Mot à  Mo J'aime les mots et écrire, même maladroitement

21nov/100

Mes bottes en caoutchouc…

Voilà que les bottes en caoutchouc sont à la mode... L'usage des dites bottes peut être certes, envisagé pour la pluie, mais pas forcément, un ciel gris suffit...

Alors n'allez pas imaginer ces bottes en caoutchouc vertes, rouges ou bleu marine que nos mères nous faisaient chausser dès qu'une averse s'annonçait, ni celles qu'on enfilait dès qu'une flaque de boue se profilait... Non, les bottes en caoutchouc d'aujourd'hui sont bien plus jolies ! Elles sont de toutes les couleurs, avec des motifs variés, tels que l'écossais, les petit pois ou les coccinelles, les rayures, les drapeaux anglais, ou mille dessins auxquels vous n'auriez pas pensé... A la première occasion je m'en suis offert comme on s'achète quelque chose dont on a pas vraiment besoin, un paquet de cacahuettes, un bibelot ou un ènième tee-shirt blanc à tout petits boutons...

Les miennes sont toutes noires, avec des allures de bottes de ville, mais elles sont douillettes car doublée d'une fausse fourrure toute aussi sombre, qui se retourne en un revers élégant à hauteur du genou... J'ai pensé qu'elles me seraient fort utiles au plus fort de l' hiver, et qu'ainsi je ne salirais plus mes fragiles bottes de cuir, un coup d'éponge, et hop, celles là seraient aussitôt  luisantes, comme neuves !!!

Mais je voulais moins vous parler de mes bottes que de l'effet qu'elles m'ont fait alors que déjà le froid s'installe et que les nuages ont souvent la couleur de l'ardoise...  A l'approche d'un âge que l'on pourrait penser raisonnable, me voici d'humeur enfantine : j'enfile mes bottes avec le sourire espiègle d'une gamine, à peine les ai-je chaussé qu'il m'est urgent de sortir dans le  jardin rien que pour le plaisir de marcher dans l'herbe humide sans ne plus rien en craindre. J'attrappe aussitôt une démarche champêtre, oubliant celle citadine que me donnent mes chaussures à talons, bref, je patauge avec déléctation... M'aventurant plus avant dans la rue,  je pars avidemment à la recherche des flaques d'eau,  je me surprend à surveiller le ciel  et à me réjouir de voir se dessiner autant de nuages et de gouttes de pluie sur ma région, bref, j'embrasserais bien Monsieur Météo dès qu'il annonce du mauvais temps !... Je patauge, j'éclabousse, mes bottes en caoutchouc ruisellent, en un mot, ces bottes là me sont une vraie fontaine de jouvence  !

Bon, souvenez-vous,  je vous parlais l'autre jour de deux ou trois choses que je n'aimais pas, et je vous promettais bien d'autres sujets de mécontentement, cette fois, constatez qu'avec ces bottes en caoutchouc là je n'ai plus rien d'une" pisse-vinaigre"...

7jan/100

Il neige…

Le jardin avait perdu sa rousseur sous les vents pluvieux de Novembre. Les feuilles qui tapissaient le sol avaient pris les couleurs de la terre mouillée. L'air humide enrobait la nature d'une moisissure noirâtre qui s'enlisait tristement dans un hiver aux douceurs surprenantes.

Mais cet après-midi il s'est mis à neiger.

28août/090

1949 – 2005

Les cimetières avaient un autre air avant toi.

Je ne les détestais pas, m'y promener ne me dérangeait pas plus que ça. J'y trouvais même comme un apaisement. Silencieux par essence et pourtant bruissants de toutes parts ;  le feuillage des arbres bercé par la brise, mouillé sous l'averse, le pépiement des oiseaux... Souvent posés aux abords d'un village ou d'une ville, recueillant les effluves sonores de la vie qui plus loin s'agite encore... Résonnants de la mémoire de tous ceux qui, contraints, l'habitent pour longtemps... Témoins de tant de chagrins et pourtant semblants sereins sous l'alignement des granits et le tracé des allées...

Non, ils ne m'ennuyaient pas plus que ça.

Voilà maintenant que tu en habites un... J'ai aujourd'hui une douloureuse raison de m'y rendre.

Depuis des mois j'y vais très souvent. Peut-être espérant y retrouver une trace de toi, y sentir ta présence alors que partout ailleurs tu t'obstines à t'en aller... Mais plus j'y vais plus je reste persuadée que ce n'est pas là que tu es. Non, tout ce silence, ce ne peut être toi. Cette tombe ne me rapproche pas de toi... Il faut que mes yeux heurtent les lettres de bronze qui écrivent ton  nom pour qu'un instant seulement je réalise que c'est bien toi qui est là. Mais tout aussitôt l'angoisse de ton absence s'éteint, car ce n'est pas ici que j'ai du chagrin.

Il avait tant neigé ces jours là qu'on ne distinguait plus les allées et à peine les tombes. Du revers de la main j'ai balayé l'épaisse couche cotonneuse qui recouvrait la tienne. Comme pour que tu puisses mieux respirer... La rose blanche que j'avais posée sur la pierre avait pris des couleurs de terre. J'ai renoncé à découvrir davantage ta nouvelle adresse. Cette neige tombée fraîchement te faisait un édredon de flocons et je me suis bêtement dit qu'il te tiendrait chaud...

Quelques jours plus tard, revenant sur mes pas, la neige avait fondu. Ne restaient que ces gouttes d'eau qui telles des larmes glissaient en silence sur le granit vert. Un timide soleil d'hiver s'évertuait à les sécher sans y parvenir. La douceur de l'air se voulait comme une tendre consolation. J'ai eu pour un instant l' impression que mieux que les humains la nature comprenait mon chagrin...

A Bernard,

Le 28 Août 2009 - Quatre ans -