Mot à  Mo J'aime les mots et écrire, même maladroitement

3déc/090

Divorce…

Sa bouche dégouline d'aigreur et ses lèvres se crispent en un sourire vengeur tandis qu'elle me conte son malheur.

Son mari l'a quitté ! Après trente huit ans de mariage !

Et bien, ai-je pensé, il lui en aura fallu du temps pour se décider !

Elle martèle rageuse qu'elle le saignera à blanc !

Mon Dieu ! Moi qui pensait qu'on ne saignait que les cochons !...

Elle a aussitôt vidé tout ce que leurs coffres comprenaient d'euros accumulés, et replacé ailleurs de quoi survivre décemment à cette trahison ! Sous prétexte de trop travailler et de n'en avoir pas le temps, il l'avait depuis toujours laissé tout gérer, si bien qu'en la quittant il ne saura jamais de combien elle l'aura volé !...

Car s'il est parti, bien sûr, c'est "avec une autre". Qui, parait-il, n'est ni plus jeune ni plus belle... L'imbécile !

Comme si l'amour s'encombrait de compter les rides ou les années comme elle comptait chaque sou qu'il gagnait ! Elle parle sans s'arrêter de crainte d'oublier quelque méchanceté qui resterait coincée entre deux dents à pivot, lève le menton pour insister sur la ténacité qu'elle mettra à le briser.

Pauvre homme ! Devant telle rombière engoncée dans son manteau de laine, le cou serré d'un collier de perles aussi jaunes que son teint tout plissé, les doigts engourdis de trop de diamants sertis, on comprend qu'il ait pu préférer d'autres draps, fussent-ils aussi jolis !...

Elle qui racontait qu'à leur âge l'ennui les cernait, au moins la voilà occupée pour quelques années à lui faire payer cher l'envie d'aller butiner ailleurs !

Elle croit achever sa triste besogne en l'accablant d'une impuissance qu'elle avait depuis longtemps constaté...

Ouf ! Notre homme a donc retrouvé sa virilité... Son allure de mégère ne comblait plus ses fantasmes. Viagra ne peut tout remplacer !

Elle me quitte satisfaite d'avoir une fois de plus déversé sa haine et son mépris. Tournant les talons qu'elle a plats, elle ne cherche surtout pas à savoir si ma vie est jolie, fuyant l'idée que le bonheur ne se raconte pas...

Je m'en vais sereine sur mes escarpins, ses médisances et sa méchanceté l'ont finalement rattrapée...

5nov/090

Médiocrité…

Ou comment certains se réapproprient l'histoire afin d'éviter d'avoir trop d'état d'âme...

L'originale n'étant pas très flatteuse à leur égard, il leur apparaît sans doute plus simple de l'écrire d'une autre manière, d'y ajouter ça et là quelques touches personnelles qui la rende crédible par quiconque n'a pas entendu la première. Puis le temps passant, à force de chercher à en convaincre les autres, l' invention leur paraît tellement plus plausible que la version avérée que ces menteurs finissent par eux-mêmes y croire, s'offusquant à l'idée que leur interprétation puisse être contredite !

Si certains sujets n'étaient pas si graves, si certains chagrins n'étaient pas si lourds, on pourrait sourire de cette  facilité choisie pour s'éviter d'avoir des remords...

 Hélas, certaines histoires ne supportent pas le plagiat, d'autant qu'il n'a rien de ludique mais qu'il n'est qu'une imposture !

Ces gens là en oublient leur devoir de mémoire puisqu'ils le travestissent pour s'y vautrer plus confortablement...

Faute d'avoir le cran de se regarder dans une glace, ils préfèrent se voiler la face et en vouloir à ceux qui les ont mis devant leur médiocrité. Bêtise et méchanceté vont le plus souvent de paire, les dissocier relève de l'utopie.

S'il est souvent impossible de rester de marbre devant leurs mensonges, chercher à les confondre est vain...

Si par malheur il doit encore m'arriver de croiser de ces médisants plein d'aigreur, d'avance je me fais la promesse de ne plus jamais perdre d'énergie à rétablir une vérité qu'ils n'ont pas le courage d'affronter.

Alors, si en lisant ces lignes vous vous sentez visés, relisez les si vous avez un doute, mais je vous confirme que c'est bien de vous dont je me suis inspirée, et soyez certains que depuis longtemps déjà je vous ai oublié !...