Certains matins me donnent l’envie insensée de retrouver cette allure, cette lumière, cet entrain, ces couleurs qui doucement semblent s’en être allés au fil des années…

Je me persuade que l’âge n’y est pour rien, qu’un peu de rose sur les pommettes me réjouira la mine et le cœur, qu’un peu de vermeille sur les lèvres ranimera mon sourire, qu’un soupçon de vent dans mes cheveux, qu’une cotonnade bleue ciel, qu’une bonne humeur et qu’un pas léger, bref, que si je voulais, je pourrais…

Je fais tout ça et davantage, mais le rose, le vermeil, le soupçon, la cotonnade, l’humeur et le pas ne gomment rien de ce temps qui file sans que je ne m’en aperçoive au quotidien…

Il faut chercher la lumière ailleurs, sans doute…

Dans un regard ? Cerné par les sillons que laissent les sourires que j’ai offerts et la douceur de ceux que j’ai reçu…

Dans une allure ? Celle qui entraine, motive, incite, séduit ?…

Dans le silence ? Celui qui permet d’entendre, mieux, d’écouter… Dans ce recul nécessaire sur les autres et sur les choses, qui nous laissent le temps de comprendre, d’expliquer…

En réfléchissant ? A la possibilité de parfois s’autoriser à renoncer et à transformer cette capitulation en surprenante victoire…

Ma jeunesse a fondu comme neige au soleil, rien n’est éternel, et comme c’est judicieux !

Que ferait on d’une vie où rien ne se transformerait ? L’ennui nous tuerait tout autant que ce « vieillir » inéluctable nous accable parfois, à quoi bon se mentir de quelque façon que ce soit, à ce jeu là nous ne tricherons jamais suffisamment  pour courir aussi vite que ce Temps qui semble filer chaque année plus vite que la précédente ! Puisque rien encore ne nous permet de revenir en arrière autrement qu’en souvenir, faisons en sorte d’accumuler les années sans regrets, sans aigreur, n’en retenons que le meilleur… Écrémons le Passé, du Pire ne conservons que la leçon qu’il nous laisse en héritage.

Gommons nos contours trop sombres ou brouillons, redessinons notre avenir à coup de crayons de couleurs, « réinventons-nous » un verbe qui prête à sourire mais qui exprime bien cette nécessité de s’adapter à toutes les étapes de notre vie en progressant aussi adroitement que possible, comme des randonneurs sur les chemins de traverse.

Il me semble que la beauté n’est pas lisse, même une mer étale ondule d’un léger relief sans lequel point de chatoiement possible… La fraîcheur de la jeunesse s’épuise, mais lui succèdera l’harmonie si l’on comble ses rides autrement qu’à coup de botox, mais en les remplissant du meilleur de ce qu’on aura retenu de notre destinée…

 

 

 

 

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