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	<title>Mot à  Mo &#187; campagne</title>
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		<title>Marguerite&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Dec 2010 16:33:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
				<category><![CDATA[deuil - nostalgie - tristesse]]></category>
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		<description><![CDATA[Tweet Il m'a dit : "Tu n'as pas su...  Maman est morte..."  Marguerite est morte... En Mars. Pour quelques mois encore Marguerite avait eu cent ans. Ce jour là, il avait tenu à ce qu'elle soit une reine... Mieux vaut tard que jamais, Marguerite, de toute sa vie, n'avait jamais été une reine, si ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Il m'a dit : "Tu n'as pas su...  Maman est morte..."</p>
<p> Marguerite est morte... En Mars.</p>
<p>Pour quelques mois encore Marguerite avait eu cent ans. Ce jour là, il avait tenu à ce qu'elle soit une reine... Mieux vaut tard que jamais, Marguerite, de toute sa vie, n'avait jamais été une reine, si ce n'est dans sa cuisine ou dans son poulailler. Elle avait su se contenter de ce que la vie lui offrait. Or la vie lui offrait bien peu. Veuve depuis des années, elle s'était accommodée d'un quotidien chiche et de solitude. Elle avait délaissé depuis longtemps ses tricots dont plus personne ne voulait, laissant son regard se perdre dans la campagne qui, elle aussi, semblait doucement se passer d'elle... Ses journées s'épuisaient ainsi, à guetter le passage d'un facteur de plus en plus rare, à écouter l'horloge égrenner les heures et à attendre celle où le portillon grinçant annoncerait les visites quotidiennes qu'il ne manquait jamais de lui faire. Il craignait à chaque fois de la trouver tombée, blessée, il la voyait si petite et si fragile...</p>
<p>Sept enfants... Seuls deux lui étaient restés fidèles. Vous savez, dans beaucoup de familles c'est comme ça, les années sèment la distance, les différences, les petites et grandes jalousies... Autant de crève-coeur, pensait-il, qui l' avaient sans nul doute laissée fendillée, ébréchée, sans qu'aucune de ses tendresses ne réussissent à lui redessiner des yeux pétillants comme il aimait lui voir petit... Comme cette journée de fête où les cent bougies qui n'auraient pas tenu sur le gâteau d'anniversaire éclairaient  toutes les paumes tendues vers son sourire éberlué... Tous deux si proches et silencieux, laissant cependant quelques mots rugueux s'échapper d'une tendresse, ou une tape affectueuse ponctuer un élan pudiquement réprimé...</p>
<p>La maison est en vente au bout de la rue, vide, si vide, moins des ses meubles que d'elle qui avait voulu la quitter, laisser son "petit-dernier" s'habituer à continuer le chemin sans elle. "J'ai fait mon temps" disait-elle," ne vous occupez plus de moi" ... Mais s'il en était un de fidèle, c'était lui, qui n'avait rien ménagé qui  puisse lui donner quelques derniers petits bonheurs. Jusqu'au bout, allant chaque soir lui rendre visite à des kilomètres de là, dans une de ces maisons qui camouflent maladroitement le triste naufrage de toute vieillesse. Il tentait de l'interesser aux dernières nouvelles du village, s'extasiant sur le plateau repas qu'on lui servait tiède et presque à l'heure du goûter, l'incitant à souper pour y puiser de quoi vivre encore un peu, ça le terrorisait qu'elle puisse un jour s'en aller...</p>
<p>C'est arrivé.</p>
<p>A l'aube, il ne traverse plus la rue pour aller nourrir les lapins. Il se lève moins tôt, mais pour autant ne dort pas. Comment voulez-vous qu'il dorme quand toute sa vie il s'est levé dès potron-minet ? Et puis ça lui manque d'aller couper l'herbe encore pleine de rosée, même s'il se souvient que ça lui pesait de le faire quand il y était obligé... C'est terriblement ça la vie, on se prend parfois à regretter des choses plus par mélancolie que par véritable nostalgie...</p>
<p>Quand il passe devant la grande armoire qui a dorénovant trouvé sa place dans sa salle à manger, il se souvient d'elle et de son grand tablier, s'affairant à y ranger le peu de vaisselle qu'elle utilisait... D'ailleurs, il fut un temps où ce peu restait sur l'évier à s'égoutter de repas en repas... Et puis, s'il ouvre un tiroir, il se prend à caresser du bout des doigts les nappes de draps épais qu'elle avait brodé et qu'elle ne sortait qu'aux occasions qu'elle jugeait suffissement importantes pour risquer la tâche de vin ou de gras...</p>
<p>Elle lui manque... Cruellement... Tellement... Il a beau avoir soixante ans, c'était sa Maman...</p>
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		<title>Le bistrot de Jules&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Sep 2010 07:32:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Essais - Descriptions - Analyses]]></category>
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		<description><![CDATA[Tweet La maison accoudée à la colline surplombe un creux de verdure parsemé de fermes et de hameaux isolés. Un parapet de pierres grises prolonge l'un de ses murs, quelques arbres fruitiers toisent la vallée, sur le devant on a goudronné quelques mètres carrés de terre battue où deux ou trois herbes folles s'obstinent encore à parader... Une vieille table en fer rouillé est posée [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>La maison accoudée à la colline surplombe un creux de verdure parsemé de fermes et de hameaux isolés. Un parapet de pierres grises prolonge l'un de ses murs, quelques arbres fruitiers toisent la vallée, sur le devant on a goudronné quelques mètres carrés de terre battue où deux ou trois herbes folles s'obstinent encore à parader...</p>
<p>Une vieille table en fer rouillé est posée sur le bord d'une terrasse bucolique où quelques chaises vieillissantes accueillent en grinçant des habitués du café.</p>
<p>Quatre générations de limonadiers s'y sont succédés, servant grenadines, petits noirs, ou ballons de vin bon marché que venaient siroter les paysans et les villageois d'à côté.</p>
<p>Les temps ont bien changé, les champs ont un peu rétréci au profit de constructions disparates : au fil des années, des citadins enclins au retour à la terre se sont entichés de nature, trouvant l'odeur du lisier préférable à celle des pollutions urbaines... Quelques chalets côtoient des maisons mêlant le béton aux bardages de bois, donnant au coteau des allures de montagne. Tout autour de petits jardins rivalisent de ramées de haricots verts en rangées de laitues qu'on cerne d'anti-limaces bleu pétrole... Patates, tomates, choux, poireaux ou groseilliers fardent la campagne au fil des saisons. Les balcons se colorent de géraniums ou de pétunias qu'on arrose d'engrais, les massifs de zinnias débordent des grillages, les rosiers s'accrochent aux façades et frisent l'obésité, la forêt devient timide et grimpe un peu plus haut...</p>
<p>Un anneau de fonte ancré sur le côté du porche évoque les montures et les chariots qu'on y retenait le temps d'un verre ou d'un café, la porte de bois sombre reste ouverte toute la journée comme une invite supplémentaire à s'arrêter. Mais peu de chalands passent encore sur l'étroit ruban d'asphalte qui peine  parfois à ne pas redevenir un chemin.</p>
<p>Les gens ont autant changé que le paysage, ils fuient la ville mais ne cherchent guère à découvrir la campagne, et s'il leur arrive de croiser un de ces petits bistrots vieillots et plein de charme, ils leurs préfèrent hélas les brasseries sans âme qui, plus bas, éclairent la plaine de néons blafards et tremblotants... Les anciens ne hantent plus guère que les albums de photos noires et blanches ou les cadres posés sur le coin des<strong> </strong>vaisseliers dont leur descendance meuble de tristes appartements de banlieue ... <span id="more-773"></span></p>
<p>Alors, pour qu' un moment encore perdurent les tables en formica colorées, notre ami a aménagé pour ses parents un petit logement qui colle à  la grange. Quelques fins de semaines dans l'année ils ouvrent le bar aux randonneurs assoiffés, accueillant les agriculteurs rescapés sur le coin du zinc de fer blanc, ou renseignant d'un sourire les vacanciers égarés... Il avait , ce soir là, convié l' un de ses amis musiciens qui tentât de retenir les clients au gré d'accords de guitare posés sur les paroles éraflées de chansons populaires... Une tablée de voisins reprenait en choeur les ritournelles entre deux gorgée de bière ou de sirop d'orgeat, les enfants excités gambadaient dans tous les sens et s'entrainaient à danser en  rondes effrénées tandis que leurs parents avaient noyé toute autorité dans la moiteur de l'été...</p>
<p>Un gamin du coin enterrait sa vie de garçon sous une perruque rousse qui lui donnait l' allure d'un<strong> </strong>Tabarin, un petit cercueil d'opérette sous le bras il se laissait complaisamment moquer par ses compagnons de beuverie, sans doute lui fallait-il boire plus que de raison pour oublier un avenir qu'on lui voyait d'avance tout tracé...</p>
<p>L' odeur fade du tabac froid se mêlait à l'arôme du café fumant, l'effluve sucré d'un bouquet nous ravissait au hasard d'un tour de danse...</p>
<p>Une fois les lieux désertés par les clients d'occasion, nous avons rapproché quelques tables pour nous y installer et partager quiches au lard, pâtés lorrains et tartes aux fruits, arrosant nos modestes agapes de vins d'été.</p>
<p>Aux murs des miroirs de réclames nous vantaient des apéritifs à grand renfort de pin-up décolorées, des affiches annonçaient des bals ou des fêtes obsolètes, un portemanteau dont les branches étaient surmontées de boules rouges, jaunes et vertes côtoyait un juke-box aux touches noircies à force d'avoir trop été choisies ; ça et là  on avait accroché des plaques de métal qui faisaient office de publicité pour des boissons alcoolisées, des cendriers cabossés et brûlés par les mégots étaient dispersés sur le tables, quelques verres sales restant à débarrasser, finissaient de brunir les sous-bocks en carton.</p>
<p>A l'arrière du comptoir les tarifs affichés depuis quelques décennies  auraient ruiné le cafetier d'aujourd'hui...</p>
<p>Sur la terrasse baignée d'une fraîcheur nocturne  montait le ronronnement chaleureux de nos conversations entrecoupé de rires et d'éclats de voix, la nuit doucement s'appropriait les lieux, habillant les fenêtres d'un pâle halo lumineux dans l'obscurité naissante de cette soirée de Juillet.</p>
<p>Bientôt le silence grignota la pièce et nous rendit empruntés et muets, les assiettes furent ramassées et les verres vides portés jusqu'au petit office, nos aimables hôtes protestèrent à l'idée qu'on veuillent les aider davantage au débarras ou à la plonge de la vaisselle... Et puis ce fut comme si l'estaminet réclamait enfin le calme qui depuis des lustres était son ordinaire, notre présence  devenait  inopportune, le temps se fatigue à vouloir embrasser trop d'années à la fois...</p>
<p>Et c'est en  jetant un dernier regard sur sa jolie façade que nous avons aperçu le couvercle de bois rond qui lui servait d'enseigne. Quelques lettres blanches écrites du bout d'un pinceau précisaient tout simplement que nous venions de passer un bien agréable moment  "Chez Jules"...</p>
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		<title>Les trottoirs</title>
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		<pubDate>Thu, 18 Jun 2009 10:26:16 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet Avez-vous déjà prêté attention aux trottoirs ? Ils cheminent à la ville comme à la campagne. Ils sont de bonne composition, s'adaptant au tracé des rues ainsi qu'à la construction des immeubles et des maisons. Chez moi, il arrive par endroits, qu'après s'être allongé un bon moment, ils se redressent, comme soulevés par de [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Avez-vous déjà prêté attention aux trottoirs ?</p>
<p>Ils cheminent à la ville comme à la campagne.</p>
<p>Ils sont de bonne composition, s'adaptant au tracé des rues ainsi qu'à la construction des immeubles et des maisons.</p>
<p>Chez moi, il arrive par endroits, qu'après s'être allongé un bon moment, ils se redressent, comme soulevés par de petits hoquets, pour s'étrangler d'une arête de mur envahissant brutalement leur chemin !</p>
<p>Il faut dire qu'à la campagne ils ont déjà bien du mérite à s'installer !<span id="more-226"></span></p>
<p>Les routes elles-mêmes sont souvent cabossées, leur macadam de goudron éclaté, les graviers mal étalés. Ils doivent composer. Leurs bordures contournent, gravissent, s'estompent, se reforment plus loin, et je n'ose vous conter le dur labeur des caniveaux, qui, à leurs côtés, font tout ce qu'ils peuvent pour suivre le plus fidèlement possible l'itinéraire imposé ! Ils charrient eaux usées, pailles échappées d'une charrette, boues et autres curiosités dont la campagne a le secret...</p>
<p>Citadins, les trottoirs sont souvent plus larges, et bien bitumés. Les piétons ont plus d'espace pour s'y croiser.</p>
<p>Parfois,  ils sont "aménagés", on y pose ça et là, un petit massif de fleurs approprié à la saison, ailleurs on plante un arbre, qui pour quelques années ombragera poliment, puis manquant d'espace soulèvera l'asphalte et le craquellera... Et qui croyez-vous gagnera ? Pas l'arbre, en tous cas, qu'on coupera, car d'avoir des racines il se sera rendu coupable ! Le trottoir, lui, n'en a pas, il a bien compris que pour survivre en ville, il faut être libre d'attaches, égoïste, et privilégier ses intérêts...<!--more--></p>
<p>Ceci dit, il faut aussi comprendre que nos trottoirs n'ont pas toujours la vie facile ! Ils sont piétinés du matin au soir par des souliers pas souvent cirés et quelquefois crottés ! Et grêlés d'une acnée d'empreintes de talons aiguilles...</p>
<p>Et qui d'entre nous n'a pas eu le coeur soulevé à la vue d'un crachat évité de peu... Le trottoir en tous cas, en est éclaboussé sans pouvoir s'en protéger... Que cherchent donc à prouver ces cracheurs d'irrespect ?...</p>
<p>C'est aussi que les villageois, comme les citadins, ont des chiens... Et qu'ils ne s'embarrassent pas de l'endroit où leurs compagnons se soulagent... Remarquez qu'eux-mêmes, trop paresseux, n'ont parfois pas la décence de recourir aux sanisettes... Face au mur, comme au piquet qu'ils mériteraient, ils pissent ! Humiliés, nos trottoirs n'ont plus qu'à espérer une pluie salvatrice, ou le jet d'eau purificateur dont les employés municipaux finiront bien par les doucher, comme chaque matin, avant que tous les pisseurs ne soient même réveillés !<!--more--></p>
<p>Les caniveaux, ont à la ville leurs propres misères.</p>
<p>Ils recueillent l'eau de pluie, mais aussi celle qui ruisselle quand on fait la toilette de leurs compères trottoirs, les paquets de cigarettes et les mégots que la chaussée leur renvoie, quand l'automobiliste, vitre baissée, ne trouve plus son cendrier... Des mouchoirs en papier usagés, des publicités mal arrimées sur les pare-brise des voitures stationnées, ou encore quelque contravention rageusement  arrachées des essuie-glaces...</p>
<p>L'aviez-vous remarqué ? Même nos pays dit "civilisés" ont une propreté qui laisse à désirer !</p>
<p>Il faudrait que tous autant que nous sommes, nous ayons dû marcher dans la gadoue des chemins de terre et nous enfoncer dans la boue des ornières, pour qu'à la vue d'un trottoir nous nous sentions envahis d'une grande tendresse, et qu'enfin nous en prenions le plus grand soin !</p>
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