Sur une plage, un enfant…

Mort… Noyé… Tout recroquevillé sur le sable mouillé…

Un enfant qui semble dormir… Un enfant abandonné du monde entier qui pourtant s’émeut enfin en regardant l’insoutenable photo parue dans les journaux…

Un enfant qui, sans l’avoir prémédité, sous le soleil d’une plage désormais tristement célèbre, nous crie la détresse de tous ceux qui sont contraints de fuir leur pays, et, naïfs qu’ils sont, comptent sur nous pour les aider, nous qui vivons en démocratie, chanceux que nous sommes…

Un enfant, qui ressemble effroyablement aux nôtres avec ses petites baskets colorées, qui à cette heure dorment douillettement sous une couette proprette, aux nôtres qui savent la gourmandise à défaut de n’avoir jamais connu la faim…

Un enfant, qui, peut-être, parce que justement il est un enfant et qu’il est mort, et qu’au-delà de sa mort lui reste cette grâce diabolique qui remue les consciences endormies de nos civilisations préservées et sans doute aussi déclinantes, puisque égoïstes et que trop de confort a paralysé, rendu sourdes et aveugles… Un enfant pris dans la tourmente d’un siècle barbare, peu au fait d’une réalité qui pourtant nous éclabousse les yeux…

Bien d’autres avant lui ont du connaître cet abominable destin, bien d’autres jeunes ou vieux n’ont pas survécu à l’exode, aux privations, au froid ou à l’inhumanité des passeurs mercantiles, tant de milliers déjà sont morts sans que pourtant rien ne change vraiment, aura t’il fallut cet enfant là posé comme une offrande au Diable pour qu’enfin émerge le début d’un petit quelque chose qui pourrait nous faire réfléchir à de pragmatiques solutions plutôt qu’à de larmoyant discours ou à la fabrication de peurs irrationnelles et obsolètes ?…

Je n’ai que des mots à offrir en partage, tout cela me consterne et je sais bien qu’il est plus simple pour moi de l’écrire que d’apporter des réponses concrètes à ce drame mondial…

Si les difficultés sont complexes et bien réelles, si malheureusement la loi du plus fort a souvent primé sur les plus faibles, si je ne doute pas qu’ils n’existe pas une, mais des centaines de possibilités à mettre en place pour au moins essayer de n’être pas indifférents, je veux croire encore qu’un sursaut d’humanité puisse nous ouvrir le cœur et nous interroger : « Et si c’était moi, et si c’était mon enfant ? »…

Un enfant, allongé, le nez dans le sable…

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