Isis en février…

Le sens-tu déjà au creux de toi, ce petit balbutiement de vie ? Quelques semaines à peine et ce sentiment d’être une pionnière dans ce bel ouvrage qui lentement façonne ton corps tout en rondeurs…

Ce petit ventre potelé qui chaque jour davantage proclame l’alliance de Cupidon et la promesse d’un amour infini… A partir de quand réaliseras-tu vraiment cette nouvelle fabuleuse : « J’attends un bébé » ?… Mes espérances à moi sont maintenant si lointaines, j’avais cru en avoir presque tout oublié quand te savoir à ton tour dans ce doux état fait ressurgir mille émois… Une part de toi devient mienne, je frissonne de joie, ta fatigue m’écrase, tes inquiétudes me rongent, pourtant les réponses sont là, toutes fraîches, prêtes à l’emploi… Mais voilà que tu m’intimides, ce n’est plus ma petite fille que voilà, mais une femme telle une chrysalide…

Grâce à toi mon passé reprend des couleurs et tu me dessine un avenir qui a celles d’une famille unie, radieuse et apaisée…

Me voici à passer et repasser au rayon « layettes et jouets » en me retenant encore un peu d’acheter toutes ces douceurs de laines et de cotonnades… Il me faut être raisonnable, tout ce qui ne me ressemble pas, attendre davantage…

Souriras-tu, ma douce, si je te disais que mon ventre reprend vie, qu’il se souvient de tes sauts de cabris, des tes positions d’acrobate qui me faisait un ventre aussi cubique que pouvaient l’être certains tableaux de Picasso… Qu’y pèse encore le souvenir des ultimes semaines où la peau de mon bedon était aussi tendue qu’un tambourin ! Te souviens-tu, toi, de ces coups de pieds dont tu me gratifiais pour me signifier combien tu te sentais à l’étroit ?…

Profites, ma chérie, de ce temps béni où presque sans t’en apercevoir, tu fais des miracles… A chaque instant ton corps réalise des prodiges, à chaque seconde ce petit bout de vous puise en toi de quoi grandir jusqu’à la nouvelle année… Grandir ? Mais qui de vous deux aura le plus reçu dans cette merveilleuse aventure ? Qui se sera le plus enrichi à côtoyer l’autre de si près ?…

« La boucle est bouclée » serait-on tenté de conclure… En quelque sorte, cependant je préfère penser qu’au-delà de ce cycle fabuleux qu’est la transmission de la vie,  il reste encore bien des moments magiques à partager et à découvrir, pour toi comme pour moi, car chaque enfant est unique, et la vie si précieuse…

A ma Douce, ma Belle, ma Précieuse, et donc, à Ma Fille…

 

« Attendre un enfant, c’est marcher seule sur un fil au-dessus du Chaos avec la certitude qu’il n’est plus permis de tomber »

Hafid AGGOUNE dans « Les premières heures du Paradis ».

Author: Mo

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