Crépuscule à Port Bara…
La vague montante déferle sur le rocher ensablé et lave la pierre, le reflux tire l'eau en arrière, elle glisse comme une ombre et disparait sous le sable.
Le soleil rasant sur le sablon humide rend chaque cailloux précieux tant la lumière les rend étincelants. De petites méduses bleues portées par la houle se sont échouées et pigmentent la plage.
L'empreinte éphèmère de nos pas s'imprime dans l'arène. Le vent d'est habille le silence et contrarie le rouleau qui se couvre d'écume. Un rocher coiffé d'algues vertes accueille un cormoran qui sèche ses plumes en écartant largement ses ailes. Le ciel a blanchi tandis que nous observons les sternes tutoyer la crête des vagues avant d'y plonger tels des épées pour aussitôt en émerger et filer dans l'air le bec serré sur une pêche.
Sur le bord de la plage deux gamins jouent avec un ballon et manquent de l'envoyer à l'eau. Ils pataugent dans les baïnes, leurs bas de pantalons en restent humides et se raidissent de sel.
Leurs cris sont emportés par les risées et résonnent sous la falaise de granit mouillée par la marée, autour d'eux les goëlands rivalisent de virtuosité en ballets aériens.
L'après-midi s'épuise, l'océan s'éloigne, nous marchons là où il y a peu encore nous n'aurions pas eu pied, la lumière pudiquement se voile pour bientôt s'offrir à l'horizon...
Petits danseurs de Georgie
Ce soir je suis rentrée un peu tard...
Quel dommage que tu ne sois pas venu avec moi, parce que t'as pas pu voir tout ce que j'ai vu ce soir...
Des tréteaux avaient été montés sur la place, et au fond de la ruelle à côté, dans un murmure mélodieux, une troupe d'enfants répétait en sautillant quelques pas sous l'oeil attentif de leur professeur de danse. Puis quelqu'un réclamât le silence, on entendit ça et là des gens tousser ou chercher encore une place sur les gradins bondés, et soudain dans un éclat d'accordéon...

