L’amitié est une chose fragile, bien plus qu’on ne l’imagine. « A la vie à la mort » dit-on ? Oui, mais c’est sans compter tout ce que la vie propose, reprend, ou inflige. L’amitié véritable ne devrait pas craindre les écueils, si elle pardonne les failles, elle s’en offusque plus vite et plus fort justement parce qu’elle est à fleur de peau, l’évidence du lien tient à peu de choses, une mauvaise interprétation, une déception prennent aussitôt bien plus d’importance qu’elles ne le méritent, puisque l’amitié est aussi généreuse que jalouse de ses prérogatives. « C’est ma copine, pas la tienne » entendait-on dans les cours de récréation.

La patience est une de ses qualités, la bienveillance est une évidence, en revanche l’usure d’une attente ou d’un espoir peut lui donner des allures de tragédie. L’amitié s’emporte, elle « balance » sans filet, elle parle cru et vrai, elle caresse ou blesse selon sa capacité à « encaisser » ce qu’aucune autre ne supporterait.

Pourtant quel délicieuse complicité que de se comprendre sans mot dire, quel confort que de pouvoir échanger sans craindre un jugement trop hâtif, une condamnation, quel merveilleux sentiment que cette sensation d’aimer sans discussion, parce que c’est elle (ou lui) et que c’est moi. L’amour n’en n’est pas si éloigné aussi chaste soit-il en ce cas. Un ami vétérinaire (et peu versé dans le romantisme semble t’il) contestait cette comparaison, puisque scientifique un jour scientifique toujours, il m’assurait hier encore du rôle essentiel des phéromones dans l’œuvre d’Aphrodite.

Pourtant, comme lui elle foudroie, comme lui encore elle peut ne se révéler que progressivement.

Il se dit que la véritable amitié se fait rare et donc précieuse. D’où l’absolue nécessité de ne pas la confondre avec tout ce qui de près, mais plutôt de loin, lui ressemble. L’intuition peut être une aide utile si on lui accorde quelque peu confiance, il arrive que l’ignorer mène à de cruelles désillusions. Mais l’inverse se peut, bref voilà une affaire bien compliquée qu’une récente déconvenue mit en lumière.

Le tout est de ne pas brouiller les cartes et d’apprendre à les lire correctement. En amour comme en amitié les cœurs brisés unissent leurs chagrin, l’engouement frise l’entichement, mais il me parait surtout important d’en retenir l’essentiel : le bonheur d’un partage, qu’il soit « phéromonal » ou pas !

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