Tapis rouge…

Moi je ne descendrai jamais l’escalier au tapis rouge, mais chaque matin frileux où je pars promener mon petit chien, devant moi la forêt déroule son sentier de feuilles rousses et givrées dont les craquements cristallins sont les plus belles des ovations. Même s’il m’arrivait de faire mon cinéma, je ne recueillerais que regards consternés, huées en guise de triomphe, et tomates trop mûres, seules susceptibles de colorer la moquette que je foulerais…

Si la nature ne m’offre qu’un silence feutré meublé par le piaillement des corneilles dans les platanes, la brise matinale me murmure que le soleil d’ici peu, fera fondre de bonheur la gelée blanche devant le spectacle enchanteur de l’émergence d’une nouvelle vague d’émotions, toutes celles qui émailleront ma journée. Je laisserai en paix les premiers primevères téméraires pointant sous l’herbe fraîche, mais je me ferai un bouquet de senteurs cueillies au grès de ma ballade, les bras chargés de petits bonheurs sans prétention, les arbres tendront leurs branches sur mon passage, laissant tomber sur mon bonnet quelques feuilles sèches ou pétales froissés, les buissons épineux tenteront de m’arracher un autographe, les oiseaux s’égosilleront en s’envolant telle une patrouille en formation « Diamant » pour me saluer, quelle plus belle marche descendue que celle que propose un talus moussu, avec, pour chevalier servant aux yeux énamourés, mon petit Sherlock, Palme d’Or du plus convaincant des cabotins !

A Sherlock, shi-tzu de son état, (9 mois).

Author: Mo

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