Mot à  Mo J'aime les mots et écrire, même maladroitement

12mar/100

La maison, le lierre et la vieille dame…

Belle... La maison l'était, on le devine sous la verdure qui au fil des années l'a accaparée...

Elle connut de jeunes printemps, exposant sa façade au soleil de toutes les saisons, quand un matin, d'un bout de terre sèche une jeune pousse de lierre pointa le bout d'une feuille au coin de l'arête de l'un de ses murs. Personne ne s'en inquiéta, elle s'enhardit donc, se lançant à l'assaut du dit mur, étirant ça et là de minuscules ramures, s'accrochant à la moindre fissure...

Puis, avisant un lilas appuyé sur le côté, lança une de ses frêles tiges à l'assaut d'une de ses branches. De là, se mit en tête de conquérir un saule geignard pour mieux parvenir à s'accrocher aux grilles du portillon en fer forgé. De la pointe de la grille le bourgeon devenu lierre fila sur le côté, pris ses aises certain qu'il était de ne pas être dérangé... A partir de là, tout ou presque lui fut permis... Au fil du temps s'étoffant, ses feuilles firent une tonnelle sous laquelle passaient de rares invités.

La façade avait pris de l'âge et semblait bien s'accommoder de cet hôte envahissant qui camouflait élégamment l'usure de sa peinture.

Tandis que la plante inexorablement progressait, le jardin avait depuis belle lurette pris l'allure d'une savane dont la faune sauvage se résumait à quelques chats de gouttière bien renseignés sur les habitudes qu'avaient ici les souris...

La demeure avait abrité différents propriétaires, mais les derniers s'y étaient un temps davantage attachés, domptant à grand renfort de sécateur le trop de feuillage printanier s'agrippant partout dans un harmonieux désordre.

28déc/090

Toi…

Toi...

Tu t'approchais de moi avec autant de vigilance qu'un démineur d'une bombe à désamorcer...

Tu m'observais de loin comme à l'affût de je ne sais quoi qui  aurait pu trahir une part d'ombre de moi...

Tu ne savais pas bien ce que tu voyais...

Il te semblait, peut-être, apercevoir dans une brume comme un espoir oublié, mais le contour en était si flou...

Alors, doucement, tu t'approchais à pas feutrés, si je bougeais un cil, tu reculais...

Moi je t'avais tout de suite reconnu, mais toi, tu ne te souvenais pas de moi...

De loin, dressée sur la pointe des pieds, j'agitais les mains, je criais ton prénom, je t'appelais en vain, tu faisais celui qui n'entendait pas.

Fatigué par des années de batailles, trahi par autant de mensonges, presque vaincu et lassé d'espérer, tu t'étais retranché...

Seul un reste de curiosité te poussait à me regarder. Et tu ne cessais d'en être étonné...