Méchants…
Le regard vous accroche comme une ronce...
Vous n'y accordez pas d' importance, l'arcade alors se fronce...
L'oeil se fait épingle, sa noirceur n'y suffit pas, il glisse sur l'objet de son impatience et cherche desespérement quel pretexte invoquer pour assouvir son agressivité...
La volonté de nuire des méchants n'est jamais prise en défaut d'imagination...
L'oeil scrute la cause de son ressentiment, s'ingénie à deviner la faille, s'agace davantage à ne pas la trouver et finit par l'inventer...
L'impassabilité de l'adversaire, car c'est ainsi qu'il vous considère d'emblée, le rend, s'il est possible, plus acariâtre encore !
Que faire ? Il est parfois amusant d'observer un méchant ainsi s'épuiser à dénicher de quoi combler son aigreur ! On le voit ainsi gaspiller son energie à fouiller les méandres de sa perfidie, à gratter des rognures de cruauté, et à bout d'arguments malveillants, s'effondrer en un magma de bile et d'amertume...
Juste le temps d'y puiser quelques tessons de calomnie, quelques chicots de rosserie... Sa bêtise crasse lui est si familière qu'il en oublie combien sa méchanceté se dessine chaque jour davantage sur son visage et l' isole un peu plus encore de ceux qu'ils se met à détester de plus belle !
On me dit que souvent les méchants sont plus à plaindre qu'à blâmer ?... Pour quelle sotte raison faudrait-il leurs pardonner d'être blessants sous pretexte qu'ils nous reprochent d'être ce qu'ils ne sont plus ou n'ont jamais été, ou parce qu'ils ont perdu ce que nous possédons ? Conséquemment, pour en avoir hélas, parfois croisé, il me semble évident qu'il est vain d'essayer de composer avec ces malfaisants, le bon sens et le discernement n'ont aucune réalité dans leur banale médiocrité, la jalousie attise leur hargne et obscurcissent leur esprit. Et si l'on vous conseille de faire montre de distance et d'intelligence pour ne pas en souffrir, contentez-vous d' éviter ces insignifiants personnages, il en existent tant d'autres qui enchanteraient votre vie !..
Culpabilité…
Vous l'avez fait...
A force de vous l'entendre annoncer, à force d'arriver à temps pour vous empêcher de le faire ou d'user notre vocabulaire à vous persuader de ne pas en arriver à cette extrémité, nous avions curieusement oublié que tout pouvait quand même encore arriver...
Et voilà, cette fois vous l'avez vraiment fait !...
Vous vous êtes consumés à lutter contre ces démons qui vous harcelaient sans relâche à vous convaincre que rien n'allait bien. Défaits avant même d'avoir combattu, vous aviez renoncé... Plus rien n'accrochait votre regard, habitués que vous étiez à cet avenir sans douces échappées. Rien ne vous surprenait, le pire même vous semblait le plus probable.
Vous aviez usé tous vos amis, rares étaient ceux qui trouvaient encore quelque argument à vous proposer que vous aviez tôt fait de repousser...
Des heures, parfois des nuits à tenter de vous rassurer, à trouver des solutions dont vous ne vouliez pas entendre parler...
L'ivresse au bord du coeur vous perdiez l'équilibre, les mots s'échouaient sur vos lèvres fatiguées, mille bras n'auraient pas suffit à vous retenir... Votre envie profonde était de tomber...
On vous quittait soulagés d'échapper à l'emprise que vous tentiez de nous imposer, votre douloureuse exigence essorait ce qu'il nous restait de tendresse ou d'amitié... Depuis longtemps plus rien ne servait à rien...
Persuadés que personne ne pouvait vous comprendre, ce fut un perpétuel chassé-croisé entre vos attentes et nos impuissances...

