Ah ça ira, ça ira, ça ira… Ou le dialogue intime…

Ça va aller, ça doit aller ! Ça ira !

Allez hop ! En avant ! Un pied devant l’autre, on regarde droit devant, on ne se retourne pas, pas tout de suite, on avance, après on verra !

Faut pas trop réfléchir, enfin pas là, maintenant, c’est trop difficile, tout s’embrouillerait, faut juste y aller, un objectif à la fois, ça suffira.

Tenir debout, ne pas envisager le canapé, ni ce fauteuil qui te tend les bras, encore moins tes oreillers qui ne demande qu’à être serrés. Regarde où tu mets les pieds, c’est pas le moment de tomber, tu pourrais avoir du mal à te relever… Ne te souviens pas, pas tout de suite, plus tard, on verra, faut d’abord t’échapper de ce labyrinthe d’émotions, pleure un bon coup, essuies tes larmes, tu vois plus rien que des brouillons…

Un pas, deux pas, dix pas, c’est un début, non, t’arrêtes pas, fais ce pourquoi tu vas. C’est fait, quoi d’autre ? Il faut continuer. Oui, c’est bien.

Respire !

Fais toi à l’idée que ça va se passer comme ça un bon moment… T’es pas sorti de l’auberge, comme on dit ! Mais ça ira, ça va toujours, il faut plus ou moins de temps, mais ça finit toujours par aller mieux ! Si, si…

Ces aurores blêmes où ton corps pèse des tonnes, où tu n’as envie de rien, surtout pas de te réveiller (c’est si bien « dormir »… Quand rien ne s’est passé, quand rien n’empêche plus d’être heureux…), ces matins où tu ne peux rien envisager au-delà de quelques minutes, voir de quelques heures, ça va pas disparaître aussi vite que tu voudrais… Bientôt tu réussiras à faire des projets pour toute la journée, et plus tard encore pour quelques jours… Là, ne t’inquiètes pas, tout ça est très normal, tu as besoin de Temps, lui seul mène la danse des chagrins.

Ne pense qu’à la première personne, n’écoute que toi, les autres ne vivent pas ce que tu vis, ne l’ont peut-être jamais vécu, ne le vivront sans doute jamais, et quand bien même ! A chacun sa façon de vivre les choses qui nous arrivent. Les « conseilleurs » (que tu n’aura pas sollicités) sont la plupart du temps sans aucune compétence en la matière, ce sont des gens qui s’ennuient tellement dans leur existence qu’ils la comblent maladroitement en s’occupant de celle des autres !!! Fuis !

Les amis, les vrais, qui t’aiment comme tu es, pas comme ils aimeraient que tu sois, feront toujours preuve d’une grande discrétion, et ne te saouleront pas d’avis non autorisés. Ils seront là, à portée d’amour, au cas où, c’est à ça qu’on les reconnait, à cette présence bienveillante non intrusive… A ceux là tu peux offrir ta confiance.

Dans tous les cas, ne te leurre pas… Si tu as besoin de t’appuyer sur quelqu’un, ce ne peut être que sur TOI, toi qui sera toujours à portée de voix, nuit et jour. Personne d’autre que toi ne peux résoudre tes problèmes ni apaiser tes chagrins, les autres pourront, peut-être parfois, te soulager de leur poids le temps que tu reprennes ton souffle…

Tu vois que ça va, l’instinct de survie est un allié fiable, le suicide demande un certain « courage », et tu ne l’as pas, fort heureusement. Peut-on parler d’un choix quand certains on décidé de jeter l’éponge ? Il faut que la douleur soit encore plus insupportable, si, si, bien sûr que c’est possible, qu’est-ce que tu crois !!! Ces âmes là sont si fragiles et si légères qu’un simple zéphyr pouvait les emporter ailleurs où, va savoir, ils se porteraient mieux, ou ils pourraient reprendre leur élan pour vivre, un jour, autre part et autrement… Et comprendre…

Nous avons tous un « chemin » à parcourir, un itinéraire à suivre, ce peut être une leçon, un apprentissage… Je n’en sais rien moi, et pourtant… C’est un mystère impossible à résoudre que de comprendre pourquoi certains survivent à leurs drames et d’autres pas

La bienveillance s’impose, ne jugeons pas ce que nous ne vivons ni ne comprenons pas… La vie est souvent compliquée, et ce sont ces complications qui la rendent riche d’enseignements. Je sais, cela peut te paraitre très brutal à entendre, mais il me semble que seule la difficulté est un challenge à relever, tandis que le bonheur est un mets précieux à déguster, sa durée de consommation a, forcément, une date de péremption… A toi t’en prendre soin, et de tenter de dépasser cette foutue date… L’optimisme est de rigueur !

Le bonheur c’est le contraste entre ce qui fait souffrir et ce qui rend heureux, ils n’existent pas l’un sans l’autre… C’est ainsi qu’il faut absolument se réconforter en se persuadant que ça ira mieux, la vie n’est faite que de ça, de cet espoir tenace entre deux orages…

Allez, hop, debout, ça va aller, ça doit aller, ça ira… Un pas après l’autre, non, ne te retourne pas, pas encore, donne toi du temps…

Dialogue intime.

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