Entre deux rives…

Les mois passent, inexorablement, je ne sais si j’aimerais parfois les retenir ou bien les laisser filer, le Temps m’est un mystère…

Alors qu’on me voudrait résiliente, comme réparée de ces chagrins qui cette année se sont multipliés, alors qu’à mon sourire on se rassure, mes jours s’épuisent, les uns après les autres, que je remplis vaille que vaille d’instants précieux, de ceux que l’on gagne à force de les provoquer, puisque désormais tu n’es plus là pour que nous les inventions ensemble… Mes larmes se font plus rares, même ces douleurs là s’adoucissent pour mieux vous anéantir au détour d’un silence… Je ne vais pas si mal puisque je m’agite, ou est-ce que je m’agite pour ne pas aller si mal ?… Je vais, je viens, je rencontre, je visite, je m’intéresse et même il m’arrive assez souvent de rire…

Jamais l’Univers ne m’a semblé plus incommensurable, et cependant infiniment vide… La planète, je la vois dans son entièreté, immense et si petite à la fois, peuplée à satiété où pourtant tu n’es plus nulle part, partout un abysse de solitude alors qu’autour de moi il y a tant de monde… Jamais tout ce que je vois ne m’a parut aussi hermétique… Rempli d’interrogations et de questions sans réponse… Vivre est une énigme, et mourir davantage… Peu d’évènements ont de sens, et à contrario tous sont liés, concours de circonstances, Hasard, appelez ça comme vous voulez, je ne suis plus que contradictions, ignorante que je suis du Pourquoi, du Comment, et plus certaine à jamais que cette ignorance me rapproche de l’Essentiel …

La musique m’apaise, pas n’importe laquelle, celle qui me correspond à ce moment précis, qui ne sera plus la même un peu plus tard, mais j’ai besoin de flûte de pan, de bansuri, de ces musiques qui vous prennent par la main et vous emmènent au cœur de ce que vous êtes devenus. Le piano, le violon, le violoncelle, enfin tous ces instruments qui touchent l’âme et reposent l’esprit.

La nuit tombe ce soir encore, comme demain se lèvera le soleil, ou viendront les nuages, sans Toi mon Amour, sans Toi Maman… Je n’ai pas le pouvoir d’aller contre ce qui est, c’est comme ça, ainsi je vous survis, et si je trouve cette persistance ingrate, il m’arrive aussi de la trouver belle. J’y puise les ressources que la peine m’avait confisqué, le cocon où je me suis réfugiée commence à s’ouvrir, telle la chrysalide donne naissance au papillon. Une autre s’en extrait lentement, celle que je suis devenue, qui regarde le monde différemment, plus sereinement, le croirez-vous ?… Parce qu’il faut faire avec ce qu’on a, que ni la colère, ni les larmes ne combleront ces absences déchirantes. Je me découvre patiente, calme, à l’écoute de la nature, avec une envie démesurée de faire quelque chose de joli avec tous ces malheurs , et aussi un besoin inextinguible d’ordre et de folie, d’action et de méditation… Contradiction ? Complémentarité dirai-je… Soif d’apprendre encore et toujours sur cette chance d’être vivants, d’exister. J’avale les livres comme autant de remèdes pour parvenir à l’assimilation de ces nouvelles données, et réussir ma métamorphose…

Le cahot et les remous n’auront pas eu raison de moi, de leur violence j’ai pris la force d’aimer, encore, encore et encore, la vie, les miens, les énigmes sans solution, le silence et le tumulte, et vous tous qui en me quittant m’avez fait confiance…

A Jean-Claude, Maman et Papa, et tous mes absents…

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