Mot à  Mo J'aime les mots et écrire, même maladroitement

12mai/100

Un regard…

Elle a ce regard profond et pénétrant de ceux qui, quoique contraints de dépendre des autres sauront toujours garder leurs distances.

Elle nous déshabille des yeux et nous démaquille l'âme, devant elle la tricherie se dérobe, l'artifice est superflu...

A l'obligation d'être immobile elle oppose une énergie qui nous laisse stupéfaites et bouillonne d'une impatience que l' habitude a réussi à maîtriser.

Elle travestit sa difficulté à parler d'une prononciation lente et articulée. Sa bouche traduit fidélement sa pensée tandis que ses mains évanouies sur les accoudoirs du fauteuil ont renoncé à se joindre à la parole...

Son teint pâle ne déguise pas ses douleurs, le souffle court elle s'accroche à nos lèvres et ne perd pas une miette de nos conversations. Nous tissons patiemment un dialogue coupé de silences où elle reprend sa respiration. Et c'est la nôtre qui nous manque quand nous la voyons autant peiner à exprimer ce qui nous semble à nous si aisé...

Elle est partie en guerre contre son corps qui l'a trahie et ne s'économise aucun geste qui lui soit encore permis. La faiblesse de ses forces contraste avec la détermination de son combat.

Devant elle c'est nous qui sommes pétrifiées, avares de nos pantomimes, presque contrites de cette facilité à nous mouvoir... Son supplice nous ramène à l'essentiel, pour quelques heures seulement nous serons conscientes d'avoir de la chance, tandis que chaque geste lui est une conquête et chaque mot une victoire...

Nous nous étions quittées chipies, nous nous retrouvons attendries par les égratignures de nos vies. La photo de classe ne nous épargne aucun de nos complexes d'adolescentes et nous constatons dans un éclat de rire combien l'époque nous fut ingrate !... Elle se tait et sourit tendrement à la petite fille aux nattes blondes qui ignore encore de quoi seront faites ses détresses...

5nov/090

Médiocrité…

Ou comment certains se réapproprient l'histoire afin d'éviter d'avoir trop d'état d'âme...

L'originale n'étant pas très flatteuse à leur égard, il leur apparaît sans doute plus simple de l'écrire d'une autre manière, d'y ajouter ça et là quelques touches personnelles qui la rende crédible par quiconque n'a pas entendu la première. Puis le temps passant, à force de chercher à en convaincre les autres, l' invention leur paraît tellement plus plausible que la version avérée que ces menteurs finissent par eux-mêmes y croire, s'offusquant à l'idée que leur interprétation puisse être contredite !

Si certains sujets n'étaient pas si graves, si certains chagrins n'étaient pas si lourds, on pourrait sourire de cette  facilité choisie pour s'éviter d'avoir des remords...

 Hélas, certaines histoires ne supportent pas le plagiat, d'autant qu'il n'a rien de ludique mais qu'il n'est qu'une imposture !

Ces gens là en oublient leur devoir de mémoire puisqu'ils le travestissent pour s'y vautrer plus confortablement...

Faute d'avoir le cran de se regarder dans une glace, ils préfèrent se voiler la face et en vouloir à ceux qui les ont mis devant leur médiocrité. Bêtise et méchanceté vont le plus souvent de paire, les dissocier relève de l'utopie.

S'il est souvent impossible de rester de marbre devant leurs mensonges, chercher à les confondre est vain...

Si par malheur il doit encore m'arriver de croiser de ces médisants plein d'aigreur, d'avance je me fais la promesse de ne plus jamais perdre d'énergie à rétablir une vérité qu'ils n'ont pas le courage d'affronter.

Alors, si en lisant ces lignes vous vous sentez visés, relisez les si vous avez un doute, mais je vous confirme que c'est bien de vous dont je me suis inspirée, et soyez certains que depuis longtemps déjà je vous ai oublié !...