Onduleusement…

Les montagnes esquissent leurs silhouettes sur l’azur que Septembre veut encore bien nous offrir. La lumière ourle les sommets d’une blancheur éblouissante, c’est un cadeau savoyard que cet horizon aux angles acérés, qu’un crayon céleste ombre et poudroie au gré des rares nuages.

La journée lambine comme pour me laisser le temps de savourer chaque instants, le regard vagabond et l’âme sereine. Le silence est aussi rayonnant que l’empyrée, ne subsiste à peine que le passage furtif d’un zéphyr à travers les branches déjà rousses des arbres accrochés au talus. J’accueille ces moments suspendus où plus rien n’est urgent ni indispensable comme autant de compensations après quelques mois de labeur ou d’impératifs. Ce que j’ai réalisé est maintenant derrière moi, en ordre et archivé, je respire les secondes et reprends mon souffle, ne plus rien faire d’autre que ce qui me plait, sans agenda à cocher ni montre au poignet, un bien-être sensuel proche de la plénitude. Là-bas fourmillent les bureaux, les ateliers, les commerces et les transports, les imaginer tandis que je n’y prends aucune part, rend mon bonheur encore plus grand. Tout ça ne me concerne pas, je n’ai qu’a cueillir les fruits de cette belle aubaine que l’arrière-saison me sert tout en douceur.

Après des mois de chaleur étouffante, l’été indien se peut aussi humide, et lors les hauteurs se drapent d’écharpes de brume, telles des divas épuisées et frileuses après leurs ramages d’opéra. Dédaignant plus bas les dégringolades alpestres et verdoyantes encore, elles minauderont jusqu’à ce qu’un rayon les dévoile à nouveau. Ces journées pluvieuses s’installent certains matins, il faut bien trahir un peu l’été pour préparer le péquin aux saisons moins clémentes. La terre pourrait s’abreuver enfin, mais n’est-ce pas déjà trop tard quand la nature, exsangue, la terre trop sèche, n’ont plus la force d’absorber cette ondée si attendue ?…

A nouveau le ciel se dégage, la campagne respire, quelques vapeurs encore s’étiolent sur les sillons limoneux et la rosée des près voisins, n’est-ce pas ainsi que vont nos vies aussi ? Les saisons plus austères servent à rendre les beaux jours encore plus appréciables. Tout est éphémère, mais chaque instant nous prépare au suivant, il suffit de l’entendre nous dire l’essentiel de ce que l’on devrait en retenir.

Author: Mo

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