Crépuscule à Port Bara…
La vague montante déferle sur le rocher ensablé et lave la pierre, le reflux tire l'eau en arrière, elle glisse comme une ombre et disparait sous le sable.
Le soleil rasant sur le sablon humide rend chaque cailloux précieux tant la lumière les rend étincelants. De petites méduses bleues portées par la houle se sont échouées et pigmentent la plage.
L'empreinte éphèmère de nos pas s'imprime dans l'arène. Le vent d'est habille le silence et contrarie le rouleau qui se couvre d'écume. Un rocher coiffé d'algues vertes accueille un cormoran qui sèche ses plumes en écartant largement ses ailes. Le ciel a blanchi tandis que nous observons les sternes tutoyer la crête des vagues avant d'y plonger tels des épées pour aussitôt en émerger et filer dans l'air le bec serré sur une pêche.
Sur le bord de la plage deux gamins jouent avec un ballon et manquent de l'envoyer à l'eau. Ils pataugent dans les baïnes, leurs bas de pantalons en restent humides et se raidissent de sel.
Leurs cris sont emportés par les risées et résonnent sous la falaise de granit mouillée par la marée, autour d'eux les goëlands rivalisent de virtuosité en ballets aériens.
L'après-midi s'épuise, l'océan s'éloigne, nous marchons là où il y a peu encore nous n'aurions pas eu pied, la lumière pudiquement se voile pour bientôt s'offrir à l'horizon...
Un souffle sur la Liscia…
Et le sable blanc se gorgeant d'eau roussit sous mes pieds qui s'enfoncent dans l'arène...
Des profondeurs des flots monte le roulement d'une houle claire, la mer se forme et s'orne de crêtes mousseuses qui s'arrondissent en un déferlement régulier et monotone.
U Libecciu s'est levé ce matin. Il gonfle la vague de son souffle chaud et sec, l'envoyant s'épuiser sur la plage déserte. La matinée s'avançant il s'agace davantage et l'envoie s'échouer de plus en plus violemment sur les rochers.
Des planchistes gagnent la hauteur de la vague, y prennent leur élan et s'engouffrent dans le tunnel d'eau turquoise qui s'ouvre dans un grondement menaçant.
Quelques nageurs téméraires s'élancent à la conquête du large et peinent plus tard à regagner le rivage.
Les jambes à peine trempées dans l'eau, j'ai peine à tenir debout tant le puissant reflux me saisit pour m'entraîner au large.
Régulièrement la houle se creuse pour mieux s'enfler et grossir la vague qui m'éclabousse avant que je n'ai le temps de m'en éloigner.
L' Hôtel des "Sables Blancs" habille le bout de la grève des ses murs rosés tandis que la piscine bleutée se reflète dans les balustrades de verre qui la cernent. Au-dessous la marine disparaît dans la roche brunie d'humidité. L' abrupte verdure du maquis en étanche discrètement les larmes salées.
Quelques parapentes aux voiles colorées pointillent l'azur, leur vols silencieux dessinent dans le ciel d' audacieuses arabesques.
L'après-midi égrène ses heures de chaleur sous la brise légère qui saupoudre nos serviettes d'un voile de carats ambrés. L'été corse de la Liscia nous laisse alanguis dans un murmure d' iode et de varech...

