Mot à  Mo J'aime les mots et écrire, même maladroitement

12août/100

Vous me faites tous bien rire…

Vous me faites tous bien rire...

La lucidité n'est que le début du désespoir.

Ou est-ce le désespoir qui rend finalement plus clairvoyant ?

A quoi bon vous expliquer ? Je vis en parallèle dans un monde qui frôle le votre. Mais vous n'avez pas encore assez réfléchi pour simplement le soupçonner... Ce que vous voyez n'est que le reflet de votre propre image, vous ne pouvez distinguer le faux du vrai...

Pour me comprendre, il faudrait que vous connaissiez ma vie, que vous ayez su mes rêves, mes espoirs et mes fragilités... Il aurait aussi fallut qu'au moins ce soir vous ayez pu surprendre un de mes regards...

Epargnez moi vos sermons, je prends bien garde à ce que mon verre soit à moitié plein, mais l'ivresse ne parvient plus à masquer toutes mes peurs...

Pour me comprendre, il faudrait qu'en dormant vous soyez déjà inquiets à l'idée de vous réveiller, que chaque matin ne vous soit plus qu'une sourde angoisse. Que cette trouble inquiétude creuse votre ventre, monte inexorablement jusqu'à votre gorge et s'en saisisse comme un étau pour vous y garder prisonnier.

Il faudrait que vous soyez vous-mêmes enfermés, ligotés, incapables de vous évader de cette prison d'émotions. Que comme un noyé vous éprouviez ce que c'est de lutter contre un courant qui vous submerge et vous empêche de respirer...

Pour me comprendre, il faudrait que vous ne soyez plus qu'une fatigue, que le moindre geste exige de vous un effort si considérable que vous ayez renoncé à  le tenter... Que ce désarroi pèse si lourd que l'idée même de vous lever vous paraisse une incongruité...

19mar/100

Culpabilité…

Vous l'avez fait...

A force de vous l'entendre annoncer, à force d'arriver à temps pour vous empêcher de le faire ou d'user notre vocabulaire à vous persuader de ne pas en arriver à cette extrémité, nous avions curieusement oublié que tout pouvait quand même encore arriver...

Et voilà, cette fois vous l'avez vraiment fait !...

Vous vous êtes consumés à lutter contre ces démons qui vous harcelaient sans relâche à vous convaincre que rien n'allait bien. Défaits avant même d'avoir combattu, vous aviez renoncé... Plus rien n'accrochait votre regard, habitués que vous étiez à cet avenir sans douces échappées. Rien ne vous surprenait, le pire même vous semblait le plus probable.

Vous aviez usé tous vos amis, rares étaient ceux qui trouvaient encore quelque argument à vous proposer que vous aviez tôt fait de repousser...

Des heures, parfois des nuits à tenter de vous rassurer, à trouver des solutions dont vous ne vouliez pas entendre parler...

L'ivresse au bord du coeur vous perdiez l'équilibre, les mots s'échouaient sur vos lèvres fatiguées, mille bras n'auraient pas suffit à vous retenir... Votre envie profonde était de tomber...

On vous quittait soulagés d'échapper à l'emprise que vous tentiez de nous imposer, votre douloureuse exigence essorait ce qu'il nous restait de tendresse ou d'amitié... Depuis longtemps plus rien ne servait à rien...

Persuadés que personne ne pouvait vous comprendre, ce fut un perpétuel chassé-croisé entre vos attentes et nos impuissances...