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	<title>Mot à  Mo &#187; maison</title>
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	<description>J&#039;aime les mots et écrire, même maladroitement</description>
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		<title>Rouler la nuit&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 08 Jul 2011 13:28:35 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet J'aime bien rouler la nuit. Quand la campagne met son masque sombre, je ne vois plus qu'un ruban d'asphalte balayé quelques secondes par les phares des voitures qui me croisent, et par ceux de celles qui, me dépassant, éclairent un instant le paysage environnant. Je roule sans davantage de repère qu'un panneau m'indiquant une distance [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>J'aime bien rouler la nuit.</p>
<p>Quand la campagne met son masque sombre, je ne vois plus qu'un ruban d'asphalte balayé quelques secondes par les phares des voitures qui me croisent, et par ceux de celles qui, me dépassant, éclairent un instant le paysage environnant.</p>
<p>Je roule sans davantage de repère qu'un panneau m'indiquant une distance ou le nom d'un village. La radio me tient compagnie. Dans la nuit, si l'espace rétrécit, le temps, lui, semble prendre de l'ampleur. Des musiques venues d'époques révolues me remettent en mémoire des souvenirs précis, les années passées semblent s'être accumulées si discrètement qu'un vertige me prend en y réfléchissant...</p>
<p>Je suis en apesanteur au-dessus de ma vie, le moment est suspendu, il n'est plus question de chronologie. Je peux en un éclair remonter des années en arrière, revenir au présent, ou partir loin devant...</p>
<p>La voiture traverse la nuit, la vitre entr'ouverte rafraîchit l'habitacle, le moteur ronronne et berce mon voyage. Des maisons somnolent déjà tandis que d'autres veillent encore. Dans le noir alentour, des fenêtres éclairées me livrent leurs secrets... Le temps d'apercevoir l'éclairage blafard d'une cuisine ou une silhouette qui se glisse dans le halo métallique d'un téléviseur, la couleur de chaque lumière me dit une ambiance, me raconte une bribe de l'histoire de ceux qu'elles me révèlent...</p>
<p>Au cœur de la nuit mon passé reprend vie et bien des projets rendent plaisant mon avenir.</p>
<p>J'aime bien rouler la nuit...</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>J&#8217;aurais aimé&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Jun 2011 14:04:07 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet J'aurais aimé t'offrir ma jeunesse, la fraîcheur de ma peau dorée après les mois d'été, mes innocences et mes ignorances... J'aurais choisi une robe de lin blanc pour t'épouser dans une petite chapelle perdue au milieu des champs... J'aurais voulu qu'avec l'insouciance nous soit très vite venu un enfant... J'aurais rêvé qu'on s'installe dans une grande [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>J'aurais aimé t'offrir ma jeunesse, la fraîcheur de ma peau dorée après les mois d'été, mes innocences et mes ignorances... J'aurais choisi une robe de lin blanc pour t'épouser dans une petite chapelle perdue au milieu des champs... J'aurais voulu qu'avec l'insouciance nous soit très vite venu un enfant... J'aurais rêvé qu'on s'installe dans une grande maison qu'on aurait habillée de bonheur et d'éclats de rire... Nous l'aurions meublée de projets et remplie de jolis souvenirs...</p>
<p>La vie a eut pour nous d'autres desseins... Il nous aura fallut des années et bien des chagrins pour qu'enfin elle fasse se croiser nos chemins... Sans rien renier du passé qui nous a façonné, sans regretter nos  premiers émois, nos amours ou nos désillusions, voilà qu'à nouveau nous nous inventons un tendre et même avenir. Comme à vingt ans rien ne nous semble impossible... Comme à vingt ans nos coeurs battent la chamade et nos corps se conjuguent... Si l'âge, sans doute, laisse sur nos visages la trace de son passage, si au fil du temps il n'a pas cessé d'y dessiner notre histoire, il n'a pas oublié non plus d'y laisser l'empreinte de nos rêves les plus fous, ni celle, radieuse, d'y croire à nouveau.</p>
<p>Les automnes ne sont pas moins ardents, regardez comme en Septembre la nature flamboie ! Ne souriez pas jeunes gens, il vous apparaitra un jour, à vous aussi, combien l'Amour a le pouvoir de relever les plus las, d'alléger les tristesses, d'illuminer certains crépuscules...</p>
<p>A tous ceux qui s'aiment, pour un jour, un an ou une vie... Pour ceux qui trébuchent, se relèvent et recommencent...</p>
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		<title>Endaïa&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 12 May 2011 18:07:52 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet Des années... Que la maison somnole sous l'Embata... Meublée sans élégance d'un mobilier disparate, volets baissés sur des fenêtres aux rideaux défraîchis. A peine un habitant provisoire tourne t'il la clef dans la serrure en refermant la porte derrière lui qu'aussitôt s'installe une fraîcheur humide qui lentement deviendra hivernale même sous la canicule basque... Les crémones [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Des années...</p>
<p>Que la maison somnole sous l'Embata...</p>
<p>Meublée sans élégance d'un mobilier disparate, volets baissés sur des fenêtres aux rideaux défraîchis.</p>
<p>A peine un habitant provisoire tourne t'il la clef dans la serrure en refermant la porte derrière lui qu'aussitôt s'installe une fraîcheur humide qui lentement deviendra hivernale même sous la canicule basque...</p>
<p>Les crémones des fenêtres  rechignent à pivoter, les châssis en bois tout courbatus s'ouvrent péniblement, les persiennes s'écartent enfin en grinçant. La douceur de Mai s'engouffre aussitôt dans la place tandis qu'un vantail se rabat sous le vent chaud, la maison cligne des yeux...</p>
<p>Le robinet en gouttant a laissé sur l'évier une trace cuivrée, les casseroles s'ennuient depuis des lustres à leurs crochets, la cuisine  laisse trainer partout une odeur de renfermé...</p>
<p>Les voilages se soulèvent en dansant sous le courant d'air, la maison respire à plein poumons et s'éveille au printemps. Le balcon nous promet la plage et l'horizon n'est bientôt plus que ciel et mer. Les valises qu'on monte dans les chambres aux papiers peints fleuris, les paniers qu'on pose dans la véranda, les pulls qu'on jette sur le canapé... La maison lentement s'apprivoise...</p>
<p>Des années que je n'en n'avais pas franchi le seuil... L'émotion et les souvenirs me submergent... Je savais bien que revenir ne serait pas facile... Où donc êtes-vous passés ? Je ne vous trouve nulle part ou bien je vous vois partout... A quoi bon vous appeler, seul le silence me répondra... Amédée... Une photo sur le buffet, sur l'étagère là-haut ton béret, une makila oubliée... En bas de la rue, une tombe sur toi refermée... Et loin, très loin des Pyrénées, de la Rhune et de l'océan, Andrée, à jamais égarée sur les cendres de son existence, trottinant dans les couloirs d'une maison de vieillesses sans souvenirs, heureuse d'un présent qui n'a plus de mémoire...</p>
<p>Je déambule de pièces en souvenances, l'ombre nostalgique du passé le dispute à la lumière radieuse du présent, la maison m'enlace et me console d'une senteur familière, je suis presque chez moi, comme rentrée d'un trop long voyage...</p>
<p>Tendrement pour Amédée et Marraine. (1er Mai - 07 Mai 2011)</p>
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		<title>Marguerite&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Dec 2010 16:33:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet Il m'a dit : "Tu n'as pas su...  Maman est morte..."  Marguerite est morte... En Mars. Pour quelques mois encore Marguerite avait eu cent ans. Ce jour là, il avait tenu à ce qu'elle soit une reine... Mieux vaut tard que jamais, Marguerite, de toute sa vie, n'avait jamais été une reine, si ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Il m'a dit : "Tu n'as pas su...  Maman est morte..."</p>
<p> Marguerite est morte... En Mars.</p>
<p>Pour quelques mois encore Marguerite avait eu cent ans. Ce jour là, il avait tenu à ce qu'elle soit une reine... Mieux vaut tard que jamais, Marguerite, de toute sa vie, n'avait jamais été une reine, si ce n'est dans sa cuisine ou dans son poulailler. Elle avait su se contenter de ce que la vie lui offrait. Or la vie lui offrait bien peu. Veuve depuis des années, elle s'était accommodée d'un quotidien chiche et de solitude. Elle avait délaissé depuis longtemps ses tricots dont plus personne ne voulait, laissant son regard se perdre dans la campagne qui, elle aussi, semblait doucement se passer d'elle... Ses journées s'épuisaient ainsi, à guetter le passage d'un facteur de plus en plus rare, à écouter l'horloge égrenner les heures et à attendre celle où le portillon grinçant annoncerait les visites quotidiennes qu'il ne manquait jamais de lui faire. Il craignait à chaque fois de la trouver tombée, blessée, il la voyait si petite et si fragile...</p>
<p>Sept enfants... Seuls deux lui étaient restés fidèles. Vous savez, dans beaucoup de familles c'est comme ça, les années sèment la distance, les différences, les petites et grandes jalousies... Autant de crève-coeur, pensait-il, qui l' avaient sans nul doute laissée fendillée, ébréchée, sans qu'aucune de ses tendresses ne réussissent à lui redessiner des yeux pétillants comme il aimait lui voir petit... Comme cette journée de fête où les cent bougies qui n'auraient pas tenu sur le gâteau d'anniversaire éclairaient  toutes les paumes tendues vers son sourire éberlué... Tous deux si proches et silencieux, laissant cependant quelques mots rugueux s'échapper d'une tendresse, ou une tape affectueuse ponctuer un élan pudiquement réprimé...</p>
<p>La maison est en vente au bout de la rue, vide, si vide, moins des ses meubles que d'elle qui avait voulu la quitter, laisser son "petit-dernier" s'habituer à continuer le chemin sans elle. "J'ai fait mon temps" disait-elle," ne vous occupez plus de moi" ... Mais s'il en était un de fidèle, c'était lui, qui n'avait rien ménagé qui  puisse lui donner quelques derniers petits bonheurs. Jusqu'au bout, allant chaque soir lui rendre visite à des kilomètres de là, dans une de ces maisons qui camouflent maladroitement le triste naufrage de toute vieillesse. Il tentait de l'interesser aux dernières nouvelles du village, s'extasiant sur le plateau repas qu'on lui servait tiède et presque à l'heure du goûter, l'incitant à souper pour y puiser de quoi vivre encore un peu, ça le terrorisait qu'elle puisse un jour s'en aller...</p>
<p>C'est arrivé.</p>
<p>A l'aube, il ne traverse plus la rue pour aller nourrir les lapins. Il se lève moins tôt, mais pour autant ne dort pas. Comment voulez-vous qu'il dorme quand toute sa vie il s'est levé dès potron-minet ? Et puis ça lui manque d'aller couper l'herbe encore pleine de rosée, même s'il se souvient que ça lui pesait de le faire quand il y était obligé... C'est terriblement ça la vie, on se prend parfois à regretter des choses plus par mélancolie que par véritable nostalgie...</p>
<p>Quand il passe devant la grande armoire qui a dorénovant trouvé sa place dans sa salle à manger, il se souvient d'elle et de son grand tablier, s'affairant à y ranger le peu de vaisselle qu'elle utilisait... D'ailleurs, il fut un temps où ce peu restait sur l'évier à s'égoutter de repas en repas... Et puis, s'il ouvre un tiroir, il se prend à caresser du bout des doigts les nappes de draps épais qu'elle avait brodé et qu'elle ne sortait qu'aux occasions qu'elle jugeait suffissement importantes pour risquer la tâche de vin ou de gras...</p>
<p>Elle lui manque... Cruellement... Tellement... Il a beau avoir soixante ans, c'était sa Maman...</p>
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		<title>La maison, le lierre et la vieille dame&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 12 Mar 2010 14:48:59 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet Belle... La maison l'était, on le devine sous la verdure qui au fil des années l'a accaparée... Elle connut de jeunes printemps, exposant sa façade au soleil de toutes les saisons, quand un matin, d'un bout de terre sèche une jeune pousse de lierre pointa le bout d'une feuille au coin de l'arête de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Belle... La maison l'était, on le devine sous la verdure qui au fil des années l'a accaparée...</p>
<p>Elle connut de jeunes printemps, exposant sa façade au soleil de toutes les saisons, quand un matin, d'un bout de terre sèche une jeune pousse de lierre pointa le bout d'une feuille au coin de l'arête de l'un de ses murs. Personne ne s'en inquiéta, elle s'enhardit donc, se lançant à l'assaut du dit mur, étirant ça et là de minuscules ramures, s'accrochant à la moindre fissure...</p>
<p>Puis, avisant un lilas appuyé sur le côté, lança une de ses frêles tiges à l'assaut d'une de ses branches. De là, se mit en tête de conquérir un saule geignard pour mieux parvenir à s'accrocher aux grilles du portillon en fer forgé. De la pointe de la grille le bourgeon devenu lierre fila sur le côté, pris ses aises certain qu'il était de ne pas être dérangé... A partir de là, tout ou presque lui fut permis... Au fil du temps s'étoffant, ses feuilles firent une tonnelle sous laquelle passaient de rares invités.</p>
<p>La façade avait pris de l'âge et semblait bien s'accommoder de cet hôte envahissant qui camouflait élégamment l'usure de sa peinture.</p>
<p>Tandis que la plante inexorablement progressait, le jardin avait depuis belle lurette pris l'allure d'une savane dont la faune sauvage se résumait à quelques chats de gouttière bien renseignés sur les habitudes qu'avaient ici les souris...</p>
<p>La demeure avait abrité différents propriétaires, mais les derniers s'y étaient un temps davantage attachés, domptant à grand renfort de sécateur le trop de feuillage printanier s'agrippant partout dans un harmonieux désordre.<span id="more-524"></span></p>
<p>Jamais cette maison ne fut bruyante, une seule gamine y jouait sagement en grandissant choyée par ses parents. Mais bientôt elle ne résonna plus de ces murmures familiaux. Sans un mot plus haut que l'autre la famille se désagrégea quand l'homme les quitta pour une de ses jeunes maîtresses et ne revint pas.... La petite épuisa son chagrin dans ses livres d'école, s'inscrivit plus tard à la faculté et devint professeur d'anglais.</p>
<p>Elle fut le mien deux années durant.</p>
<p>Une naturelle distinction émanait de cette femme à l'élégance sobre. Encore belle et lumineuse comme celles qui n'ont de rides qu'à force de sourire. Elle nous appelait "Mesdemoiselles",  promenant un regard amusé sur les jeunes lycéennes que nous étions et qu'elle rendait timides, nous l'écoutions respectueuses et attentives comme rarement nous réussissions à l'être ailleurs...</p>
<p>Exigeante mais juste. Elle ne nous parlait la plupart de temps que dans la langue de Shakespeare et nous rivalisions pour qu'elle nous gratifie d'un encouragement ou d'un compliment.</p>
<p>Puis la vie m'a happée, et je l'ai perdu de vue.</p>
<p>Bien des années plus tard je l'ai croisé chez une vieille amie. Le plaisir de nous revoir fut réciproque et de loin en loin nous déjeunions ensemble. Elle ne s'était jamais mariée et ne s'était remise ni du départ de son père  ni de celui d'un homme qui, lui, n'avait jamais réussi à quitter sa femme...</p>
<p>Elle dégageait la même classe teintée d'une aisance courtoise, la mine bienveillante et charmeuse.</p>
<p>Je ne l'ai connue que pimpante, l'œil coquet et les lèvres ourlées. Elle portait souvent un chapeau, de ses feutres distingués posés sur des cheveux qu'une mise en plis avait sagement discipliné.</p>
<p>Elle continua d'habiter la maison après avoir perdu sa mère. Elle y entretint ses souvenirs au milieu des meubles et des bibelots qui avaient accompagné son enfance fracassée, ultime fidélité à tous ceux qui trop souvent l'avaient quitté.</p>
<p>Jamais elle n'envisageât de toucher au lierre qui ne s'était pas privé de prospérer jusqu'à faire disparaître la maison sous sa frondaison.</p>
<p>Au dernier étage le battant d'un volet en bois tape au moindre coup de vent et reste à moitié fermé quand il est tombé. Un morceau de frise déchiré s'effondre de la bordure du toit. L''eau de pluie y ruisselle trop souvent et  rouille la dentelle de fer blanc.</p>
<p>Il m'arrive certains soirs en passant, d'apercevoir au coin d'une fenêtre aux cadre de bois gris, la lumière tamisée d'une lampe d'opaline perruquée d'un abat-jour de percale, et je l'imagine assise tout près, s'occupant à vieillir toujours aussi aimablement...</p>
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		<title>Ce soir ils sont là&#8230;</title>
		<link>http://www.mot-a-mo.com/2009/12/ce-soir-ils-sont-la/</link>
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		<pubDate>Thu, 24 Dec 2009 00:40:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet Ce soir ils sont là... J'ai depuis tant d'année l'habitude du silence qui habille mes murs que je n'en crois pas mes oreilles de ce doux murmure qui emplit la nuit... Ils sont là... Comme avant... Il y a si longtemps qu'ils sont partis que je peine à me souvenir de ce qu'étaient mes [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Ce soir ils sont là...</p>
<p>J'ai depuis tant d'année l'habitude du silence qui habille mes murs que je n'en crois pas mes oreilles de ce doux murmure qui emplit la nuit...</p>
<p>Ils sont là...</p>
<p>Comme avant... Il y a si longtemps qu'ils sont partis que je peine à me souvenir de ce qu'étaient mes nuits quand ils respiraient là, tout près de moi...</p>
<p>Je m'endormais avec ce sentiment que rien ne manquait, que tout allait bien. Comme si jamais rien ne devait changer. C'est un peu ça la notion d'éternité, quand on est jeune le temps semble immobile...</p>
<p>Quand ils étaient petits, la porte de leur chambre restait entrouverte. Ainsi j'entendais quand un rêve les tenait éveillés, ou quand titubant de sommeil ils allaient à tâtons sur le palier... Le parquet craquait, de loin j'écoutais leurs pas endormis les mener dans le noir, puis retourner et faire soupirer le sommier de leur lit quand ils se recouchaient sans s'être vraiment réveillés...</p>
<p>Plus grands, le rai de lumière sous le seuil me disait leurs lectures tardives ou quelques échappées de musique les trahissaient...</p>
<p>Ce soir ils sont là...</p>
<p>Je les entends parler bas pour ne pas me réveiller. Mais je ne dors pas. Ils sont heureux de se retrouver, se racontent leurs jours depuis qu'ils ne s'étaient pas vus et leurs rires étouffés réchauffent mes draps. Je voudrais pouvoir faire provisions de leur présence pour les temps de disette quand ils seront repartis vivre leur vie loin d'ici. Je le connais par coeur ce silence de la première nuit où la maison résonne d'un éphèmère bonheur et ne semble plus habitée que par des ombres...</p>
<p>Ils sont là. Juste à côté. Et je mesure à chaque fois combien les années ont passé. Comme ça, mine de rien, mais ça devait arriver à force de fêter les anniversaires Pâques Pentecôte et la Trinité...</p>
<p>La maison n'est plus la même et les chambres sont si petites... Mais elle est à son tour devenue leur port d'attache, que je m' y trouve bien les rassure. meubles et objets sont autant de leurs souvenirs d'enfance. Ils sont encore à l'âge où perdre du temps n'a pas d'importance, tandis que le mien me rappelle qu'il faut me dépêcher... Alors, je deviens peu à peu celle qui en vieillissant les réunit...  </p>
<p>"Oh Maman... Tu as gardé ça !"</p>
<p>"Dis donc, je ne m'en souvenais plus de ce truc là...  C'était à Papa..."</p>
<p>"Tu me le donnes ?"</p>
<p>"Je peux le prendre ?"</p>
<p>"Oh la la... Tu te souviens ? C'est moi qui te l'avais fait..."</p>
<p>La chaudière vient de se remettre en route, elle semble peiner moins à nous réchauffer. Les bruits qui me sont familiers se réapproprient l'obscurité. Ils doivent s'être endormis. Mais ce silence n'est plus un aveu de solitude ou d'absence, leur présence l'apprivoise, le rend léger et complice...</p>
<p>Ils sont là... Je peux m'endormir tranquille, puisqu'ils sont là...</p>
<p>Pour moi, ce soir,  Noël est déjà là...</p>
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		<title>L&#8217;humeur des choses&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 27 Nov 2009 10:48:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet Ma maison est de mauvaise humeur ! Ne riez pas ! Il faut me croire ! Les lieux, les objets, toutes les choses que l'on croit inertes ont des humeurs ! Je m'étais absentée quelques jours. En la quittant je m'étais pourtant assurée que rien ne clochait. J'avais fermé tous les robinets de gaz, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Ma maison est de mauvaise humeur !</p>
<p>Ne riez pas ! Il faut me croire ! Les lieux, les objets, toutes les choses que l'on croit inertes ont des humeurs !</p>
<p>Je m'étais absentée quelques jours.</p>
<p>En la quittant je m'étais pourtant assurée que rien ne clochait.</p>
<p>J'avais fermé tous les robinets de gaz, d'eau et d'électricité, descendu les volets, j'avais tout rangé, chaque chose semblait à sa place, et vraiment, pianotant le code secret qui la protégerait, je m'étais éloignée sans l'ombre d'un regret, non sans avoir pris la peine de lui dire que bientôt je reviendrai...</p>
<p>Mes vacances s'étaient très bien passées.</p>
<p>Oh, simplement ce coup de téléphone un soir, m'avisant que ma maison s'alarmait, mais que rien n'urgeait, qu'il se pouvait qu'une araignée se soit glissée là où l'oeil de la caméra veillait...</p>
<p>Déjà, en tournant la clef dans la serrure, ça coinçait... Un peu d'huile et le tour serait joué, franchissant le seuil, je suis entrée...<span id="more-350"></span></p>
<p>Là, si tout semblait paisible, j'ai eu  pourtant l'impression que quelque chose la contrariait.</p>
<p>La maison sentait le renfermé. L'odeur avait tout imprégné. J'ai grand ouvert toutes les fenêtres, mais rien n'y faisait, on aurait dit qu'elle mettait beaucoup de mauvaise volonté à s'aérer !</p>
<p>L'ambiance n'y était pas, je m'agitais, parlant à haute voix pour lui signifier les intentions que j'avais. Mais elle me répondait par un drôle de silence, comme si elle boudait...</p>
<p>J'ai ouvert la boîte à lettres, j'étais ravie car on m'avait beaucoup écrit, mais le courrier avait pris la pluie... Curieusement seules les factures avaient échappées à l'humidité, cartes postales et lettres amicales s'étaient joyeusement rapprochées pour former un collage d'encres et de papiers...</p>
<p>Dans la cuisine, rien ne semblait avoir bougé, ah si, peut-être, la porte du frigidaire restée entrouverte... Bref, tout ce qui y était resté entreposé s'était coloré d'un joli moisi... L'éponge assoiffée et rabougrie n'a pas été facile à convaincre ! Si elle avait été sous l'évier, elle serait restée humide à souhait, car l'étagère avait retenu tout ce dont la conduite d'eau n'avait pas voulu...</p>
<p>Je ne me suis pas inquiétée, j'ai préféré aller déposer ma valise dans la pénombre de ma chambre. Quand j'ai tenté de lever mes volets, ils n'ont pas protesté, ils ont simplement préféré retomber et ne plus se relever ! La chaîne se bloquait, plus moyen de la faire bouger ! Même eux s'y mettaient !...</p>
<p>Alors j'ai déplié mes vêtements, posé dans la panière ce qui serait à repasser, et mis le reste dans la machine à laver. Tiens, le programme n'a pas démarré... C'était la prise de courant qui brutalement venait de déclarer forfait ! </p>
<p>Tant pis, j'allais me préparer quelque chose à dîner...</p>
<p>Cette fois, c'est le sol carrelé qui traîtreusement m'a fait tombé ! Tandis que je me relevais, c'est le coin du placard qui m'a lâchement agressée !</p>
<p>En reculant, j'ai bousculé une chaise qui s'est vexée, un de ses barreaux s'est cassé... Fuyant cet endroit contrariant, je me suis imprudemment approchée du salon. Là, pourtant tout paraissait normal, jusqu'à ce que j'y pose un talon... L'ampoule du lampadaire a claqué à peine allumée, le plancher craquait dès que j'y posais le pied, j'ai préféré m'en aller...</p>
<p>Je suis sortie sur le perron, c'est alors qu'il y a eu un grand coup de vent, la fenêtre s'ouvrant davantage a renversé un vase, tandis que dans le corridor la porte d'entrée en a profité pour se refermer ! J'aurais voulu rentrer, mais la maison ne m'avait pas laissé ses clefs !</p>
<p>A qui ferez-vous croire que cette maison n'a pas d'humeur ?...</p>
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		<title>La Pointe de Conguel &#8211; La petite maison de pêcheur&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Apr 2009 13:13:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet La Pointe de Conguel se gagne en longeant d'abord la grande plage de Quiberon, puis, afin d'éviter l'envahissant et luxueux Centre de Thalassothérapie, en descendant entre les rochers affûtés qui amènent aux rivages qui bordent le littoral.  Le reflux commencé depuis peu laissait une bande étroite de sable humide sur laquelle une flopée d'huîtriers se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>La Pointe de Conguel se gagne en longeant d'abord la grande plage de Quiberon, puis, afin d'éviter l'envahissant et luxueux Centre de Thalassothérapie, en descendant entre les rochers affûtés qui amènent aux rivages qui bordent le littoral.</p>
<p> Le reflux commencé depuis peu laissait une bande étroite de sable humide sur laquelle une flopée d'huîtriers se pressaient pour marauder quand l'eau se retirait. Ils trottaient si vite qu'on avait peine à  distinguer leurs fines pattes noires, on aurait pu croire qu'ils n'en avaient pas, ou qu'ils voletaient en rase-mottes... Brutalement ils s'arrêtaient et picoraient aussi vite qu'ils courraient, et c'étaient leurs becs qu'on ne soupçonnait plus !</p>
<p>Puis la vague remontante les soulevait, et ils s'y balançaient jusqu'au reflux suivant. Inlassablement cette chorégraphie se répétait...</p>
<p>La grappille semblait bonne, pourtant peu de coquillages affleuraient sous le sable, et nous nous interrogions sur le peu qu'ils y trouvaient à  glaner.<span id="more-171"></span></p>
<p>La brise n'entamait en rien l'idée d'un printemps précoce, au gré de notre promenade sous un soleil généreux, nous quittions nos pulls et les nouions autour de la taille.</p>
<p>Notre regard se portait sur l'océan qui ce matin semblait presque immobile tant la marée se faisait dans une langueur estivale. Au loin un petit chalutier s'attardait en remontant ses filets, quelques voiliers tentaient de faire du vent leur allié.</p>
<p>A la lisière du sable sec, des paquets d'algues vertes et humides commençaient à  brunir sous les rayons ; galets, coquillages brisés, bouts de ficelles usagés s'y mêlaient, tristes poubelles échouées...</p>
<p>Nous progressions sans hâte, observant les goélands se disputer leurs prises et nous gratifier d'un ballet aérien digne des meilleures escadrilles, leur vole ample de planeurs brutalement interrompu par un piqué vertigineux, puis la pêche faite, par une ascension tout aussi abrupte.</p>
<p>La plage parfois se barrait d'une cascade de rochers en schistes acérés, nous obligeant à  chercher un passage où nous trouverions appui pour ne pas risquer de glisser. Nous découvrions alors au détour d'une petite crique de quoi encore compléter notre album de souvenirs numériques...</p>
<p>Et c'est ainsi qu'elle nous apparut, alors que nous venions de franchir un morceau d'herbes rugueuses protégées par un petit parapet :<!--more--></p>
<p>Debout entre landes et bruyères, elle regardait la mer de ses deux fenêtres sans volets appuyées sur son toit d'ardoises grises tachées de mousse jaunie. Les contrevents de bois bleus du rez-de-chaussée étaient clos sur une façade brossée de chaux blanche, un appentis la prolongeait sur le côté, flanquée d'une porte et d'une fenêtre plus discrète. Deux hautes cheminées larges et plates prolongeaient les façades latérales semblant s'être donné le mot pour l'étreindre et l'empêcher d'aller plus loin...</p>
<p>Mais qu'aurait-elle gagné en s'éloignant de son minuscule promontoire d'où elle pouvait à  perte de vue jouir d'une eau qui quelque soit la saison se confondait avec l'horizon ? L'océan devait lui apparaître d'autant plus démesuré que le ciel en y plongeant s'y reflétait dans un mélange de bleus et de nacres dorées.</p>
<p>Tout en elle semblait silencieux. Les risées se perdaient dans un massif d'ajoncs et de yuccas accrochés aux rochers d'où émergeait un petit muret sensé l'en protéger...</p>
<p>On soupçonnait un cèdre poussé sur l'arrière-cour, quelques branches agitées par un vent léger caressaient le bord de son toit, comme un signe qu'elle nous faisait alors que nous la croisions sur notre chemin, et je ne me souviens plus si je ne lui ai pas répondu d'un signe de la main...</p>
<p>Nous avons du à  regret la laisser sur sa pointe sèche et salée attendre le retour de ceux qui ont le bonheur de venir parfois s'y reposer...</p>
<p>Mais au coeur des frimas qui pour un moment encore givrent mes carreaux, je pense souvent à  cette petite maison de pêcheur que je ferais bien mienne...</p>
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		<title>Un matin, en me réveillant&#8230; (Juin 2005)</title>
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		<pubDate>Sun, 11 Jan 2009 19:46:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
				<category><![CDATA[deuil - nostalgie - tristesse]]></category>
		<category><![CDATA[âme]]></category>
		<category><![CDATA[armoire]]></category>
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		<description><![CDATA[Tweet Ce matin, en ouvrant les yeux, j'ai pourtant bien reconnu notre chambre. Les murs tapissés de ce vieux papier jaune et blanc, si pâli par le soleil qui jadis inondait la pièce. Je dis jadis, quel été maintenant serait assez lumineux ? Cependant, le soleil la baigne toujours, dès son lever, pour presque toute [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Ce matin, en ouvrant les yeux, j'ai pourtant bien reconnu notre chambre.</p>
<p>Les murs tapissés de ce vieux papier jaune et blanc, si pâli par le soleil qui jadis inondait la pièce. Je dis jadis, quel été maintenant serait assez lumineux ? Cependant, le soleil la baigne toujours, dès son lever, pour presque toute la matinée.</p>
<p>Je vous l'assure, cette chambre n'a pas changé.</p>
<p>L'armoire est toujours là , Maman nous l'avait donné il y a quelques années : plus assez de place alors que chez nous...  Si jolie petite armoire en bois ! Elle a dû en voir des gens s'aimer. Et tant de piles de draps bien repassés, pliés et rangés. Elle en est encore remplie d'ailleurs, ouvrez-là , vous le constaterez !</p>
<p><span id="more-83"></span></p>
<p>La petite table n'a pas changé de place, avec joliment posé dessus, la boîte à  secrets, quelques jolis verres anciens en cristal taillé, une pochette à  mouchoirs en satin brodé.</p>
<p>J'avais alors de l'idée, du goût, du plaisir à  décorer pour rendre ce lieu chaleureux...</p>
<p>Je me suis levée, j'ai caressé du regard cette pièce qui soudain m'a parue étrangère. C'était la  nôtre, évidemment... J'ai dit c'était...</p>
<p>J'ai ainsi fait le tour de la maison.</p>
<p>J'ai observé avec curiosité chaque meuble, chaque objet. J'ai cherché dans le pli des rideaux un souvenir que j'aurais oublié. J'ai respiré l'odeur de ma maison. Je n'y retrouvais pas ce que j'y cherchais. Même l'air avait changé !</p>
<p>Et puis mes yeux n'ont plus bien vu ce qui m'entourait. Je pleurais doucement, sans l'ombre d'un sanglot. Mais chaque larme était une douleur qui me brisait le coeur.</p>
<p>Je le savais, cette maison était la mienne, et si tout semblait pareil, tout avait changé quand même.</p>
<p>Tous ceux qui lui donnaient son âme l'avaient quittée.</p>
<p>Pierre et Pauline d'abord. Mais quoi de plus naturel quand on a dix sept ans et des projets plein la tête ! Et toi mon Amour ? Tu l'avais pourtant tellement voulue cette maison ! Elle représentait tant d'heures de travail, tant de rêves et d'espoirs ! Elle était ta réussite. C'était le cadeau bonheur que tu nous faisais, pour toujours... On y croyait sans doute...</p>
<p>Le destin en a décidé autrement.</p>
<p>Où es-tu ce matin ? Sans doute encore plus loin que dans cet hôpital entouré de verdure où tu erres au milieu d'autres hommes aussi perdus que toi.</p>
<p>Cette maison n'a plus que moi.</p>
<p>Mais moi, je la quitte aussi, par petits bouts. Je n'y vis plus partout. Certaines pièces sont si bien rangées qu'on voit bien que personne n'y met plus jamais les pieds. Bien des volets sont fermés. La chaleur, bien sûr, ce mois de Juin est déjà  si chaud !  Mais aussi comme si l'on y veillait un mort...</p>
<p>Les  pièces sont fraîches et silencieuses. Oui, je crois bien que cette maison n'a plus d'âme, sinon celle de son Passé...</p>
<p>Il y a, si on écoute bien, comme un écho, comme un murmure noyé dans le silence : le souvenir des rires de nos enfants, de leurs cavalcades dans l'escalier, quelques airs de musiques, et tous ces bruits qui la rendaient joyeuse.</p>
<p>Il y a cette odeur... Cette odeur de maison fermée, où, j'ai beau chercher, je ne retrouve plus l'odeur de « chez nous ». Pourtant il fut un temps où la cuisine nous savait comment nous réunir à  l'heure des repas, exhalant tous les fumets salés et sucrés que je pouvais imaginer... J'aimais vous étonner, ou tout simplement voir votre mine réjouie en soulevant le couvercle d'une marmite odorante...</p>
<p>Alors, le parfum des bouquets de lilas, de pivoines, le "silence" des marguerites ou des hortensias, tous ces jolis bouquets du jardin que j'aimais poser ça et là , vous pensez bien...</p>
<p>J'ai voulu aller jusqu'au bout de ma peine. J'ai ouvert la porte fenêtre qui m'offrait le jardin à  perte de vue. Quel magnifique jardin !</p>
<p>Abrité par des arbres plus que centenaires, il étalait sa verdure en ce début d'été. Une brise légère faisait bruisser leurs feuilles. L'herbe folle, qui n'était plus tondue  depuis longtemps, offrait sa fragilité au vent.</p>
<p>Ce jardin non plus n'était plus le même. Peut-être encore plus beau qu'avant, abandonné à  lui-même, riche d'une histoire familiale de plus, les graviers des allées engloutis, les rosiers devenus églantiers, le petit banc de bois et la table de pierre, le vieux bassin recouvert de mousse. Où sont donc passés les pensées, les géraniums ?</p>
<p>Je me suis assise sur le bord du bassin, de là  j'ai bien tout regardé, comme si tout allait s'effacer, et j'ai pleuré...</p>
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