Mot à  Mo J'aime les mots et écrire, même maladroitement

22mar/110

Coeur d’artichaut !…

Les gens "bien-pensants" me font rire ou me fatiguent selon mon humeur, tous ceux qui  "à votre place" sauraient bien mieux que vous ce qu'il faut faire ou ne pas faire !...

J'ai pu observer bien souvent que ces gens là étaient des aigris ou des privilégiés. Quelquefois les deux à la fois tant la prospérité n'est pas forcément un gage de bien-être.

Dieu merci le bonheur a bien d'autres arguments...

Ainsi, certains, jusqu'ici épargnés par les ennuis de santé, et par ailleurs curieusement  absents ou injoignables dans ces périodes de grandes inquiétudes, se sont étonnés de ma façon de gouverner les miens ou ceux de mon mari gravement dépressif, d'autres, accablés par une vie d'ennui s'offusquèrent que je réussisse à m'en remettre en gardant le sourire...

Ainsi "l'injure suprême" me vint d'une "amie" douillettement installée dans une vie de routines et de certitudes, pour qui l'argent n'était "pas un problème" ... Me voyant survivre trop facilement à son goût à des années de galère, elle affirmât haut et fort devant d'autres tristes célibataires combien j'avais tort de croire envers et contre tout à un possible renouveau. La sagesse aurait voulu qu'à mon statut de veuve  j'ajoute davantage de crêpe noir et que je décline toutes les occasions de me porter mieux... Remise depuis peu d'une rupture sentimentale, elle trouvât invraisemblable que je puisse oser si vite y croire encore, d'autant que toute issue lui semblait à elle, très improbable !... "Tu n'es qu'un cœur d'artichaut" me lançât-elle, comme si l'insulte devait m'être fatale !... Les femmes ne sont pas les plus indulgentes pour leurs semblables... Les vieux clichés perdurent... Tenter, oui, mais ne pas se tromper, car cela voudrait dire renoncer ou oser encore, or trop d'audace devient suspect ou indécent ! Comme si l'on pouvait savoir à l'avance où nous mènent  nos rêves et nos espoirs  ?!... Celles qui réussissent d'emblée sont exemplaires, celles qui trébuchent et tentent à nouveau leur chance sont instables, voir peu recommandables !

Blessée, sur l'instant, oui, je le fus, car je n'imaginais pas avoir un comportement volage ou inconstant, il me semblait juste être en quête d'un nouvel équilibre, d'un possible partage... Je me sentais heureuse, oui, curieusement heureuse d'être saine et sauve  après qu'un ouragan ait dévasté ma vie... Les chagrins fragilisent puis rendent plus fort, mais pour leurs survivre et en tirer profit, il ne faut pas craindre d' affronter les doutes et les remises en question... Les difficultés d'une existence nous rendent peureux ou téméraires, mais elles nous procurent en tous cas une nouvelle force : celle de savoir prendre suffisamment de distance par rapport aux évènements et aux "autres", surtout ceux qui se disent "pleins de bonnes intentions" pour "notre bien"...

Je fis le triste constat qu'en règle générale, on vous préfère lente à reprendre votre souffle, voir à ne pas le reprendre du tout ! Qu' en toutes choses pour plaire il vaut mieux respecter certains codes sociétaux solidement établis. Le féminisme est bien contradictoire parfois, prônant l'indépendance de la femme jusqu'à lui reprocher de se trouver mieux accompagnée !

Je pris donc le parti d'en rire, d'essorer mes chagrins et d'en recueillir le soulagement d'aller bien, je fis la sourde oreille aux conseils bienveillants, mais je reste à jamais attentive à mon cœur, attentive à ceux qui m'aiment vraiment, et c'est avec eux que je partage tous ces jolis moments rescapés de mes deuils...

21nov/100

Mes bottes en caoutchouc…

Voilà que les bottes en caoutchouc sont à la mode... L'usage des dites bottes peut être certes, envisagé pour la pluie, mais pas forcément, un ciel gris suffit...

Alors n'allez pas imaginer ces bottes en caoutchouc vertes, rouges ou bleu marine que nos mères nous faisaient chausser dès qu'une averse s'annonçait, ni celles qu'on enfilait dès qu'une flaque de boue se profilait... Non, les bottes en caoutchouc d'aujourd'hui sont bien plus jolies ! Elles sont de toutes les couleurs, avec des motifs variés, tels que l'écossais, les petit pois ou les coccinelles, les rayures, les drapeaux anglais, ou mille dessins auxquels vous n'auriez pas pensé... A la première occasion je m'en suis offert comme on s'achète quelque chose dont on a pas vraiment besoin, un paquet de cacahuettes, un bibelot ou un ènième tee-shirt blanc à tout petits boutons...

Les miennes sont toutes noires, avec des allures de bottes de ville, mais elles sont douillettes car doublée d'une fausse fourrure toute aussi sombre, qui se retourne en un revers élégant à hauteur du genou... J'ai pensé qu'elles me seraient fort utiles au plus fort de l' hiver, et qu'ainsi je ne salirais plus mes fragiles bottes de cuir, un coup d'éponge, et hop, celles là seraient aussitôt  luisantes, comme neuves !!!

Mais je voulais moins vous parler de mes bottes que de l'effet qu'elles m'ont fait alors que déjà le froid s'installe et que les nuages ont souvent la couleur de l'ardoise...  A l'approche d'un âge que l'on pourrait penser raisonnable, me voici d'humeur enfantine : j'enfile mes bottes avec le sourire espiègle d'une gamine, à peine les ai-je chaussé qu'il m'est urgent de sortir dans le  jardin rien que pour le plaisir de marcher dans l'herbe humide sans ne plus rien en craindre. J'attrappe aussitôt une démarche champêtre, oubliant celle citadine que me donnent mes chaussures à talons, bref, je patauge avec déléctation... M'aventurant plus avant dans la rue,  je pars avidemment à la recherche des flaques d'eau,  je me surprend à surveiller le ciel  et à me réjouir de voir se dessiner autant de nuages et de gouttes de pluie sur ma région, bref, j'embrasserais bien Monsieur Météo dès qu'il annonce du mauvais temps !... Je patauge, j'éclabousse, mes bottes en caoutchouc ruisellent, en un mot, ces bottes là me sont une vraie fontaine de jouvence  !

Bon, souvenez-vous,  je vous parlais l'autre jour de deux ou trois choses que je n'aimais pas, et je vous promettais bien d'autres sujets de mécontentement, cette fois, constatez qu'avec ces bottes en caoutchouc là je n'ai plus rien d'une" pisse-vinaigre"...

27nov/090

L’humeur des choses…

Ma maison est de mauvaise humeur !

Ne riez pas ! Il faut me croire ! Les lieux, les objets, toutes les choses que l'on croit inertes ont des humeurs !

Je m'étais absentée quelques jours.

En la quittant je m'étais pourtant assurée que rien ne clochait.

J'avais fermé tous les robinets de gaz, d'eau et d'électricité, descendu les volets, j'avais tout rangé, chaque chose semblait à sa place, et vraiment, pianotant le code secret qui la protégerait, je m'étais éloignée sans l'ombre d'un regret, non sans avoir pris la peine de lui dire que bientôt je reviendrai...

Mes vacances s'étaient très bien passées.

Oh, simplement ce coup de téléphone un soir, m'avisant que ma maison s'alarmait, mais que rien n'urgeait, qu'il se pouvait qu'une araignée se soit glissée là où l'oeil de la caméra veillait...

Déjà, en tournant la clef dans la serrure, ça coinçait... Un peu d'huile et le tour serait joué, franchissant le seuil, je suis entrée...