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	<title>Mot à  Mo &#187; instant</title>
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		<title>Ouvrez-vos cahiers et prenez un crayon&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Jan 2011 14:50:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Mot de Mo]]></category>
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		<description><![CDATA[Tweet "Ce qui est passé a fui, ce que tu espères est absent, mais le présent est à toi !..." (proverbe arabe). Cette fois ci encore l'année nouvelle dame le pion à celle qu'on nommera bientôt passée... Jadis mes jeunes années égrenaient quatre saisons tandis qu'aujourd'hui elles me semblent souvent réduites aux tristes anniversaires qui [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p><strong>"Ce qui est passé a fui, ce que tu espères est absent, mais le présent est à toi !..." (proverbe arabe).</strong></p>
<p>Cette fois ci encore l'année nouvelle dame le pion à celle qu'on nommera bientôt passée...</p>
<p>Jadis mes jeunes années égrenaient quatre saisons tandis qu'aujourd'hui elles me semblent souvent réduites aux tristes anniversaires qui bornent mes souvenirs...</p>
<p>Elles me paraissent plus courtes et pourtant comptent perfidement double, et c'est sans doute pourquoi j'avance si vite en âge...</p>
<p>Cependant la maturité estompant l'insouciance, le bel âge apporte parfois ce que la jeunesse refuse. Il faut admettre que le pire est une bonne raison d'apprécier le meilleur...</p>
<p>Et c'est ce que je m'applique à faire jour après jour...</p>
<p>Chaque fois qu'une tristesse voile mon âme ou qu'une contrariété freine mon entrain, je cherche l'antidote qui me soulagera  :</p>
<p>- Depuis ce matin le ciel est si bas que je risque d'en crever le plafond du bout de mon parapluie, qu'importe, me voici ravie d'étrenner mon nouvel imperméable, ou de chausser mes bottes rigolotes !</p>
<p>- Je suis fatiguée... Quel bonheur de pouvoir me glisser sous une couette chaude et douce, d'y savourer une tisane parfumée en terminant un joli roman...</p>
<p>- Mes projets tombent à l'eau... Quelle aubaine ! Je vais avoir le loisir de bricoler ou  au contraire, de ne rien faire !</p>
<p>- J'ai cassé un objet auquel je tenais... Eh bien, c'est peut-être le moment de le remplacer par quelque chose de plus adapté, dans l'air du temps, et qui sait, de faire bouger toutes ces choses posées depuis trop longtemps un peu partout dans la maison !</p>
<p>- Je n'ai pas un travail bien exaltant et l'ambiance du bureau est calamiteuse... C'est un peu difficile, mais dans le fond, tous ces gens n'ont peut-être pas la chance d'avoir une vie personnelle plus intéressante... Quand je sors de mon petit secrétariat  j'apprécie davantage le calme et la paix qui règnent  "chez moi" ! Et j'ai la satisfaction d'avoir plein d'amis autour de moi.</p>
<p>- Je n'ai plus l'aisance que j'avais autrefois... Il y a bien plus de jours dans un mois que d'argent à dépenser... Oui mais pas assez encore pour savourer chaque petit bonheur quotidien qui ne coûte rien !</p>
<p>Alors, que cette année soit ce qu'elle pourra être, mais souhaitez moi de savoir en apprécier chaque instant pour ce qu'il est... Je vous espère tous contents de pouvoir en démarrer une nouvelle tandis que quelques uns d' entre nous n'ont pas cette chance... Que leur souvenir nous soit un réconfort dans l'adversité, qu'il soit une raison supplémentaire de faire des projets ! Écoutons Jules Renard (1864/1910) : <strong>" Les projets sont les brouillons de l'avenir. Parfois il faut à l'avenir des centaines de brouillons !"</strong></p>
<p><strong>Bonne année à vous tous !</strong></p>
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		<title>Une photo&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Oct 2009 15:51:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
				<category><![CDATA[deuil - nostalgie - tristesse]]></category>
		<category><![CDATA[album]]></category>
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		<description><![CDATA[Tweet L'album était alors posé sur la petite table en merisier du salon, là où étaient déjà négligement installées quelques carafes, verres ou petits vases en cristal,  bric à brac rescapé d'un Passé qui s'est volatilisé...  J' y avais rangé dans un désordre organisé quelques photos qui racontaient presque trente ans de nos vies. Sur certaines, ton [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>L'album était alors posé sur la petite table en merisier du salon, là où étaient déjà négligement installées quelques carafes, verres ou petits vases en cristal,  bric à brac rescapé d'un Passé qui s'est volatilisé...  J' y avais rangé dans un désordre organisé quelques photos qui racontaient presque trente ans de nos vies.</p>
<p>Sur certaines, ton visage qui respire l'avenir contraste avec celui dont la maladie t'affligeât quelques années plus tard. Je feuillette lentement ces pages meurtries d'avoir été si souvent tournées. Il y a longtemps que je ne compte plus ni en semaines ni en mois tout le temps que tu nous laisses en n'étant plus là...<span id="more-295"></span></p>
<p>Toutes ces photos me semblent d'une époque révolue, échappées d'une vie qui n'aurait jamais été mienne ! Pourtant c'est bien moi qui me tiens debout, là, à côté de toi, et le sourire de nos enfants me confirme qu'il s'agissait bien de nous...</p>
<p>Sur l'une d'entre elles, tu les tiens blottis contre toi, Pierre, adolescent déjà plus grand que toi, Pauline, qui ne grandira pas plus haut que moi... C'est une photo que j'avais prise lors d'un de nos séjours au lac du Der, où tu nous avais donné le goût des aubes claires et glacées. Toi qui savait mieux que personne ce que veut dire "grasse-matinée", tu nous faisais lever dès potron-minet. Nous partions emmitouflés jusqu'à la jetée où déjà se pressaient des ornithologues venus du monde entier. Dans la nuit encore étoilée on se taisait pour écouter le silence bruissant qui s'élevait des roseaux d'où s'envolaient apeurés, poules d'eau, eiders ou foulques que nous dérangions. Alors que lentement le soleil s'annonçait, chassant délicatement la brume posée sur lacs et étangs avoisinants, les grues cendrées s'éveillaient emplissant infiniment le ciel du déploiement de leurs ailes. "Grou... grou... grou..." Leur clameur incessante résonnait sur la Champagne humide des marais, elles s'envolaient par milliers vers d'autres contrées.<!--more--></p>
<p>Cette photo...</p>
<p>Un ciel plombé de nuages qui s'en vont lourdement se poser sur les bosquets. Un chemin bouheux où nous avancions bottes engluées à la terre mouillée. Vous trois figés dans le Temps. Pierre tourne la tête et regarde au loin de l'autre côté de toi, comme s'il savait déjà que tu ne l'accompagnerais pas. Pauline porte un regard inquiet sur l'objectif qui va figer précisement ce moment là. Toi, tu me regardes, ou, plissant les yeux, prends-tu la mesure d'un infini pressenti ? Moi... Je suis l'oeil qui ne distingue rien encore, mais qui, instinctivement a saisi l'instant.</p>
<p>A partir de là, rien ne sera plus comme avant...</p>
<p>Loin derrière vous,  des voitures garées, tout un bazar de civilisation dont, sur le moment, nous sommes exemptés. Le temps d'appuyer sur le bouton, et la vie refera semblant...</p>
<p>Mais vraiment, rien ne sera plus jamais comme avant...</p>
<p>Nous irons péniblement d'étangs en étangs, il fallait presque te porter, comment n'avons-nous pas fini par renoncer ?</p>
<p>Que jamais nous ne sachions à l'avance ce que deviendront nos photos...Car si nous croyons naïvement saisir la lumière d'avenir que dessine l' instant,  la froideur et l'immobilité imposée par le papier glacé l'emprisonne pour l'éternité, et plus tard, nous n'en percevons plus que ce qu' elle est devenue...</p>
<p>La sagesse parfois devrait nous imposer sa loi : laisser reposer en paix tout ce passé qui n'en finira pas de nous blesser si nous persistons à soulever ces pages lestées d'un bonheur en sursis... Notre regard d'aujourd'hui n'est plus celui de ce matin là. Les photos sont des instants volés à nos vies, on n'y retrouve jamais tout ce qu'on croit y avoir mis. On pense y protéger un souvenir, mais c'est le plus souvent hélas un regret, une nostalgie qui en surgit...</p>
<p><!--more--></p>
<p><!--more--></p>
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		<title>L&#8217;Egaré</title>
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		<pubDate>Thu, 25 Dec 2008 21:47:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
		<category><![CDATA[écriture]]></category>
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		<description><![CDATA[Tweet Je l'ai vu s'accroupir et glisser par terre, appuyer son dos voûté contre un des piliers de pierre taillée qui soutient les arcades de la Place des Vosges. Le visage fatigué, ridé bien plus que ne le méritait son âge, hérissé d'une barbe sombre et mal taillée, le regard égaré, cherchant en vain dans la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Je l'ai vu s'accroupir et glisser par terre, appuyer son dos voûté contre un des piliers de pierre taillée qui soutient les arcades de la Place des Vosges. Le visage fatigué, ridé bien plus que ne le méritait son âge, hérissé d'une barbe sombre et mal taillée, le regard égaré, cherchant en vain dans la foule bruissante quelqu'un à  qui parler...</p>
<p>Les genoux remontés contre son ventre creux, il portait des bottes de cuir noires, des bottes lourdes de motard, trouées par quelque chute de hasard. Il y avait enfermé ses pieds nus, noircis de la poussière des rues. Un chandail démaillé, un blouson démodé, un chèche autour de son cou enroulé lui donnaient une allure de routard perdu. Il avait ce soir là  ses cheveux presque propres, on les aurait dits soyeux alors que la veille encore ils étaient tout en noeuds. Il semblait happer de ses yeux tout ce qui passait à  proximité, il semblait avide de partager. Mais si beaucoup le regardaient, c'était pour s'en moquer, car le pauvre garçon même posé sur le sol pavé tanguait à  force d'alcool ingurgité. Ou était-ce drogue sniffée ? De toutes les façons, ses pupilles dilatées disaient son effarement. Il tentait en s'écarquillant, de saisir l' instant.</p>
<p><span id="more-19"></span><br />
Le spectacle annoncé attirait le monde, mais le monde en l'apercevant s'installait plus loin, en l'évitant. De sourires gênés en regards méprisants, il s'épuisait à  contenir sa souffrance, et finalement sa main tout de cuir encore gantée se levait pour porter à  ses lèvres la gorgée de bière qui le rassurerait.</p>
<p>Dans les gradins de bois la foule énervée s'impatientait, le spectacle allait commencer.</p>
<p>Soudain plus loin, des tambours, des sifflets et autres tambourins annoncèrent les musiciens, une samba endiablée se jouait, les enfants criaient, les gens applaudissaient, d'autres se trémoussaient, et notre homme éberlué les voyant s'approcher s'est levé comme un ressuscité ! Du sillon d'une ride est né un début de sourire, plus le rythme s'accélérait, plus son visage s'illuminait. Notre homme échappé de sa torpeur grappillait chaque note pour s'en faire un festin. Réjoui comme un enfant il riait trop fort et son corps dégingandé se dandinait plutôt qu'il ne dansait. Toute sa carcasse maigre et usée s'acoquinait aux airs brésiliens, il riait, Mon Dieu comme il riait, et que le voir rire m'a fait du bien ! Pas plus que les autres je n'avais bougé, engluée de compassion, paralysée de bonnes intentions, honteuse de ce qu'il était et de la distance qui me tenait loin de lui, effrayée par l'impudeur de son malheur. Son rire décalé comme un éclat de bonheur qui lui aurait échappé, son rire évadé d'une solitude si lourde à  porter, son rire noyé dans l'alcool et la fumée...</p>
<p>Le festival pouvait commencer...</p>
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