Lettre au Père Noël

Cher Père Noël,

Il est communement admis que passé un certain âge, vous écrire relève d’une grande naïveté…

Mais je refuse de renoncer à rêver, c’est pourquoi chaque décembre, je persiste… Je n’ai, jusqu’ici, que rarement été exaucée, ce qui me laisse supposer que j’avais eu trop d’exigences ou que vos stocks aient été épuisés !

Quelques évènements fâcheux ont un peu perturbé mon année, heureusement résolus, ils m’imposent d’aller à l’essentiel.

Alors, cela vous surprendra peut-être, ces lignes ne vous parleront ni des bijoux ni de toutes ces choses qui brillent dans les vitrines…

Quand on a la chance d’avoir eu très peur et de s’en tirer à fort bon compte, il faut reconnaître que les priorités ne sont plus les mêmes !

Alors voilà, j’ai préparé une nouvelle liste de tous ces petits trucs qui me feraient drôlement plaisir, en vrac :

– Une santé de fer, parce que c’est plus solide qu’une mine en papier mâché…

– Une famille sans absences… Une famille préservée…

– De la patience, parce que de ça, j’en ai vraiment plus beaucoup…

– Des ami(e)s, enfin, si déjà je pouvais garder tous ceux(celles) que j’ai…

– Des sourires, de la gentillesse… Oui, je sais que ce n’est plus trop à la mode, mais justement, c’est un de mes projets, que de les remettre au goût du jour…

– Ah oui… Des projets, c’est ça, les projets ça fabrique un avenir…

– Des vraies saisons, pour que Noêl soit plein de flocons et qu’en été il y ait moins d’inondations…

– Des couchers de soleil corses, et des nuits pleines d’étoiles qu’on garde dans les yeux toute la journée quand on est amoureux…

– Des éclats de rire, et quelques larmes quand même, mais seulement pour quand on est très heureux…

– De l’énergie, de l’optimisme, pour faire bouger les montagnes, creuser des vallées, et laisser circuler les idées…

– Des gens à aimer, de toutes sortes, pour ce qu’ils sont, et pas pour ce qu’on voudrait qu’ils soient…

– De la terre, de l’eau, des arbres, des fleurs, du sable, du vent et des vagues.

– Des mots, plein de mots, pour réussir à se parler, à s’écrire…

– Ah si c’était possible… Des mots tendres, et… si vous en avez encore, des mots d’amour, ça, j’en ai jamais assez des mots d’amour, mais c’est pas que pour moi, j’aime aussi tellement en donner…

– Ah pis si j’osais… Encore une déclaration d’amour ! Oh oui, ça serait bien une déclaration d’amour… Eh quoi ? Qui ne tente rien n’a rien…

– J’allais oublier… Des petites contrariétés, juste pour mieux apprécier quand tout va bien, pis aussi des regrets, pour pouvoir se rattraper…

– De la musique. mais de la jolie, hein ? Plein, pour danser, pour chanter. Pis du silence aussi, pour prendre le temps de réfléchir, et du bruit, pas des bruits pour rien, des vrais bruits qui émeuvent comme le tic tac d’une horloge, le tintemment des fourchettes dans l’assiette à dessert, un volet qui claque sous le vent d’une marée ou la sonnerie du téléphone quand on se sent un peu seul…

– Des nuages, des blancs pour l’été quand on a un peu trop chaud, pis aussi des gris, rien que pour le plaisir de les voir repartir…

– Des bras, pour s’y blottir, et pour serrer ceux qu’on aime…

– Des « s’il vous plait » et plein de « merci » à ne pas oublier de dire…

Enfin, y’a sans doute beaucoup d’autres petits riens qui me feraient de grands bonheurs, s’il vous en restaient quelques-uns auxquels je n’aurais pas pensé, c’est vous qui voyez, mais je crois que cette année je saurai en faire meilleur usage et les partager…

J’espère que ma lettre vous parviendra à temps et qu’il restera encore de la place sur votre charriot… Bon courage ! Je ne suis pas sûre que vous  trouviez  si facilement sous les sabots de vos rennes tous ces cadeaux que je rêve de trouver demain matin sous mon beau sapin…

Author: Mo

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