C’est grave, Docteur ?…

C’est grave, Docteur ?… J’ai des bouffées…

Des bouffées d’amour, des bouffées de tendresse, des bouffées de bonheur !…

Elles m’arrivent sans crier gare, quelquefois le matin ou parfois le soir, qu’il fasse grand soleil ou que l’orage gronde au loin.

J’ai « des fourmis » qui me grimpent de la tête jusqu’au bout des orteils… Il peut faire très froid, ces bouffées là, je vous l’assure, sont de vrais radiateurs !

Aujourd’hui la fenêtre n’est plus qu’un rideau de pluie,  peu m’importe, dans la morosité d’un petit matin voilà que je me surprends à aimer plus fort encore, si vous croyez ça possible, à aimer plus fort encore mes enfants, mes tout petits, mon amoureux, mon adorable shi-tsu et même les inconnus qui bravent l’ondée sous leurs parapluies !

C’est grave, Docteur ?… J’ai des bouffées d’optimisme, même quand je ne vois plus comment ramper jusqu’au bout du tunnel ! J’ai de ces bouffées qui ressemblent aux feux d’artifices qui illuminent le ciel d’une nuit de 14 juillet ! Elles éclairent mes jours sombres et me rappellent que rien ici bas ne dure, le pire s’épuise sous la promesse du meilleur !

J’ai aussi beaucoup de bouffées de satisfaction. La satisfaction, c’est un sentiment confortable. Ce n’est pas ce qu’on croit, la satisfaction, ça n’a rien d’égoïste ni de présomptueux, c’est un peu comme une pause après l’effort qui permet de se rassurer, de voir qu’on a bien progressé, c’est une trêve entre deux batailles où, après un passage à l’infirmerie, on se dit que finalement la blessure n’était pas si grave…

Et puis, quand je suis contente comme ça, j’ai des bouffées de sourires, si si, Docteur, et ces bouffées là me sont absolument indispensables.

Et puis sourire ça fait venir les bouffées de fou-rire quand on les partage avec les gens qu’on aime ! Les bouffées de fou-rire ressemblent beaucoup aux bouffées d’amitié, parce que sans amis on n’a guère de fou-rires… Et quand on a la chance d’avoir de vrais amis, il peut arriver d’avoir des bouffées de complicité, c’est précieux la complicité, parce que ça consolide plein de liens auxquels on tient…

J’ai maintenant des bouffées de « Grand-mère », alors celles là sont magiques, c’est surtout quand je prends mes petits-enfants dans mes bras, quand Capucine me dit qu’elle m’aime « grand comme le ciel », et que son grand frère Oscar m’assure que lui « ça va jusqu’au soleil »… Quand Alice me susurre un petit secret à l’oreille, quand elle me gratifie d’un bisou tout doux. Je vous raconte pas la recrudescence des bouffées quand je prends Armand ou Julia dans mes bras, mes deux derniers tout petits petits … Ces bouffées de « Grand-mère », vous allez rire, voilà maintenant qu’elles m’arrivent aussi quand mes enfants s’occupent affectueusement de moi, quand je sens qu’ils veulent pour moi le meilleur, quand ils s’inquiètent un peu, ce sont des bouffées de douceur qui m’emportent tout là-haut là-haut, en apesanteur, et alors là, ça m’est bien égal d’avoir autant d’années à mon compteur !…

Avec mon amoureux j’ai toujours des bouffées d’amour, cela va sans dire, mais j’ai aussi des bouffées d’harmonie, et je me demande souvent si l’Amour ça n’est pas tout simplement une ode à l’harmonie. L’Harmonie ça déclenche un tas d’autres bouffées pleines de grâce et de délicatesse, comme des bouffées d’apaisement, de sérénité ou de confiance…

Et là, à quelques jours de partir de l’autre côté de la France avec mes bouffées de Grand-mère qui trépignent à l’idée de retrouver mes petits loustics, j’expérimente des bouffées d’impatience !!! Alors celles-là sont un mélange de bouffées d’enthousiasme, avec pas mal d’euphorie, beaucoup de jubilation et forcément un zeste de supplice car la patience n’a jamais été mon fort…

Voilà Docteur, je ne veux pas d’ordonnance, toutes ces bouffées là sont finalement des bouffées de projets qui portent en eux-mêmes toutes les molécules du bien-être et des jolis lendemains !

Je suis heureuse, mes précieuses bouffées ne me fabriquent que du bonheur, au fait, j’ai oublié de vous demander Docteur, c’est contagieux ? Parce que si c’est le cas, je vais de ce pas, aller embrasser tous mes amis, ainsi, à nous tous, on va contaminer la terre entière !…

 

 

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