« Grosso modo… De quoi j’me mêle ? »…

 

« Grosso modo qu’as-tu fait de ta vie ? » me demandait un jour quelqu’une qui n’en avait pas fait grand chose…

Une vie « ça n’est rien » me disait ma grand-mère, alors, je n’avais pas vingt ans, et la certitude d’avoir l’éternité devant moi, comme si la jeunesse m’était un statut définitif et immuable !…

Qu’ai-je fait de ma vie jusqu’ici ?… Heu… Comment dire et par où commencer ?…

Grosso modo, comme dirait l’autre, j’ai l’impression qu’elle fut bien remplie. Bien ? Mal ? Grosso modo remplie quoi !

Je ne vais pas dresser ici une liste exhaustive de mes fiertés ou de mes erreurs… Cependant, mettant toute modestie de côté, je suis très fière de mes deux « petits », et si « réussir sa vie » peut avoir un sens quand elle n’ est qu’une multitude de challenges touts aussi différents les uns des autres, j’affirme ici que ces deux là sont « ma«  réussite ! D’abord parce qu’on s’aime, envers et contre tout ce qui aurait pu nous séparer, et parce que, pour résumer, ils sont PARFAITS !!!

En fait, et pour tout dire, si j’ai une certitude, c’est bien celle de n’avoir pas maitrisé grand chose, les évènements heureux ou malheureux qui ont jalonné mon parcours me sont arrivés parfois sans crier gare, d’autres fois sans grande surprise, induits qu’ils étaient par d’autres les ayant précédé.

Je me suis réjouie de chaque bonheur qui m’était donné, de plus en plus et de mieux en mieux d’ailleurs, qu’entre temps des épreuves m’étaient imposées… Car c’est une évidence que de constater que ça n’est pas le bonheur qui nous construit, mais la difficulté , le malheur, le deuil, ou toute expérience qui exige de nous effort, persévérance, lutte ou dépassement de soi. Jamais (mais toute affirmation a ses exceptions…) ni la douceur ni la facilité n’ont engendré la bienveillance, l’indulgence, le recul nécessaire sur soi-même et sur les autres ! La progression « positive » exige d’avoir à se mesurer à plus fort que soi, à endurer et à résister, voir à gagner afin de garder confiance en soi !

De ce point de vue, je crois avoir eu de quoi réfléchir… Si bien qu’aujourd’hui j’ai compris que la plupart du temps on fait non « comme on veut « , mais « comme on peut »…  S’il est parfois possible d’influer un tant soit peu le court de son existence, c’est à force de volonté et « d’intelligence », mais ce sont de rares exceptions, encore faut il que nous exercions cette « influence » avec constance et fermeté, ou que nous soyons suffisamment vigilants et attentifs aux opportunités que le hasard (ou la nécessité) nous propose(nt)…

Alors, « Madame la Procureur donneuse de leçons qui sait mieux que moi de quoi fut faite ma vie », apprenez donc à balayer devant votre porte, je m’occupe volontiers du pas de la mienne, ainsi vous n’aurez pas la tentation de juger de mes échecs ou de mes succès, et vous n’aurez plus à vous « inquiéter » de la façon dont je les mène !…

Me reste à vous remercier de m’avoir donné une occasion supplémentaire de me pencher sur la manière dont mon Passé a pu forger mon Présent, je ne vous avais certes pas attendu pour le faire, et, au risque de vous déplaire, je crois de ne pas m’en être trop mal sortie !

– « Quel gâchis ! A un net penchant pour la facilité ! Peut mieux faire ! » serez-vous certainement tentée d’écrire sur mon bulletin lors du Conseil (de discipline à tout le moins…) que vous ne manquerez pas de tenir à mon encontre et à l’encontre de celles ou de ceux de qui croiseront votre route…

Sans doute ! Moi, je préfère dire :  » Élève un peu étourdie, mais cependant appliquée et consciencieuse, en progression… »

 

 « On ne reçoit pas la sagesse, il faut la découvrir soi-même, après un trajet que personne ne peut faire pour nous, ne peut nous épargner ».
Marcel Proust
dans : « A l’ombre des jeunes filles en fleurs ».

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