Demain Noël…

Il fallait bien s’y attendre, à cette cascade de guirlandes, à cette hécatombe de sapins, à ces scintillements, à ces chants de circonstance qui vont, inondant les rues, étourdissant le chaland pour mieux le persuader qu’ouvrir son porte-monnaie participera au « miracle » de Noël…

Cette année encore, les flocons n’ont pas voulu en rajouter, la pluie s’est installée sur les chalets de bois qui, comme des champignons avides d’humidité, ont proliféré sur le moindre petit bout de place ou de trottoir. On y sert ce vin chaud qui réchauffant le corps, rend l’esprit plus enclin à se mettre au diapason de cet esprit de Noël qu’on voudrait universel…

Je sais que tout près mes enfants mettent les bouchées doubles, et ne sauraient quel stratagème inventer pour adoucir cet abominable chagrin qui patiemment s’applique à ronger le moindre petit bonheur qui passe près de moi… De ces profonds chagrins que la moindre douceur ravive, qu’on dissimule derrière un sourire, que faire d’autre, le monde est ainsi fait que très vite votre peine a vieilli pour lui tandis qu’il est toujours aussi redoutable pour vous…

Aucune éponge n’est capable d’effacer le tableau noir où se sont écrites les pages sombres de notre histoire, ou bien faudrait il aussi faire disparaitre tous ces bonheurs, petits et grands, qui lui donnent parfois de si jolies couleurs… Une existence est faite de ces reliefs accidentés, taillés au burin ou dessinés à la pointe d’un fusain acéré, qui s’épuisent au creux de vallées d’aquarelles… Certains sont si violents, que même le Temps n’en vient jamais tout à fait à bout, le seul onguent susceptible d’adoucir la blessure est l’Amour inconditionnel de ceux qu’on aime, les seuls en mesure d’accepter notre fragilité, même si elle n’est pas toujours aisée à comprendre ou a supporter, juste parce que c’est comme ça…

A ceux que j’aime, qui ont toujours trouvé les mots pudiques ou silencieux…

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