« Mon » Jura en Janvier…

A l’heure où le ciel s’embrase tandis que devient grise la campagne, derrière moi file un sombre ruban de bitume jusqu’à tirer une ligne au feutre noir sur l’horizon rougeoyant.

Le retour d’un séjour chez mes amis s’empreint toujours d’un peu de nostalgie, chez nous l’amitié s’est écrite depuis plus de quarante ans sans aucune faute d’orthographe et sans jamais s’épuiser. Tant de jolis souvenirs s’égrènent au ronronnement du moteur, quelques chagrins aussi, la bonne entente et la bienveillance ne vont jamais l’un sans l’autre…

Nos enfants sont devenus de grandes personnes qui ne cessent de nous surprendre en flagrant délit d’un temps bien révolu… A leur tour d’être parents, à leur tour de ne pas en revenir en nous découvrant vieillissants. Comme nous au même âge, pleins de certitudes, (le doute viendra plus tard) avec cette énergie dont nous ne pouvons que nous souvenir, et parfois le regard indulgent que nous portions sur nos propres parents dépassés…

Au diable les tabous et les secrets, on s’aime assez pour tout entendre et tout comprendre, nous avons la connivence du temps qui passe, et de plus en plus vite semblerait-il… Nos vies se sont tricotées à deux fils sans jamais s’emmêler, l’amitié, la vraie, est un jacquard d’émotions partagées et de générosité échangées. Le bonheur est là, quand s’ouvre le portail de nos retrouvailles, que se dessinent nos sourires ravis d’une rangée de mailles de plus…

J’aime les fins de journées, quand le soleil s’étire avant d’aller se coucher, quand la lumière se pare d’ombres sous la blancheur d’une pleine lune, quand le silence enveloppe les bruits.

Une plaine vallonnée se déploie autour de moi, déjà quelques abats-jours se sont éclairés derrière les fenêtres, je peux deviner une cuisine, une chambre, la couleur d’un mur, le contour d’un buffet, en quelques secondes un foyer se dévoile pour disparaître dans la pénombre retrouvée.

Lentement le ciel s’éteint, la silhouette des arbres se découpent sur le bord de la nuit, l’herbe se décolore, bientôt les forêts ressemblent à de larges coussins de mousse anthracite, l’obscurité s’installe jusqu’à ce que ne m’apparaissent plus que ce que raniment encore mes phares à mon passage….

A mes amis Alain et Marie-Claire, et celles et ceux qui me sont précieux…

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