Mot à  Mo J'aime les mots et écrire, même maladroitement

9déc/100

Méchants…

Le regard vous accroche comme une ronce...

Vous n'y accordez pas d' importance, l'arcade alors se fronce...

L'oeil se fait épingle, sa noirceur n'y suffit pas, il glisse sur l'objet de son impatience et cherche desespérement quel pretexte invoquer pour assouvir son agressivité...

La volonté de nuire des méchants n'est jamais prise en défaut d'imagination...

L'oeil scrute la cause de son ressentiment, s'ingénie à deviner la faille, s'agace davantage à ne pas la trouver et finit par l'inventer...

L'impassabilité de l'adversaire, car c'est ainsi qu'il vous considère d'emblée, le rend, s'il est possible, plus acariâtre encore !

Que faire ? Il est parfois amusant d'observer un méchant ainsi s'épuiser à dénicher de quoi combler son aigreur ! On le voit ainsi gaspiller son energie à fouiller les méandres de sa perfidie, à gratter des rognures de cruauté, et à bout d'arguments malveillants, s'effondrer en un magma de bile et d'amertume...

Juste le temps d'y puiser quelques tessons de calomnie, quelques chicots de rosserie... Sa bêtise crasse lui est si familière qu'il en oublie combien sa méchanceté se dessine chaque jour davantage sur son visage et l' isole un peu plus encore de ceux qu'ils se met à détester de plus belle !

On me dit que souvent les méchants sont plus à plaindre qu'à blâmer ?... Pour quelle sotte raison faudrait-il leurs pardonner d'être blessants sous pretexte qu'ils nous reprochent d'être ce qu'ils ne sont plus ou n'ont jamais été, ou parce qu'ils ont perdu ce que nous possédons ?  Conséquemment,  pour en avoir hélas, parfois croisé,  il me semble évident qu'il est vain d'essayer de composer avec ces malfaisants, le bon sens et le discernement n'ont aucune réalité dans leur banale médiocrité, la jalousie attise leur hargne et obscurcissent leur esprit. Et si l'on vous conseille de faire montre de distance et d'intelligence pour ne pas en souffrir, contentez-vous d' éviter ces insignifiants personnages, il en existent tant d'autres qui enchanteraient votre vie !..

3déc/090

Divorce…

Sa bouche dégouline d'aigreur et ses lèvres se crispent en un sourire vengeur tandis qu'elle me conte son malheur.

Son mari l'a quitté ! Après trente huit ans de mariage !

Et bien, ai-je pensé, il lui en aura fallu du temps pour se décider !

Elle martèle rageuse qu'elle le saignera à blanc !

Mon Dieu ! Moi qui pensait qu'on ne saignait que les cochons !...

Elle a aussitôt vidé tout ce que leurs coffres comprenaient d'euros accumulés, et replacé ailleurs de quoi survivre décemment à cette trahison ! Sous prétexte de trop travailler et de n'en avoir pas le temps, il l'avait depuis toujours laissé tout gérer, si bien qu'en la quittant il ne saura jamais de combien elle l'aura volé !...

Car s'il est parti, bien sûr, c'est "avec une autre". Qui, parait-il, n'est ni plus jeune ni plus belle... L'imbécile !

Comme si l'amour s'encombrait de compter les rides ou les années comme elle comptait chaque sou qu'il gagnait ! Elle parle sans s'arrêter de crainte d'oublier quelque méchanceté qui resterait coincée entre deux dents à pivot, lève le menton pour insister sur la ténacité qu'elle mettra à le briser.

Pauvre homme ! Devant telle rombière engoncée dans son manteau de laine, le cou serré d'un collier de perles aussi jaunes que son teint tout plissé, les doigts engourdis de trop de diamants sertis, on comprend qu'il ait pu préférer d'autres draps, fussent-ils aussi jolis !...

Elle qui racontait qu'à leur âge l'ennui les cernait, au moins la voilà occupée pour quelques années à lui faire payer cher l'envie d'aller butiner ailleurs !

Elle croit achever sa triste besogne en l'accablant d'une impuissance qu'elle avait depuis longtemps constaté...

Ouf ! Notre homme a donc retrouvé sa virilité... Son allure de mégère ne comblait plus ses fantasmes. Viagra ne peut tout remplacer !

Elle me quitte satisfaite d'avoir une fois de plus déversé sa haine et son mépris. Tournant les talons qu'elle a plats, elle ne cherche surtout pas à savoir si ma vie est jolie, fuyant l'idée que le bonheur ne se raconte pas...

Je m'en vais sereine sur mes escarpins, ses médisances et sa méchanceté l'ont finalement rattrapée...

5nov/090

Médiocrité…

Ou comment certains se réapproprient l'histoire afin d'éviter d'avoir trop d'état d'âme...

L'originale n'étant pas très flatteuse à leur égard, il leur apparaît sans doute plus simple de l'écrire d'une autre manière, d'y ajouter ça et là quelques touches personnelles qui la rende crédible par quiconque n'a pas entendu la première. Puis le temps passant, à force de chercher à en convaincre les autres, l' invention leur paraît tellement plus plausible que la version avérée que ces menteurs finissent par eux-mêmes y croire, s'offusquant à l'idée que leur interprétation puisse être contredite !

Si certains sujets n'étaient pas si graves, si certains chagrins n'étaient pas si lourds, on pourrait sourire de cette  facilité choisie pour s'éviter d'avoir des remords...

 Hélas, certaines histoires ne supportent pas le plagiat, d'autant qu'il n'a rien de ludique mais qu'il n'est qu'une imposture !

Ces gens là en oublient leur devoir de mémoire puisqu'ils le travestissent pour s'y vautrer plus confortablement...

Faute d'avoir le cran de se regarder dans une glace, ils préfèrent se voiler la face et en vouloir à ceux qui les ont mis devant leur médiocrité. Bêtise et méchanceté vont le plus souvent de paire, les dissocier relève de l'utopie.

S'il est souvent impossible de rester de marbre devant leurs mensonges, chercher à les confondre est vain...

Si par malheur il doit encore m'arriver de croiser de ces médisants plein d'aigreur, d'avance je me fais la promesse de ne plus jamais perdre d'énergie à rétablir une vérité qu'ils n'ont pas le courage d'affronter.

Alors, si en lisant ces lignes vous vous sentez visés, relisez les si vous avez un doute, mais je vous confirme que c'est bien de vous dont je me suis inspirée, et soyez certains que depuis longtemps déjà je vous ai oublié !...