A Malouin, malouine et demie…

Décembre embruine les remparts de Saint-Malo, les rouleaux s’épuisent contre les brise-lames en bois de chênes, laissant la plage du Sillon humide et presque déserte jusqu’aux abords de Paramé…

Au loin, un épais brouillard emmitoufle Fréhel, tandis qu’ici la marée montante a repoussé les nuages dans les terres. Quelques goélands se sont posé sur les murets de granit profitant d’un soleil éclatant pour sécher leur plumages, leurs railles rauques et stridents réaniment le sable noyé par le flux.

Main dans la main, nous marchons arque boutés contre la brise de mer aux senteurs tièdes d’iode salée. Quelques coquillages à demi enfouis dans le sable fin, des bouquets d’algues brunes où s’emmêlent de petits bois flottés nous font une promenade océane revigorante. La beauté de cette eau en perpétuel mouvement, inexorablement vouée à s’agiter sans colère puisque certaine que son heure par la lune est dictée, les risées de vent sablé qui taquinent nos bonnets et délacent nos écharpes, l’air froid qui rougit nos nez et tient nos mains dans nos poches, fussent-elles gantées, toutes ces perceptions marines nous laissent ivres d’espace et rassasiés d’oxygène !

Il fera bon s’installer sous la véranda du café de l’Ouest, à boire quelque chocolat ou verre de vin chaud servis aimablement, tout en se remémorant nos vivifiantes escapades littorales. L’heure sera au ravissement d’une pause malouine, entre remparts, chemin de ronde aux tours crénelées, bassins du port et criée aux poissons…

Plus tard viendra le temps en tirant les volets sous la lune, de regarder, sans jamais parvenir à s’en lasser, l’océan aux rouleaux d’écume prendre possession du rivage, ou faire amende honorable en rejoignant les abysses, laissant la plage luisante reprendre son souffle et sécher ses habits ensablés…

– A Saint-Malo au Sillon doré, à l’océan immense et indomptable, au vent qui fait chanter les gréements, aux pierres moussues et aux goélands audacieux, à mon amoureux, à notre amour pour ce bout de terre austère et pourtant si attachant, à ces moments simples et authentiques partagés avec Dame Nature…

2013…2014

 

 

2 commentaires sur “A Malouin, malouine et demie…

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