Vive le vent, vive le vent, vive le vent d’hiver…

Ma chérie, mon Alice de Janvier, comme c’est bon de te voir me reconnaitre et ton petit minois s’éclairer d’un si joli sourire quand j’arrive chez toi…

Capucine, ma Princesse, comme c’est bon de répondre à tes petits bras qui se tendent vers moi, comme c’est bon de te serrer tout contre moi… Oscar, mon poussin, quand tu verras ce manège installé en ville pour fêter Noël… J’ai acheté plein de tickets, dépêche toi vite d’arriver !!!

Vos babillages m’enchantent, vos éclats de rire sont les miens, le temps s’efface quand sur vos frimousses quelques secondes m’apparaissent celles de vos parents devenus grands…

Je vous regarde et je ne réalise pas vraiment, ou difficilement qu’il aura fallut une autre génération pour que vous soyez là, vous, les enfants de mes propres enfants…

Cela peut sembler curieux, mais vous savez, on ne voit pas grandir sa couvée !…

Et voilà qu’on se réveille un beau matin  plus Grand-mère que Maman !

Comment croyez-vous que les années subrepticement s’emparent de nous jusqu’à nous faire changer de statut aussi doucement que sûrement ?… A partir de là vous voilà perçue un peu différemment… Si quelquefois ce peut être agaçant d’être considérée comme un espèce en voie de disparition, il faut reconnaitre que ça a parfois quelques avantages…

Le gâtisme qui vous guette à la moindre risette de vos petits-enfants qui, eux-mêmes, vous entrainent irrémédiablement à sucrer les fraises d’ici peu de temps, vous permet d’éviter avantageusement d’avoir à prendre la moindre décision… Ces petits là ne sont pas les vôtres, et vous n’avez plus grand chose à leur interdire… Mais à enseigner ou à transmettre bien sûr que oui, mais avec ce statut justement que l’âge vous donne… Celui que leur regard innocent vous attribue sur quelque piédestal inconditionnel de tendresse et qui vous autorise à avoir presque toujours raison… C’est bien connu, là où vos enfants entraient en rébellion, vos petits-enfants vous écoutent religieusement… « Oui mais, Mamy a dit que…  » devient une affirmation qui ne supporte aucune contradiction…

Les années accumulées en deviennent moins lourdes à porter…

Ah… mes petits-enfants :  » Tout le plaisir sans les inconvénients » diront certains, je ne suis pas loin de penser comme eux puisqu’aux écrasantes responsabilités succèdent le plaisir d’aimer sans avoir à « éduquer »… Cet amour est notre privilège à nous autres « vieillissants »,  et de notre bulle remplie des souvenirs d’une époque qu’ils ne connaitront plus, nous inventons pour eux ce dont notre jeunesse d’antan nous privait faute de cette expérience qui forge l’imagination..
« Vive le vent, vive le vent
Vive le vent d’hiver
Qui s’en va sifflant, soufflant
Dans les grands sapins verts
Oh ! Vive le temps, vive le temps
Vive le temps d’hiver
Boule de neige et jour de l’an
Et bonne année grand-mère !

 

 

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