Mot à  Mo J'aime les mots et écrire, même maladroitement

12mai/110

Endaïa…

Des années...

Que la maison somnole sous l'Embata...

Meublée sans élégance d'un mobilier disparate, volets baissés sur des fenêtres aux rideaux défraîchis.

A peine un habitant provisoire tourne t'il la clef dans la serrure en refermant la porte derrière lui qu'aussitôt s'installe une fraîcheur humide qui lentement deviendra hivernale même sous la canicule basque...

Les crémones des fenêtres  rechignent à pivoter, les châssis en bois tout courbatus s'ouvrent péniblement, les persiennes s'écartent enfin en grinçant. La douceur de Mai s'engouffre aussitôt dans la place tandis qu'un vantail se rabat sous le vent chaud, la maison cligne des yeux...

Le robinet en gouttant a laissé sur l'évier une trace cuivrée, les casseroles s'ennuient depuis des lustres à leurs crochets, la cuisine  laisse trainer partout une odeur de renfermé...

Les voilages se soulèvent en dansant sous le courant d'air, la maison respire à plein poumons et s'éveille au printemps. Le balcon nous promet la plage et l'horizon n'est bientôt plus que ciel et mer. Les valises qu'on monte dans les chambres aux papiers peints fleuris, les paniers qu'on pose dans la véranda, les pulls qu'on jette sur le canapé... La maison lentement s'apprivoise...

Des années que je n'en n'avais pas franchi le seuil... L'émotion et les souvenirs me submergent... Je savais bien que revenir ne serait pas facile... Où donc êtes-vous passés ? Je ne vous trouve nulle part ou bien je vous vois partout... A quoi bon vous appeler, seul le silence me répondra... Amédée... Une photo sur le buffet, sur l'étagère là-haut ton béret, une makila oubliée... En bas de la rue, une tombe sur toi refermée... Et loin, très loin des Pyrénées, de la Rhune et de l'océan, Andrée, à jamais égarée sur les cendres de son existence, trottinant dans les couloirs d'une maison de vieillesses sans souvenirs, heureuse d'un présent qui n'a plus de mémoire...

Je déambule de pièces en souvenances, l'ombre nostalgique du passé le dispute à la lumière radieuse du présent, la maison m'enlace et me console d'une senteur familière, je suis presque chez moi, comme rentrée d'un trop long voyage...

Tendrement pour Amédée et Marraine. (1er Mai - 07 Mai 2011)

27nov/090

L’humeur des choses…

Ma maison est de mauvaise humeur !

Ne riez pas ! Il faut me croire ! Les lieux, les objets, toutes les choses que l'on croit inertes ont des humeurs !

Je m'étais absentée quelques jours.

En la quittant je m'étais pourtant assurée que rien ne clochait.

J'avais fermé tous les robinets de gaz, d'eau et d'électricité, descendu les volets, j'avais tout rangé, chaque chose semblait à sa place, et vraiment, pianotant le code secret qui la protégerait, je m'étais éloignée sans l'ombre d'un regret, non sans avoir pris la peine de lui dire que bientôt je reviendrai...

Mes vacances s'étaient très bien passées.

Oh, simplement ce coup de téléphone un soir, m'avisant que ma maison s'alarmait, mais que rien n'urgeait, qu'il se pouvait qu'une araignée se soit glissée là où l'oeil de la caméra veillait...

Déjà, en tournant la clef dans la serrure, ça coinçait... Un peu d'huile et le tour serait joué, franchissant le seuil, je suis entrée...

2avr/090

La Pointe de Conguel – La petite maison de pêcheur…

La Pointe de Conguel se gagne en longeant d'abord la grande plage de Quiberon, puis, afin d'éviter l'envahissant et luxueux Centre de Thalassothérapie, en descendant entre les rochers affûtés qui amènent aux rivages qui bordent le littoral.

 Le reflux commencé depuis peu laissait une bande étroite de sable humide sur laquelle une flopée d'huîtriers se pressaient pour marauder quand l'eau se retirait. Ils trottaient si vite qu'on avait peine à  distinguer leurs fines pattes noires, on aurait pu croire qu'ils n'en avaient pas, ou qu'ils voletaient en rase-mottes... Brutalement ils s'arrêtaient et picoraient aussi vite qu'ils courraient, et c'étaient leurs becs qu'on ne soupçonnait plus !

Puis la vague remontante les soulevait, et ils s'y balançaient jusqu'au reflux suivant. Inlassablement cette chorégraphie se répétait...

La grappille semblait bonne, pourtant peu de coquillages affleuraient sous le sable, et nous nous interrogions sur le peu qu'ils y trouvaient à  glaner.