Mot à  Mo J'aime les mots et écrire, même maladroitement

19mar/110

Crabes fourbes ou méduses frelatées…

Les crabes ne sont pas francs du collier... Ce sont des fourbes et des dissimulateurs.

Celui-là, égaré dans le froid d'un hiver longuet, se prit à rêver de douceur. Le grain de mon sein du lui souvenir celui d'un sable chaud et humide dans lequel il aimait tant s'enfoncer pour échapper aux moiteurs de l'été... Comme il était affamé, il ne se contenta pas d'y plonger, il se mit à le grignoter !

Le crabe est un animal discret. Il s'en reput un moment en silence. Si bien qu'il fallut de longs mois pour soupçonner sa présence qui se révéla finalement très envahissante... Démunie devant tant d'impudence, je m'en remis à de doctes carabins, qui l'en délogèrent d'un coup de bistouri ... Mais la maudite bestiole en s'en allant me laissait aussi dépouillée qu'une amazone...

Les avisés chirurgiens cherchèrent comment combler cette embarrassante absence et finirent par convenir qu'une de ces jolies méduses qu'ils gardaient depuis des lustres dans un bassin feraient suffisamment  illusion...  "Illusion", c'est bien le mot qui leur convient ou bien PIPeau oserais-je dire... Les bestioles sans abri, souples et nacrées, avaient su les convaincre de les loger...

Me voici donc accoutrée d'une espèce de ventouse certes fragile, mais bellement accrochée, et mon Dieu, je n'étais pas mécontente de retrouver aussi vite féminine apparence !

Ils ne me précisèrent pas qu'ils s'étaient eux-mêmes fait bernés par de fieffés marins d'eau douce, et que cette belle méduse, comme des milliers de ses congénères, n'était qu'une pâle imitation en  silicone trafiqué... Que voulez-vous, il fallait bien jusqu'à la dernière les utiliser, diable, ces méduses là, toutes suspectes qu'elles étaient, avaient coûté !

Me voici, comme bien d'autres, porteuse en mon sein d'une méduse frelatée que je ne peux m'extirper. Il faudrait encore pour m'en libérer faire confiance à ceux qui m'en ont affublée en sachant vraisemblablement qu'ils me mentaient !... Pire encore, il faudrait maintenant patiemment les écouter me rassurer et tenter de me convaincre qu'il n'y faut rien changer...

Crabes et méduses associés, radins carabins et fieffés apprentis sorciers soyez bien certains que je ne m'en laisserai pas conter !

 

A toutes les victimes des groupes de pression économiques et financiers  qui jouent avec notre santé !

2déc/090

Angoisse…

J'ai peur...

De nommer cette pesanteur qui me donne un regard acéré sur tout ce qui m'entoure...

De ces moments de bonheurs qui m'apparaissent si fragiles et pourraient disparaître d'un coup de baguette maléfique...

J'ai peur de ces ombres qui se sont emparé de mon sein, de ces grains de sables qui empierrent ma chair, j'ai peur de cette fouille qu'on m'annonce et de cette attente qui pèsera lourd...

J'ai peur de ces hommes de sciences trop plein de compassion, de cette gentillesse dont on m'entoure, de ces rassurances qui m'inquiètent et de toutes ces choses que bizarrement j'ai tenu à mettre à jour il y a peu de temps...

J'ai peur de ces miroirs qui se fracassent, de ce Vendredi 13 que j'ai osé défier, j'ai peur de tout ce qui jusqu'ici me faisait éclater de rire...

J'ai peur de tout ce que mon corps à mon insu fabrique, j'ai peur de cette alchimie sournoise et de cette douleur silencieuse...

Mon corps m'échappe et se travesti, quel est ce Carnaval où je suis conviée sans que je puisse me désister ?

Je scrute ce sein déjà balafré qui fait l'innocent et ne montre aucun signe de démission... Il semble me narguer et me pousser dans mes retranchements, les années passant j'avais oublié qu'il n'était qu'en rémission...

Huit années de soulagement balayées par une photo noir et blanc ratée, il va encore falloir poser de côté et sourire en se retenant de respirer...

J'ai peur de cette vrille qui m'entamera et qui la nuit me tient parfois éveillée...

J'ai peur de la souffrance, j'ai peur d'être douillette et de n'être qu'une trouillarde !

Je me désagrège en imaginant l'angoisse qui étreindrait mes enfants, j'ai peur de leur peur et de leur courage s'ils avaient à me porter...

Je cherche ce treillis qui camouflerait cette possible absence, et quelle héroïque posture imaginer pour soutenir le regard de l'homme que je veux tant séduire sans les attraits de ma féminité ?...

J'ai peur de ce que la maladie ferait de moi, peur du peu de force qu'il me reste pour l'affronter et lui tenir tête, peur ne pas être assez orgueilleuse pour me battre sans pleurnicher...

Je n'ai rien encore, et je serai peut-être indemne dans quelques semaines, indemne d'un cancer sans doute, mais pas indemne de ma peur irraisonnée et irraisonnable...