelques jours enfin décidé à s'installer, timidement d'abord, entre matins givrés et ciel bleuté...
Puis le voilà lumineux, gazouillant et fleurissant... Après quelques douleurs et froidures hivernales, je me retrouve enfin, la fatigue s'est envolée, l'espoir et les projets ont refait surface... "Jésus, que ma joie demeure..."
A Montauban, un homme vient de tirer à bout portant sur un militaire venu lui proposer sa moto... Interrogations... Un homme, le même ?... Vient d'abattre deux autres militaires... Un homme en scooter, en moto... Un homme ?... Un fou ?... Un terroriste ?... "Jésus que ma joie demeure"...
A Toulouse, un homme en grosse cylindrée, un homme, en êtes-vous sûr ?... vient d'abattre froidement à l'entrée d'une école juive, un professeur, un Papa et ses deux petits enfants, poursuivant une petite fille jusque dans la cour de récréation pour la tuer à bout "touchant" !...(c'est fou ce que fleurissent les nouvelles expressions pour être encore plus près de l'horreur...) Un monstre ?... Une erreur de la nature ?... "Jésus que ma joie demeure"....
Une enquête... La campagne présidentielle mise en veilleuse ?... Et les voilà presque tous à se taire bruyamment... La vérité sera faite sur ces abominables assassinats !... La République nous protège, veille et cherche... "Jésus que ma joie demeure..."
"Ils" l'ont trouvé, "ils" l'ont cerné, acculé dans une banlieue de la ville rose... "Ils" vont le capturer vivant et "ils" le traduiront en justice.... Ce garçon de 23 ans, ce djihadiste, devra rendre compte de ses actes ! "Jésus, que ma joie demeure..."
Des heures de siège, de discussions, de négociations, de manipulations.... Heureusement nous sommes tenus au courant... Rien ne nous échappera de ces évènements tragiques, nous serons même "informés" de ce qui ne se passe pas...La presse est là, rien ne lui échappera, le ridicule, lui, heureusement, ne tue pas... "Jésus, que ma joie demeure"...
Une minute de silence sera faite un peu partout... Le monde est plein de compassion... "Jésus, que ma joie demeure..." Les enfants des classes maternelles eux aussi sont effondrés et participent spontanément à ce recueillement... "Jésus, que ma joie demeure..."
L'assaut a été donné, "IL" est mort sans avoir accepté de se rendre, la tension retombe, si si, les journalistes l'ont dit... Les policiers du RAID sont des héros, la République nous a sauvés, vive la France et la campagne peut reprendre, mais il ne faudra plus rien faire ni dire "comme avant", si si, les politiques l'ont dit... "Jésus, que ma joie demeure..."
Mais voici qu'une polémique prend forme, et si l'on nous avait trompé ? Et si le GIPN avait pu faire mieux ? Et si l'on avait pu le prendre vivant ? "Jésus, que ma joie demeure..." heureusement, des gens se posent les bonnes questions !...
"Y'avait qu'à".... "On" aurait du... "Il aurait fallu"... Le printemps reprend ses droits, le soleil a de nouveau pignon dans le ciel bleu de nos quotidiens, tiens, à la télé "ils" ont dit que le Festival de Cannes approchait... "Jésus, que ma joie demeure..."
En mémoire de tant d'innocents sacrifiés à l'inhumanité, à la bêtise, aux extrémismes et à l'arrivisme... "Jésus, que ma joie demeure !..."
Crabes fourbes ou méduses frelatées…
Les crabes ne sont pas francs du collier... Ce sont des fourbes et des dissimulateurs.
Celui-là, égaré dans le froid d'un hiver longuet, se prit à rêver de douceur. Le grain de mon sein du lui souvenir celui d'un sable chaud et humide dans lequel il aimait tant s'enfoncer pour échapper aux moiteurs de l'été... Comme il était affamé, il ne se contenta pas d'y plonger, il se mit à le grignoter !
Le crabe est un animal discret. Il s'en reput un moment en silence. Si bien qu'il fallut de longs mois pour soupçonner sa présence qui se révéla finalement très envahissante... Démunie devant tant d'impudence, je m'en remis à de doctes carabins, qui l'en délogèrent d'un coup de bistouri ... Mais la maudite bestiole en s'en allant me laissait aussi dépouillée qu'une amazone...
Les avisés chirurgiens cherchèrent comment combler cette embarrassante absence et finirent par convenir qu'une de ces jolies méduses qu'ils gardaient depuis des lustres dans un bassin feraient suffisamment illusion... "Illusion", c'est bien le mot qui leur convient ou bien PIPeau oserais-je dire... Les bestioles sans abri, souples et nacrées, avaient su les convaincre de les loger...
Me voici donc accoutrée d'une espèce de ventouse certes fragile, mais bellement accrochée, et mon Dieu, je n'étais pas mécontente de retrouver aussi vite féminine apparence !
Ils ne me précisèrent pas qu'ils s'étaient eux-mêmes fait bernés par de fieffés marins d'eau douce, et que cette belle méduse, comme des milliers de ses congénères, n'était qu'une pâle imitation en silicone trafiqué... Que voulez-vous, il fallait bien jusqu'à la dernière les utiliser, diable, ces méduses là, toutes suspectes qu'elles étaient, avaient coûté !
Me voici, comme bien d'autres, porteuse en mon sein d'une méduse frelatée que je ne peux m'extirper. Il faudrait encore pour m'en libérer faire confiance à ceux qui m'en ont affublée en sachant vraisemblablement qu'ils me mentaient !... Pire encore, il faudrait maintenant patiemment les écouter me rassurer et tenter de me convaincre qu'il n'y faut rien changer...
Crabes et méduses associés, radins carabins et fieffés apprentis sorciers soyez bien certains que je ne m'en laisserai pas conter !
A toutes les victimes des groupes de pression économiques et financiers qui jouent avec notre santé !

