Mot à  Mo J'aime les mots et écrire, même maladroitement

30jan/100

60 ans…

27 Novembre 2009

Soixante ans... C'est l'âge que tu aurais aujourd'hui...

Combien sont-ils ceux qui peuvent les fêter en regardant paisiblement en arrière sans rien regretter ?

Combien contemplent leur passé avec indulgence et par la pensée refont le chemin à l'envers sans avoir ni remords ni mélancolie ?

Toutes ces années  pour construire un présent serein ?...

Ne pas se sentir vieux pourtant, avoir d'autres projets encore, et plus facilement se laisser aller à des rêves insensés puisque c'est maintenant qu'il faut les réaliser avant de n'en garder que des regrets.

Jamais tu ne seras sexagénaire...

31déc/080

A Nicolas – Mai 2008

Depuis des mois déjà  tu le regardais d'une autre façon, tellement plus intensément...
Tu gravais dans ton coeur chacun de ses gestes,  tu photographiais les expressions qui lui étaient familières,
Tu as au creux de l'oreille le son de sa voix, cette façon qu'il avait de rire, et toutes ces choses que vous aviez encore à  vous dire...

Tu as dessiné son corps au crayon noir du chagrin que tu voyais avec effroi s'approcher de toi,
Jusqu'au bout tu l'as porté, à  force d'espoir et de rage de ne pas trouver comment le garder,
Désormais tu es certain de ne plus avoir le même avenir,
Tu penses à  tous ces jours où il faudra faire semblant de supporter son absence, alors que personne ne se doutera des larmes qui coulent en toi,

30déc/080

Un arbre m’a parlé d’eux…

Il se tenait là , tout penché, comme le vent l'y avait contraint à  force de tant d'années passées  à  s'en protéger, enraciné aussi profond qu'il le pouvait, comme agrippé à  ce peu de terre qui restait sur cette piste gelée plus qu'enneigée.

J'avais glissé.

Alors que je pensais toucher le sol, une de ses branches épuisée m'a retenue et tout en me redressant j'ai trouvé appui sur son tronc tout tordu.

Reprenant doucement mon souffle, je l'ai regardé. Il semblait tout content que je ne sois pas tombée. Sous mes doigts engourdis j'ai senti une chaleur bienvenue, la douceur de son habit moussu avait rendu la chute légère. Je suis restée un moment appuyée contre lui, j'ai pris le temps de faire sa connaissance, mes mains l'ont caressé tendrement, j'ai bien entendu qu'il me parlait...

Il me disait qu'il se souvenait, que la bise n'avait rien effacé, que le froid n'avait rien entamé, que je pouvais y penser sans pleurer, que là -bas sur le bord du chemin où ils aimaient marcher, une brume les protégeait, que partout où nous étions allés, je les retrouverai, pour peu que j'accepte d'ouvrir grand mon coeur aux petits bonheurs qui, chaque jours sans eux continuent à  donner à  ma vie un parfum d'avenir...

A regret j'ai dû le quitter, continuer mon chemin escarpé, mais l'avoir rencontré m'avait fait du bien. Rouge-Gazon gardera à  jamais au creux de ses vallons leurs silhouettes effacées, je pourrai y revenir sans trop de chagrin, puisque, un peu plus haut là -bas, un arbre s'en souvient comme moi.

A Bernard et Jean-Paul