Trêve des confiseurs…

J’ai retrouvé mon « cocon protecteur » après quelques jours emprunts d’amour et de tendresse auprès de mes enfants, de près ou de plus loin, ils sont ma chance et ma force, les élans affectueux de mes petites-filles, ceux de mes trois petits savoyards, leurs déclarations d’amour jusqu’à « l’infini du ciel », leurs espiègleries, rien ne m’aura fait défaut ces jours-ci… La solitude n’est plus ce qu’elle était quand on a pu faire provision de petits bonheurs familiaux… Noël est comme toutes les fêtes qui jalonnent une année, une occasion de ressentir davantage l’absence de ceux qui ne sont plus de ce monde. La tristesse s’invite au son des chants de Noël qui se diffusent dans les rues, le regard souvent se perd en apercevant des couples faire leurs achats en se tenant par la main, ou dans une vitrine où resteront les cadeaux qu’on aurait aimé offrir, l’histoire, pour nous autres esseulés s’est arrêtée, se diluant dans ce chagrin que l’on est persuadé de ne jamais réussir à dépasser… Mais le Temps est un précieux allié à l’apaisement, s’il ne s’efface jamais, l’accablement peut cependant prendre des allures plus civilisées… Les souvenirs douloureux se transforment peu à peu comme autant de raisons de se réjouir d’avoir pu se les créer après avoir vécu leur réalité. Tant n’auront jamais cette chance et devront affronter deuils ou chagrins sans la consolation de les avoir au moins découverts et partagés…

Être merveilleusement entouré n’évite pas de se sentir seul, dans le brouhaha des conversations et des éclats de rire qui soudain s’estompent, les absents n’en deviennent à la fois que plus présents et plus lointains, évanescents, mais cependant incroyablement mêlés à nos âmes en retrait de l’Instant, un « décrochage » momentané nous abstrait du réel, le Passé se teinte d’une légère amertume empreinte de nostalgie, qui elle même vous ramène aux temps heureux que vous pensez alors définitivement perdus. La gorge nouée, un sourire accroché aux lèvres, vous respirez le moment présent sans réussir à en saisir pourtant l’intégralité, les émotions parasites se sont entremêlées à celles dont vous aimeriez davantage profiter… Si jamais ne disparaissent les grands chagrins, il daignent progressivement laisser la place à des douleurs moins insupportables… Parfois comparables, les solitudes, en trouvant un écho familier, étonnement se diluent, et deviennent compagnie tolérable… Les bonheurs sont plus grands partagés, les chagrins en s’interpénétrant, en se comprenant sans mot dire, sont un peu moins lourds à porter.

Au coeur de la plus profonde des souffrances, laissons le Temps faire son travail, comme à nos larmes le droit de couler à l’envie, viendra un matin différent des autres, qui laissera un rayon de lumière entrer dans la maison sans qu’il ne nous soit un reproche de vivre encore et de se découvrir de nouveaux désirs. La vie est ainsi faite qu’elle nous tend la main pour nous aider à passer les obstacles, encore faut-il oser la saisir et franchir sans remords ce qui nous a été imposé…

Puisque j’ai décidé que la vie resterait belle… (26 Décembre 2021). Et plus particulièrement à ma fille Pauline, précieuse épaule et si grand coeur.

Author: Mo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.