Noël autrement…

Noël bientôt… Les vitrines débordent des envies qu’on ne se soupçonnait pas l’instant d’avant, la lumière est partout, beaucoup, trop, il lui faut encore et encore nous confirmer que l’heure est à la fête, aux dépenses avec les sous qu’on a ou pas, demain est un autre jour…

Je croise ces silhouettes affairées, dans l’urgence d’un cadeau introuvable ou de celui qu’elles n’avaient simplement pas envisagé… Coupables de se découvrir en retard dans cet absurde compte à rebours imposé, d’où est forcément bannie toute spontanéité… Qui, pour la plupart, se lamentent et déclarent n’avoir qu’une hâte, que cette période soit passée et que cette frénésie cesse…
Si le froid enfin s’est posé en catimini dans la nuit, ses dentelles de givre rivalisent d’imagination, si la magie de Noël existe, il se pourrait bien que ce soit celle-ci, que la Nature nous offre, pour peu qu’on prenne le temps de regarder au-delà des guirlandes toutes dégingandées qui s’accrochent désespérément aux sapins trucidés.

La ville se pare d’artifices tandis qu’à l’écart respire la forêt sous la lune, que chante le vent entre des arbres bien vivants. Nul besoin d’ouvrir des cartons de décorations pour en parer leurs branches, la neige parfois s’y est déposée juste ce qu’il faut pour que les verdures persistantes n’en soient que plus scintillantes. Et si les flocons se font attendre, le froid s’installera comme il le pourra, surlignant de blanc quelque toile d’araignée patiemment tissée entre deux rameaux, saupoudrant les mousses dodues, figeant les brindilles à terre comme autant de cristaux étincelants…Un rayon a percé les nuages, déshabillant la haie de ses guipures, perlent alors à la pointe de son feuillage ses atours perdus. Plus loin des cailloux luisants pavent l’allée, le bonheur du jour se révèle là, dans ces petits miracles d’eau et de miroitements, dans ces branches nues que sculptent déjà de minuscules bourgeons en devenir, dans le silence bruissant d’un jardin d’hiver, c’est là que s’apaise la fièvre de nos « Babel » de pacotilles.

Je veux croire encore au Père Noël mais en costume d’Amour et de simplicité, autour de moi la campagne est si aisée à admirer, et les miens si prompts à Aimer…


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