Mot à  Mo J'aime les mots et écrire, même maladroitement

12août/100

Vous me faites tous bien rire…

Vous me faites tous bien rire...

La lucidité n'est que le début du désespoir.

Ou est-ce le désespoir qui rend finalement plus clairvoyant ?

A quoi bon vous expliquer ? Je vis en parallèle dans un monde qui frôle le votre. Mais vous n'avez pas encore assez réfléchi pour simplement le soupçonner... Ce que vous voyez n'est que le reflet de votre propre image, vous ne pouvez distinguer le faux du vrai...

Pour me comprendre, il faudrait que vous connaissiez ma vie, que vous ayez su mes rêves, mes espoirs et mes fragilités... Il aurait aussi fallut qu'au moins ce soir vous ayez pu surprendre un de mes regards...

Epargnez moi vos sermons, je prends bien garde à ce que mon verre soit à moitié plein, mais l'ivresse ne parvient plus à masquer toutes mes peurs...

Pour me comprendre, il faudrait qu'en dormant vous soyez déjà inquiets à l'idée de vous réveiller, que chaque matin ne vous soit plus qu'une sourde angoisse. Que cette trouble inquiétude creuse votre ventre, monte inexorablement jusqu'à votre gorge et s'en saisisse comme un étau pour vous y garder prisonnier.

Il faudrait que vous soyez vous-mêmes enfermés, ligotés, incapables de vous évader de cette prison d'émotions. Que comme un noyé vous éprouviez ce que c'est de lutter contre un courant qui vous submerge et vous empêche de respirer...

Pour me comprendre, il faudrait que vous ne soyez plus qu'une fatigue, que le moindre geste exige de vous un effort si considérable que vous ayez renoncé à  le tenter... Que ce désarroi pèse si lourd que l'idée même de vous lever vous paraisse une incongruité...

21mai/100

Crépuscule à Port Bara…

La vague montante déferle sur le rocher ensablé et lave la pierre, le reflux tire l'eau en arrière, elle glisse comme une ombre et disparait sous le sable.

Le soleil rasant sur le sablon humide rend chaque cailloux précieux tant la lumière les rend étincelants. De petites méduses bleues portées par la houle se sont échouées et pigmentent la plage.

L'empreinte éphèmère de nos pas s'imprime dans l'arène. Le vent d'est habille le silence et contrarie le rouleau qui se couvre d'écume. Un rocher coiffé d'algues vertes accueille un cormoran qui sèche ses plumes en écartant largement ses ailes. Le ciel a blanchi tandis que nous observons les sternes tutoyer la crête des vagues avant d'y plonger tels des épées pour aussitôt en émerger et filer dans l'air le bec serré sur une pêche.

Sur le bord de la plage deux gamins jouent avec un ballon et manquent de l'envoyer à l'eau. Ils pataugent dans les baïnes, leurs bas de pantalons en restent humides et se raidissent de sel.

Leurs cris sont emportés par les risées et résonnent sous la falaise de granit mouillée par la marée, autour d'eux  les goëlands rivalisent de virtuosité en ballets aériens.

L'après-midi s'épuise, l'océan s'éloigne, nous marchons là où il y a peu encore nous n'aurions pas eu pied, la lumière pudiquement se voile  pour bientôt s'offrir à l'horizon...

4jan/090

Randonnée en janvier

Scritch, scratch,Tac Tac, Scritch, scratch, Tac Tac, Scritch, scratch, Tac Tac...

Nous progressions au rythme consciencieux et régulier de nos raquettes entamant la pellicule glacée, tandis qu'en écho lui répondait le piquage de nos bâtons perçant la fine pellicule de givre qui avait durcit la neige pendant la nuit.

Scritch, scratch, Tac Tac, Scritch, scratch, Tac Tac, Scritch, scratch, Tac Tac...