Chou, genou, caillou,pou, mou…

Ce fut un de ces dimanches comme je pourrais les aimer si celui-là n’avait pris dès le matin une allure de gastéropode grognon. Le soleil lui s’était installé de bon heure dans un ciel d’Assomption, le gel soulignait délicatement les branches et couronnait les houppiers, le froid se montrait tout à fait convenable, la journée semblait bien commencer et engager à se dégourdir les pattes.

Mais je ne saurais vous dire à quoi tient l’humeur d’un jour de Janvier ? A la mienne vraisemblablement, car sombrant d’heure en heure dans une inefficacité opiniâtre, et m’abandonnant devant mille choix d’ouvrages ou de loisirs possibles dont je ne savais diable que faire !

De nature persévérante, je crois les avoir tous envisagé, ce qui m’apparaissait déjà comme un effort méritoire. Mais ces suggestions à peine ébauchées retombaient comme des soufflets. Le déjeuner pris, il me semblât évident qu’une sieste pourrait dans un premier temps remplir utilement une heure de mon agenda déserté, ce que j’accomplis avec un sentiment apaisant de devoir accompli. Évidemment, le sommeil ne vint pas, et mon canapé refusa tout bonnement de supporter plus longtemps mes sauts de puces et mes loopings agacés.

Un autre étirement du temps me vit pianoter sur mes écrans, sans conviction, puis de façon inattendue et prise d’un élan de bonne volonté, je décidais d’une promenade, puisque ne pas profiter d’une météo favorable aurait été regrettable. Et me voici partie en quête d’un endroit à rejoindre, où je cumulerais grand air, soleil, et beauté des lieux… Je n’avais pas prévu de n’en trouver aucun qui me convienne tout à fait, trop près, trop loin, si bien que quelques kilomètres roulés plus loin, je ne fis qu’errer sans réussir à me diriger quelque part ni me résoudre à poursuivre ou à faire demi-tour…

La promenade dura suffisamment pour qu’à la fin je convienne que je serais beaucoup mieux à la maison, je visualisais déjà la panoplie du dimanche au coin du feu, hardi petit me voici revenue, mais de feu point, et de lecture trop ou pas assez ! Je viens donc d’épuiser un de ces jour déconcertants que je m’empresse de partager avec vous, ce qui n’est peut-être pas non plus une excellente idée dans la mesure où comme moi vous devez les redouter. Vous le servir sur un plateau, fut-il de lierre et de givre blanc, réussira t’il à vous convaincre que la meilleure façon d’en finir avec ce dimanche de chiffe molle était de vous l’écrire en lettre minuscules et je l’aurais préféré, sans majuscules !…

Author: Mo

3 thoughts on “Chou, genou, caillou,pou, mou…

  1. Bienvenue au club:
    – des possesseurs d’agenda déserté
    – des « siesteux » aux loopings agacés
    – des marcheurs en errance
    – des confinés au coin du feu quand il fait froid.
    Longue journée « gastéropodienne » pour vous peut-être mais la lecture de votre texte, écrit dans ces conditions, est plaisant. On vous y « voit ». Merci, Mo.

    1. Comme d’hab, votre commentaire pertinent me va droit au coeur ! Heureusement ce lundi me vois d’humeur moins « gastéropodienne », encore que… Mais dans le fond, ces dimanches là ont aussi du bon, ne serions nous pas des enfants gâtés qu’un rien « ennuie »… La vie trépidante aurait elle été une addiction dont la retraite et le Covid nous sèvrerait ?… Merci Alain, à bientôt.

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