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	<title>Mot à  Mo &#187; souvenirs.</title>
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	<description>J&#039;aime les mots et écrire, même maladroitement</description>
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		<title>J&#8217;aurais aimé&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Jun 2011 14:04:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet J'aurais aimé t'offrir ma jeunesse, la fraîcheur de ma peau dorée après les mois d'été, mes innocences et mes ignorances... J'aurais choisi une robe de lin blanc pour t'épouser dans une petite chapelle perdue au milieu des champs... J'aurais voulu qu'avec l'insouciance nous soit très vite venu un enfant... J'aurais rêvé qu'on s'installe dans une grande [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>J'aurais aimé t'offrir ma jeunesse, la fraîcheur de ma peau dorée après les mois d'été, mes innocences et mes ignorances... J'aurais choisi une robe de lin blanc pour t'épouser dans une petite chapelle perdue au milieu des champs... J'aurais voulu qu'avec l'insouciance nous soit très vite venu un enfant... J'aurais rêvé qu'on s'installe dans une grande maison qu'on aurait habillée de bonheur et d'éclats de rire... Nous l'aurions meublée de projets et remplie de jolis souvenirs...</p>
<p>La vie a eut pour nous d'autres desseins... Il nous aura fallut des années et bien des chagrins pour qu'enfin elle fasse se croiser nos chemins... Sans rien renier du passé qui nous a façonné, sans regretter nos  premiers émois, nos amours ou nos désillusions, voilà qu'à nouveau nous nous inventons un tendre et même avenir. Comme à vingt ans rien ne nous semble impossible... Comme à vingt ans nos coeurs battent la chamade et nos corps se conjuguent... Si l'âge, sans doute, laisse sur nos visages la trace de son passage, si au fil du temps il n'a pas cessé d'y dessiner notre histoire, il n'a pas oublié non plus d'y laisser l'empreinte de nos rêves les plus fous, ni celle, radieuse, d'y croire à nouveau.</p>
<p>Les automnes ne sont pas moins ardents, regardez comme en Septembre la nature flamboie ! Ne souriez pas jeunes gens, il vous apparaitra un jour, à vous aussi, combien l'Amour a le pouvoir de relever les plus las, d'alléger les tristesses, d'illuminer certains crépuscules...</p>
<p>A tous ceux qui s'aiment, pour un jour, un an ou une vie... Pour ceux qui trébuchent, se relèvent et recommencent...</p>
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		<title>Endaïa&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 12 May 2011 18:07:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet Des années... Que la maison somnole sous l'Embata... Meublée sans élégance d'un mobilier disparate, volets baissés sur des fenêtres aux rideaux défraîchis. A peine un habitant provisoire tourne t'il la clef dans la serrure en refermant la porte derrière lui qu'aussitôt s'installe une fraîcheur humide qui lentement deviendra hivernale même sous la canicule basque... Les crémones [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Des années...</p>
<p>Que la maison somnole sous l'Embata...</p>
<p>Meublée sans élégance d'un mobilier disparate, volets baissés sur des fenêtres aux rideaux défraîchis.</p>
<p>A peine un habitant provisoire tourne t'il la clef dans la serrure en refermant la porte derrière lui qu'aussitôt s'installe une fraîcheur humide qui lentement deviendra hivernale même sous la canicule basque...</p>
<p>Les crémones des fenêtres  rechignent à pivoter, les châssis en bois tout courbatus s'ouvrent péniblement, les persiennes s'écartent enfin en grinçant. La douceur de Mai s'engouffre aussitôt dans la place tandis qu'un vantail se rabat sous le vent chaud, la maison cligne des yeux...</p>
<p>Le robinet en gouttant a laissé sur l'évier une trace cuivrée, les casseroles s'ennuient depuis des lustres à leurs crochets, la cuisine  laisse trainer partout une odeur de renfermé...</p>
<p>Les voilages se soulèvent en dansant sous le courant d'air, la maison respire à plein poumons et s'éveille au printemps. Le balcon nous promet la plage et l'horizon n'est bientôt plus que ciel et mer. Les valises qu'on monte dans les chambres aux papiers peints fleuris, les paniers qu'on pose dans la véranda, les pulls qu'on jette sur le canapé... La maison lentement s'apprivoise...</p>
<p>Des années que je n'en n'avais pas franchi le seuil... L'émotion et les souvenirs me submergent... Je savais bien que revenir ne serait pas facile... Où donc êtes-vous passés ? Je ne vous trouve nulle part ou bien je vous vois partout... A quoi bon vous appeler, seul le silence me répondra... Amédée... Une photo sur le buffet, sur l'étagère là-haut ton béret, une makila oubliée... En bas de la rue, une tombe sur toi refermée... Et loin, très loin des Pyrénées, de la Rhune et de l'océan, Andrée, à jamais égarée sur les cendres de son existence, trottinant dans les couloirs d'une maison de vieillesses sans souvenirs, heureuse d'un présent qui n'a plus de mémoire...</p>
<p>Je déambule de pièces en souvenances, l'ombre nostalgique du passé le dispute à la lumière radieuse du présent, la maison m'enlace et me console d'une senteur familière, je suis presque chez moi, comme rentrée d'un trop long voyage...</p>
<p>Tendrement pour Amédée et Marraine. (1er Mai - 07 Mai 2011)</p>
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		<title>Les pommes&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Jan 2011 00:37:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet Il avait cueilli des groseilles. Plein de groseilles. Grappe après grappe il les avait égrenées et versées dans un petit seau de plastique blanc. Poussant la porte de bois qui donne sur le poulailler, il traversa l'enclos où depuis des années s'étaient accumulés tous les bouts de grillages inutilisés, toutes les cagettes ramassées au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Il avait cueilli des groseilles. Plein de groseilles. Grappe après grappe il les avait égrenées et versées dans un petit seau de plastique blanc.</p>
<p>Poussant la porte de bois qui donne sur le poulailler, il traversa l'enclos où depuis des années s'étaient accumulés tous les bouts de grillages inutilisés, toutes les cagettes ramassées au coin de l'épicerie, jusqu'aux épluchures de légumes qu'ils jetaient sur le sol terreux avant de les rentrer dans la cave qui leurs servait de garde-manger. Les restes d'une mobylette grise et cabossée servait de perchoir aux volailles, et de vieux pneus coupés en deux, de mangeoire où ils versaient les graines qui se mêleraient bientôt de pluie... "Les larmes du Paradis" disaient-ils en déplorant la misère de ce monde...</p>
<p>Le temps lui semblait si long depuis ce 27 Février de l'année passée... "Maman a laissé un grand vide", me répétait-il souvent... "Ah Maman"... "Maman" une tendre façon de nommer celle qui partageât ses jours plus de soixante trois ans... Une enfant de l'Assistance, qui, placée dans une ferme dès l' âge que l'on disait" de raison" avait appris à balayer, à lessiver ou à exécuter toutes les besognes que sa famille adoptive trouvait trop ingrates...  Elle l'avait quitté à petit feu, s'éloignant de lui tout doucement, oubliant tout ce qui avait fait leur vie, jusqu'à l'existence de leurs deux enfants...  Elle avait vécu sa dernière année dans une maison de retraite, qui, comme dans  bien des villages, voisinait l'église et le cimetière... Morne paysage bordé de cloches et de macchabées...Sentant son heure venir, elle lui avait simplement dit : "Qu'est-ce qu'on a été heureux tous les deux !"... Puis, son visage ensommeillé, perdu dans un grand sourire, s'était à nouveau noyé dans l'oubli...</p>
<p>Il continuait cependant...<span id="more-1127"></span></p>
<p>Un géant, une force de la nature de 94 ans, qui ne se dérobait devant aucune des douleurs qui pourtant ne cessaient d'assaillir les mains de croque-mitaine que les guerres lui avaient façonné. Il ne voulait rien entendre des conseils de prudence et de ménagement qu'on lui prodiguait. "Tant que je pourrai, je ferai" nous rétorquait-il. Son allure de "terreux" toute en salopette bleue ne faisait pas longtemps illusion. Il suffisait de l'écouter entre le cerisier et le  pommier, cheminant sous sa casquette dans l'herbe folle qu'il coupait pour ses lapins... Il avait le verbe expressif et malin. Nul mieux que lui ne savait raconter ce que furent leurs enfances fracassées par la Grande Guerre, la faim qui tenaille et la rapine d'une pomme pour seul apaisement... Il contait les échappées dans la campagne, les lacets posés pour capturer quelque lapin, ou les oiseaux qu'il attrapait mieux qu'un chat ne l'aurait fait. Ses yeux alors brillaient et c'était sa jeunesse qui ainsi reprenait vie au creux des souvenirs qu'il pouvait encore partager...</p>
<p>Dans la cuisine, le même capharnaüm qu'au sous-sol. Une pendule en plastique des "Sanal" accrochée au dessus de la cuisinière à bois ponctuait nos conversation d'un tic-tac aussi rigoureux que peut l'être un comptable... L'évier débordait sous la vaisselle et les casseroles encore à s'égoutter. Le buffet regorgeait de paperasses et de courriers, les portes vitrées toutes occultées par des cartes postales écornées. Au fond, dans la salle à manger, une ou deux plantes vertes finissaient d'agoniser, trop assoiffées pour espérer survivre encore quelques saisons dans leurs pots fendillés. Les journaux froissés s'entassaient en attendant la salade à éplucher. Des napperons de coton crocheté  s'étalaient sur la table et les accoudoirs des fauteuils accrochant patiemment  la poussière. Si la maison semblait vieille et fatiguée, ses silences parsemés de bruits familiers la rendaient apaisante, rassurante. Elle sentait bon la générosité, la bienveillance... Le bonheur en somme...</p>
<p>Pourtant, il savait les guerres des colonies, le bagne marocain et les déserts du Niger, les marais d'Indochine et les tranchées de France, les ports d'Italie où il avait passé des jours à ramasser les morts , à ériger des remparts de leurs corps tant il y en avait de tombés...  Il avait connu la Sardaigne, pris à revers les "boches" et fait des prisonniers. Il savait la trahison et l'amitié, la vraie, il savait la bêtise et la méchanceté, les vraies, comme la vengeance, la jalousie... Il savaient les papiers décollés à la hâte des murs des préfectures, où les" gris verts" avaient tout affiché, le nom des dénoncés mais aussi celui de ceux qui les avaient trahis croyant leurs plaire, et qui ne récoltaient que leur mépris, mais il savait aussi la résistance et le maquis, les tranchées, le courage et la clémence, et cette nuit où des cigarettes furent échangées quand les fosses ennemies si proches se confondaient en mêmes épuisements et terreurs... Il savait l'horreur, il la savait tellement qu'il regardait parfois ses mains en pleurant...</p>
<p>Quoiqu'un mauvais diabète lui ai pris un pied il avait pu grimper sur l'échelle appuyée contre le cerisier en Juillet, et plus tard, en Octobre, il avait ramassé des pommes. Plein de pommes. Panier après panier il les avait déposé dans le carré de terre battue à la cave où chaque automne il les gardait. Et comme il y avait longtemps que je n'étais pas venue, il en a rempli un grand filet jaune,qui, dans une autre vie de filet,  avait emballé des pommes de terres. Il me les a donné, avec les groseilles et les cerises qui m'attendaient depuis des mois dans le congélateur... "Tu pourras faire des confitures, tu sais, c'est des bonnes, c'est du jardin..."</p>
<p>J'ai quitté mon village depuis près de cinq ans...  Si j'ai parfois oublié le goût de ces moments d'apaisement, je sens bien qu'ils me manquent autant que me manque mon vieil ami, sa voix toute cassée, et le regard éperdu d'admiration et d'amour qu'avait pour lui "Maman"... J'aimerais tellement savoir prendre le temps, ce temps qu'on ne se donne pas ou qu'on dépense sans réfléchir, et respirer ce qui me ramènent à l'essentiel, qui relativise mes urgences et mes besoins. La vie, en me les faisant croiser un matin d'été, m'a fait un bien joli cadeau, celui de l'amitié fidèle, oui, j'aimerais profiter de lui, de et de ce qu'il me transmet  pendant qu'il en est encore temps...</p>
<p>A  René et Paulette...</p>
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		<title>Ce soir ils sont là&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 24 Dec 2009 00:40:23 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Tweet Ce soir ils sont là... J'ai depuis tant d'année l'habitude du silence qui habille mes murs que je n'en crois pas mes oreilles de ce doux murmure qui emplit la nuit... Ils sont là... Comme avant... Il y a si longtemps qu'ils sont partis que je peine à me souvenir de ce qu'étaient mes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Ce soir ils sont là...</p>
<p>J'ai depuis tant d'année l'habitude du silence qui habille mes murs que je n'en crois pas mes oreilles de ce doux murmure qui emplit la nuit...</p>
<p>Ils sont là...</p>
<p>Comme avant... Il y a si longtemps qu'ils sont partis que je peine à me souvenir de ce qu'étaient mes nuits quand ils respiraient là, tout près de moi...</p>
<p>Je m'endormais avec ce sentiment que rien ne manquait, que tout allait bien. Comme si jamais rien ne devait changer. C'est un peu ça la notion d'éternité, quand on est jeune le temps semble immobile...</p>
<p>Quand ils étaient petits, la porte de leur chambre restait entrouverte. Ainsi j'entendais quand un rêve les tenait éveillés, ou quand titubant de sommeil ils allaient à tâtons sur le palier... Le parquet craquait, de loin j'écoutais leurs pas endormis les mener dans le noir, puis retourner et faire soupirer le sommier de leur lit quand ils se recouchaient sans s'être vraiment réveillés...</p>
<p>Plus grands, le rai de lumière sous le seuil me disait leurs lectures tardives ou quelques échappées de musique les trahissaient...</p>
<p>Ce soir ils sont là...</p>
<p>Je les entends parler bas pour ne pas me réveiller. Mais je ne dors pas. Ils sont heureux de se retrouver, se racontent leurs jours depuis qu'ils ne s'étaient pas vus et leurs rires étouffés réchauffent mes draps. Je voudrais pouvoir faire provisions de leur présence pour les temps de disette quand ils seront repartis vivre leur vie loin d'ici. Je le connais par coeur ce silence de la première nuit où la maison résonne d'un éphèmère bonheur et ne semble plus habitée que par des ombres...</p>
<p>Ils sont là. Juste à côté. Et je mesure à chaque fois combien les années ont passé. Comme ça, mine de rien, mais ça devait arriver à force de fêter les anniversaires Pâques Pentecôte et la Trinité...</p>
<p>La maison n'est plus la même et les chambres sont si petites... Mais elle est à son tour devenue leur port d'attache, que je m' y trouve bien les rassure. meubles et objets sont autant de leurs souvenirs d'enfance. Ils sont encore à l'âge où perdre du temps n'a pas d'importance, tandis que le mien me rappelle qu'il faut me dépêcher... Alors, je deviens peu à peu celle qui en vieillissant les réunit...  </p>
<p>"Oh Maman... Tu as gardé ça !"</p>
<p>"Dis donc, je ne m'en souvenais plus de ce truc là...  C'était à Papa..."</p>
<p>"Tu me le donnes ?"</p>
<p>"Je peux le prendre ?"</p>
<p>"Oh la la... Tu te souviens ? C'est moi qui te l'avais fait..."</p>
<p>La chaudière vient de se remettre en route, elle semble peiner moins à nous réchauffer. Les bruits qui me sont familiers se réapproprient l'obscurité. Ils doivent s'être endormis. Mais ce silence n'est plus un aveu de solitude ou d'absence, leur présence l'apprivoise, le rend léger et complice...</p>
<p>Ils sont là... Je peux m'endormir tranquille, puisqu'ils sont là...</p>
<p>Pour moi, ce soir,  Noël est déjà là...</p>
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		<title>Une photo&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Oct 2009 15:51:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
				<category><![CDATA[deuil - nostalgie - tristesse]]></category>
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		<description><![CDATA[Tweet L'album était alors posé sur la petite table en merisier du salon, là où étaient déjà négligement installées quelques carafes, verres ou petits vases en cristal,  bric à brac rescapé d'un Passé qui s'est volatilisé...  J' y avais rangé dans un désordre organisé quelques photos qui racontaient presque trente ans de nos vies. Sur certaines, ton [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>L'album était alors posé sur la petite table en merisier du salon, là où étaient déjà négligement installées quelques carafes, verres ou petits vases en cristal,  bric à brac rescapé d'un Passé qui s'est volatilisé...  J' y avais rangé dans un désordre organisé quelques photos qui racontaient presque trente ans de nos vies.</p>
<p>Sur certaines, ton visage qui respire l'avenir contraste avec celui dont la maladie t'affligeât quelques années plus tard. Je feuillette lentement ces pages meurtries d'avoir été si souvent tournées. Il y a longtemps que je ne compte plus ni en semaines ni en mois tout le temps que tu nous laisses en n'étant plus là...<span id="more-295"></span></p>
<p>Toutes ces photos me semblent d'une époque révolue, échappées d'une vie qui n'aurait jamais été mienne ! Pourtant c'est bien moi qui me tiens debout, là, à côté de toi, et le sourire de nos enfants me confirme qu'il s'agissait bien de nous...</p>
<p>Sur l'une d'entre elles, tu les tiens blottis contre toi, Pierre, adolescent déjà plus grand que toi, Pauline, qui ne grandira pas plus haut que moi... C'est une photo que j'avais prise lors d'un de nos séjours au lac du Der, où tu nous avais donné le goût des aubes claires et glacées. Toi qui savait mieux que personne ce que veut dire "grasse-matinée", tu nous faisais lever dès potron-minet. Nous partions emmitouflés jusqu'à la jetée où déjà se pressaient des ornithologues venus du monde entier. Dans la nuit encore étoilée on se taisait pour écouter le silence bruissant qui s'élevait des roseaux d'où s'envolaient apeurés, poules d'eau, eiders ou foulques que nous dérangions. Alors que lentement le soleil s'annonçait, chassant délicatement la brume posée sur lacs et étangs avoisinants, les grues cendrées s'éveillaient emplissant infiniment le ciel du déploiement de leurs ailes. "Grou... grou... grou..." Leur clameur incessante résonnait sur la Champagne humide des marais, elles s'envolaient par milliers vers d'autres contrées.<!--more--></p>
<p>Cette photo...</p>
<p>Un ciel plombé de nuages qui s'en vont lourdement se poser sur les bosquets. Un chemin bouheux où nous avancions bottes engluées à la terre mouillée. Vous trois figés dans le Temps. Pierre tourne la tête et regarde au loin de l'autre côté de toi, comme s'il savait déjà que tu ne l'accompagnerais pas. Pauline porte un regard inquiet sur l'objectif qui va figer précisement ce moment là. Toi, tu me regardes, ou, plissant les yeux, prends-tu la mesure d'un infini pressenti ? Moi... Je suis l'oeil qui ne distingue rien encore, mais qui, instinctivement a saisi l'instant.</p>
<p>A partir de là, rien ne sera plus comme avant...</p>
<p>Loin derrière vous,  des voitures garées, tout un bazar de civilisation dont, sur le moment, nous sommes exemptés. Le temps d'appuyer sur le bouton, et la vie refera semblant...</p>
<p>Mais vraiment, rien ne sera plus jamais comme avant...</p>
<p>Nous irons péniblement d'étangs en étangs, il fallait presque te porter, comment n'avons-nous pas fini par renoncer ?</p>
<p>Que jamais nous ne sachions à l'avance ce que deviendront nos photos...Car si nous croyons naïvement saisir la lumière d'avenir que dessine l' instant,  la froideur et l'immobilité imposée par le papier glacé l'emprisonne pour l'éternité, et plus tard, nous n'en percevons plus que ce qu' elle est devenue...</p>
<p>La sagesse parfois devrait nous imposer sa loi : laisser reposer en paix tout ce passé qui n'en finira pas de nous blesser si nous persistons à soulever ces pages lestées d'un bonheur en sursis... Notre regard d'aujourd'hui n'est plus celui de ce matin là. Les photos sont des instants volés à nos vies, on n'y retrouve jamais tout ce qu'on croit y avoir mis. On pense y protéger un souvenir, mais c'est le plus souvent hélas un regret, une nostalgie qui en surgit...</p>
<p><!--more--></p>
<p><!--more--></p>
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