Aimer, tout simplement…

C’est épuisant d’aimer… Mais c’est, comme disaient nos grands-parents, « une bonne fatigue »…

Aimer c’est prendre un risque et oublier sa peur, c’est se mettre en danger, c’est parier et  braver l’avenir…

Moi  j’adore être épuisée de cette façon là !

On meurt tous un jour épuisés… Alors, autant mourir épuisé d’avoir aimé !

La vie décide toute seule de ce qu’elle nous prend et de ce qu’elle nous concède.

La tragédie parfois s’invite, Madame Sans-Gêne brutale et intempestive… Il faut, peut-être, cette intrusion déconcertante pour apprendre à se retourner sur ce qui fut… Apprendre une nostalgie créatrice…

J’observe ceux dont la vie suit un cours sans encombre, je les vois vivre sans s’apercevoir de ce qu’ils vivent vraiment, sûrs d’avoir tout prévu, comme si ce long fleuve sans impétuosité ne risquait jamais à la faveur d’une falaise abrupte, de se transformer en une chute cataclysmique… Quelle intelligence peut spontanément apprécier ce qu’elle n’a jamais risqué de perdre ?… Il faut avoir eu à regretter pour savourer ce qu’on a pu garder…

Il faut nécessairement des chagrins, des déceptions, des larmes, des douleurs, des regrets ou des remords pour réaliser combien tout est fragile, exposé. Le moindre petit bonheur devient une félicité, et rien d’heureux qui passe à notre portée n’est ignoré, méprisé ou  gâché… Il faut ce recul sur ce qui était, sur ce qu’on a perdu pour apprécier ce qui a perduré.

Aimer, sans retenue, sans hésiter, ne jamais le regretter, aimer, aimer être en vie, les jours qui passent et les êtres qui les traversent, aimer plus fort, plus grand l’un d’entre eux, aimer ce possible, aimer l’accalmie et la savourer, protéger davantage ce qu’on a sauvé, savoir que rien n’est jamais acquis, que tout se construit et se fortifie, que le bonheur existe, rare, éphémère et volatil, mais qu’y croire très fort nous rassure, nous conforte et lui donne l’envie de pointer le bout de son nez…

Partager, un moment, un repas, une joie, partager tout et presque n’importe quoi, ne jamais reprendre ce qu’on a donné, même aux égoïstes ou aux aigris, car donner ça rend tellement heureux, accepter avec simplicité de recevoir aussi, tout encombrant parfois que cela puisse être…

Au creux d’une douceur, goûter l’instant, tout oublier sans pour autant  perdre de vue ce petit miracle de la vie . Aimer « être » tout simplement…

« Les humbles travaux quotidiens, la SIMPLICITÉ de la vie, les modestes joies qu’on tisse dans la couleur du temps qui passe, tout cela ressemble étrangement au bonheur ». Eve BELISLE dans « La rivière avait une âme »

 

 

 

 

 

 

 

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