Ermitage plus que prison…

Ah ah ah, te revoilà, toi !!! Je ne me faisais pas vraiment d’illusions, t’es une vraie bernique accrochée à son rocher, j’ai eu beau t’ignorer, faut toujours que tu la ramènes quand on t’a pas sonnée !!! Mais dis donc, t’as pris du poids, c’est que tu fais bombance ces temps ci, et tu bouffes à tous les râteliers, hein, l’opportunisme ça te connait !

Alors c’est la fête, même pas besoin de t’égosiller, la clientèle est à tes pieds, bien obligée ! L’ennui ne ronge que ceux à qui tu t’imposes, bien malin qui sait s’en débarrasser… Ne me cherches pas noises, tu perdrais ton temps, je connais trop tes ruses lamentables sous tes airs d’innocence… Ta présence ne m’est plus insupportable, quelque apparence que tu prennes pour t’immiscer là où on ne t’attend pas. Je ne peux que saluer l’imagination dont tu fais preuve particulièrement aujourd’hui pour attaquer ceux qui jusqu’ici n’ont pas eu à te côtoyer, il fallait y penser, leur faire croire que notre monde ultra connecté les avait vaccinés ! J’en ris encore…

Il faut reconnaitre qu’un peu d’entrainement ne nuit jamais, il se trouve que j’en ai suffisamment pour prendre le temps de t’observer dans ta méchante besogne, j’ai appris à t’approcher en silence et parfois même à te surprendre ! Je ne néglige rien qui puisse te remettre à ta place, pas trop compliqué quand on sait ton peu d’inclinaison pour la musique, la lecture et tout ce dont on peut remplir une journée ! Le soleil qui inonde mes fenêtres pour l’heure, prendra ses quartiers tôt ou tard, mais qui ignore encore que tu aimes te vautrer dans ces ciels lourds et tamisants, j’ai pour ces jours sans lumière de quoi t’empêcher d’entrer chez moi comme bon te semble !

Cependant et pour mieux me jouer de ta duplicité, il y a beau temps que je ne te fuis plus ! Il m’arrive même de te chercher sans relâche, tu sais parfois ne montrer que la quintessence de ce que tu es en réalité. Au lieu de te disperser dans tes œuvres parfois destructrices, avec d’autant plus de facilités que tu profites de l’innocence des profanes en la matière, tu gagnerais à convaincre ceux que tu persécutes des bienfaits de ta compagnie quand on la choisit, et de l’intérêt de celle qui s’impose par devoir ou nécessité…

Puis sans fond de curiosités, de découvertes ou d’apprentissages, voilà ton véritable visage pour qui sait bien te regarder en face ! Te couvrir de maussaderie nuit à ton image, et tu serais davantage bienvenue en affichant ton compère Silence comme autant de plaisirs promis pour qui y aspire.

A l’écoute du monde, un peu plus que d’habitude, il arrive que la plus surprenante des rencontres soit celle qu’on fait avec soi-même, là est alors intarissable la somme d’expériences à tenter : apprendre à se connaitre et se supporter ne peut qu’amener à mieux le faire pour les autres, certains monologues sont le reflet de ce que l’on est plutôt que sur ce qu’on veut paraître, tout s’éclaire dans le silence quand il devient l’écrin d’une réflexion sereine et apaisée…

Je t’en prie, puisque tu es là, assied toi un moment et devisons, offre moi ce temps calme que trop souvent je ne choisis pas, apprends moi encore quelques uns de tes secrets, je n’ai pas peur de toi et j’ai même quelque tendresse pour l’amie maladroite que tu seras toujours… Un café, un thé, une infusion ? Ce confinement arrive aux dernières gelées, alors, on est pas bien, là ?…

« Je ne suis jamais moins seul que dans la solitude » De Scipion l’Africain.

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