Mot à  Mo J'aime les mots et écrire, même maladroitement

21mai/100

Crépuscule à Port Bara…

La vague montante déferle sur le rocher ensablé et lave la pierre, le reflux tire l'eau en arrière, elle glisse comme une ombre et disparait sous le sable.

Le soleil rasant sur le sablon humide rend chaque cailloux précieux tant la lumière les rend étincelants. De petites méduses bleues portées par la houle se sont échouées et pigmentent la plage.

L'empreinte éphèmère de nos pas s'imprime dans l'arène. Le vent d'est habille le silence et contrarie le rouleau qui se couvre d'écume. Un rocher coiffé d'algues vertes accueille un cormoran qui sèche ses plumes en écartant largement ses ailes. Le ciel a blanchi tandis que nous observons les sternes tutoyer la crête des vagues avant d'y plonger tels des épées pour aussitôt en émerger et filer dans l'air le bec serré sur une pêche.

Sur le bord de la plage deux gamins jouent avec un ballon et manquent de l'envoyer à l'eau. Ils pataugent dans les baïnes, leurs bas de pantalons en restent humides et se raidissent de sel.

Leurs cris sont emportés par les risées et résonnent sous la falaise de granit mouillée par la marée, autour d'eux  les goëlands rivalisent de virtuosité en ballets aériens.

L'après-midi s'épuise, l'océan s'éloigne, nous marchons là où il y a peu encore nous n'aurions pas eu pied, la lumière pudiquement se voile  pour bientôt s'offrir à l'horizon...

7jan/100

Il neige…

Le jardin avait perdu sa rousseur sous les vents pluvieux de Novembre. Les feuilles qui tapissaient le sol avaient pris les couleurs de la terre mouillée. L'air humide enrobait la nature d'une moisissure noirâtre qui s'enlisait tristement dans un hiver aux douceurs surprenantes.

Mais cet après-midi il s'est mis à neiger.

18fév/090

Blanc…

Blanc...

Rien que du blanc. Tout était blanc. Une infinitude de blancs...

Le brouillard enveloppait la montagne comme un drap posé sur le canapé d'une maison fermée.

Une brume d'ivoire partout s'effondrait noyant la forêt d'une marée de coton.

Une chape blafarde s'affaissait doucement sur la piste poudreuse où nous glissions sans horizon.

La neige accumulée sur les branches gelées donnait aux arbres l'immobilité d'un geste brutalement arrêté.

Partout un silence immaculé seulement rompu par le passage fluide de quelques skieurs effacés...

Serpentant entre ciel et terre, sans repère et perdant l'équilibre, nous tutoyions l'apesanteur...

Plus bas, la bruine devenait piquante et nous plissait les yeux. L'ouate s'effilochait percée de rares lueurs solaires.

La pente expirait doucement dans la pâleur des flocons, cette journée laiteuse avait la couleur d'une nuit blanche...

4jan/090

Randonnée en janvier

Scritch, scratch,Tac Tac, Scritch, scratch, Tac Tac, Scritch, scratch, Tac Tac...

Nous progressions au rythme consciencieux et régulier de nos raquettes entamant la pellicule glacée, tandis qu'en écho lui répondait le piquage de nos bâtons perçant la fine pellicule de givre qui avait durcit la neige pendant la nuit.

Scritch, scratch, Tac Tac, Scritch, scratch, Tac Tac, Scritch, scratch, Tac Tac...