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	<title>Mot à  Mo &#187; Absence</title>
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		<title>365 jours et des poussières&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Feb 2011 21:48:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet Rose, je pense à toi. Souvent. Je crois t'apercevoir encore, parfois au détour d'une rue. Une blondeur, que sais-je, une silhouette qui s'efface dès qu'on l'attrape du bout des yeux... Je ne pleure plus. Ou alors parce que les photos... Et si, en plus, une musique... Un abysse. Un vertige. Toi, lui, eux, tous [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Rose, je pense à toi.</p>
<p>Souvent.</p>
<p>Je crois t'apercevoir encore, parfois au détour d'une rue. Une blondeur, que sais-je, une silhouette qui s'efface dès qu'on l'attrape du bout des yeux...</p>
<p>Je ne pleure plus. Ou alors parce que les photos... Et si, en plus, une musique... Un abysse. Un vertige.</p>
<p>Toi, lui, eux, tous ces visages sur papier glacé qui ne sont plus d'ici... Comme si la pellicule avait saisi avant nous votre regard déjà en quête d'un ailleurs... Ça me fait peur, ce vide, cet espace entre vous et moi, infranchissable, cette distance qui s'installe, comme si en nous quittant vous aviez perdu votre humanité pour mieux vous éloigner.</p>
<p>C'est ça. Vous éloigner. Vous êtes loin, je ne sais où, dans le temps et dans l'espace. Vous n'êtes plus, tout simplement. Vous n'êtes plus qu'une question sans réponse, un silence.</p>
<p>Vous me manquez, là, maintenant, et peut-être aussi quand je suis très occupée, ou très gaie. Vous me manquez. Quand au beau milieu du bruit et de l'agitation soudain je suis immobile même si pour tous les autres je continue d'avancer. Je suis immobile. Comme si cette immobilité pouvait un instant me rapprocher de vous, de votre monde. Je m'applique à vous ressusciter en silence, en vain... Mais je m'applique, je fais des paris fous, je promets l'intenable, je fais du chantage, pour qu'une seconde au moins vous soyez encore là... En vain... Alors je me remets à bouger, comme les autres, je fais semblant de vous ignorer, et, ne doutez pas de mon chagrin, mais j'y parviens...</p>
<p>Vous me manquez, parce que mes jours se multiplient tandis que les vôtres me sont retranchés.</p>
<p>Parce que c'est invraisemblable que vous ayez existé, et que vous ne soyez plus. Je commence des phrases qui ne s'adressent qu'à vous, je ne les termine jamais, elles se délitent dans l'absence... Vous ne répondrez plus.</p>
<p>La douce fraîcheur d'une brise ou le froid qui m'entame, un rayon qui perce la grisaille, un bruit familier, une musique nostalgique, et je pense à vous, je vous sens, si fort, si vrais qu'un instant vous n'êtes pas davantage là, mais plus si loin,  un sourire narquois ou tendre porté sur ma solitude de survivante...</p>
<p>A Rose,  à Bernard, à mon Papa, et à Jean-Paul. A Christian aussi, Marie-Anne, Nadou, Corinne, mes amis disparus... Et tous ceux qui sont partis avant eux...</p>
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		<title>L&#8217;absent&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 25 Jul 2010 12:43:30 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet La journée enfin s'épuise dans la cacophonie métro-Babel qui t'engloutit, anesthésiant ta lassitude dans les tressauts du wagon sur les rails grinçants. Tu t'abandonnes aux secousses de la rame, morne berceuse d'une après-midi d'octobre. Le front plissé et les yeux mi-clos tu ne vois plus l'enfilade des quais bondés d'une foule grise. Tes pensées [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>La journée enfin s'épuise dans la cacophonie métro-Babel qui t'engloutit, anesthésiant ta lassitude dans les tressauts du wagon sur les rails grinçants. Tu t'abandonnes aux secousses de la rame, morne berceuse d'une après-midi d'octobre.</p>
<p>Le front plissé et les yeux mi-clos tu ne vois plus l'enfilade des quais bondés d'une foule grise. Tes pensées sont ailleurs, loin de cet avaloir de saleté et de poussière grasse, peut-être à des années d'ici quand "Il" était encore là, l'espace de quelques stations, le Temps s'est effacé...</p>
<p>La douleur lancinante de son absence resurgit ce soir alors qu'un chiffon d'éther l'avait doucement mis en sommeil ces dernières années... Pourtant les jours avaient parus si longs quand il s'en était allé, comme si l'avenir sans lui se faisait prier pour exister...<span id="more-331"></span></p>
<p>Un abominable chagrin où la colère s'était installée comme une ultime parade à l'inéluctable, rempart dérisoire pour endiguer cette récurrente injustice qui s'obstine à nous priver de ceux qu'on aime. Cette incompréhension pour toute réponse stérile à nos interrogations. Pourquoi "Lui" tandis que tant d'autres nous indiffèrent et sont toujours en vie ?...</p>
<p>Écouter d'abord s'égrener les heures comme autant de tocsins martelés sur la fonte de nos âmes endeuillées, puis faire du Temps un ami et bientôt négliger de les compter. Pleurer moins à force de se convaincre qu'il ne s'agit que d'un chagrin provisoire, que viendra un matin où tout sera "comme avant". Finir par y croire et souffrir davantage quand la raison nous rattrape.</p>
<p>Se prendre alors de vertige en contemplant l'abîme creusé par cette curieuse absence qu'on n'ose pas nommer... L'échappée n'est plus si belle mais mortelle et rompt sournoisement un dialogue qui, s'il n'existait guère de son vivant, semble maintenant nous manquer... Il faut se résoudre à n'avoir que trop parlé ou pas assez...</p>
<p>Une chape est tombée, à quoi bon faire tourner nos tables ? Le bois en craquera de dépit de ne trouver personne sous la chaleur de nos doigts...</p>
<p>Un passant parfois emprunte sa silhouette flattant nos espoirs les plus fous... Se retenir de courir car bientôt l'image se floute dessinant un inconnu que l'on maudira de n'être pas "Lui".</p>
<p>En parler souvent au Passé avec cette indulgence qu'on ne prête qu' à ceux qui sont morts, lui attribuer des mots qu'il n'aurait pas manqué de dire, réentendre sa voix au détour d'une expression, et le gratifier de qualités qu'il n'avait peut-être pas, s'en souvenir autrement qu'il n'était vraiment, imaginer qu'il sourit de notre pauvre condition terrestre tandis qu'il s'épanouit dans un ailleurs que nous fabriquons à la mesure de nos émotions...</p>
<p>Regarder toutes ces photos qui semblent prises pour l'éternité, y retrouver son sourire malicieux dont il parait aujourd'hui nous narguer et parfois y découvrir un regard qui semble déjà voir bien au-delà de nous...</p>
<p>Trouver ce jour plus lourd que tous les autres, ne pas aimer voir vieillir ce chagrin, se reprocher de ne plus y penser si souvent ou de rire encore alors qu'il n'est plus là.</p>
<p>Enfin sentir combien il nous manque, avec tout ce bonheur qu'on ne sait plus comment partager, et cette chaise désespérément vide où personne n'ose plus jamais s'asseoir...</p>
<p>A Jean-Paul et tous ceux qui inéxorablement nous quittent...</p>
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		<title>Rosemary&#8230;</title>
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		<pubDate>Sun, 07 Feb 2010 16:25:34 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet Dimanche 07 février 2010. Il est un peu plus de midi. Le ciel est aussi lourd que je le suis d'un chagrin de plus. Le cimetière est aussi désert qu'il puisse l'être à cette heure d'un dimanche de février. Des maisons alentours ne parvient aucune résonnance. Les façades ici semblent avoir pris le deuil [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Dimanche 07 février 2010.</p>
<p>Il est un peu plus de midi. Le ciel est aussi lourd que je le suis d'un chagrin de plus.</p>
<p>Le cimetière est aussi désert qu'il puisse l'être à cette heure d'un dimanche de février. Des maisons alentours ne parvient aucune résonnance. Les façades ici semblent avoir pris le deuil pour toujours. La neige l'aurait allégé de cette lassitude brumeuse et humide, mais elle a fondu en larmes qui mêlées aux nôtres laissent les allées de graviers creusées de ravines et de flaques d'eau grises.</p>
<p>Qui n'en connaîtrait pas le chemin le trouverait aisément en ramassant les pétales de fleurs qui jonchent le passage où il y a seulement quelques heures les plus proches des tiens t'accompagnaient silencieux et accablés jusqu'à la tombe familiale.</p>
<p>Ce matin, une cascade de fraicheur recouvre pudiquement la pierre. On ne peut plus lire les noms de ceux qui reposent avant toi sous la lourde dalle tant les bouquets et les gerbes se bousculent dans un pastel de glaïeuls, de gerbéras, de roses et de tulipes mêlées de verdures sensées resister plus longtemps à la froidure. N'émerge de cette brassée flamboyante qu'un prénom aux dorures délavées, celui de ton gamin foudroyé auquel tu n'auras survécu que parce qu'il le fallait bien, jusqu'à ce qu'épuisée de t'en convaincre, tu ne préfères le rejoindre...</p>
<p>J'ai eu peine à m'endormir hier soir, imaginant la nuit envelopper ta tombe de sa mantille noire. Malheureuse de ne savoir t'éviter cette définitive solitude, privée de la lumière des jours, de la blancheur des lunes et de nos quatre saisons. Pas un arbre, pas un buisson où quelque moineau courageux pourrait venir se percher à meilleure embellie... J'ai peine à te savoir immobile à jamais sous cette pesanteur, toi à la blondeur si fragile...</p>
<p>Ce cimetière sans âme qu'un souffle puissant balaye comme pour en chasser la pauvre chaleur que nous tentons de te conserver...</p>
<p>Je ne participe pas à la gabegie de phrases de circonstance, je ne sais si la mort soulage les uns d'une vie que la souffrance rend intolérable, les autres de l'impuisssance qu'ils éprouvent à ne pas avoir réussi à vous la rendre à nouveau supportable...</p>
<p>Je ne sais si tu es mieux sous ce masque de cire dont le dernier soupir accable, je ne sais rien qui puisse m'apaiser, je ne veux surtout rien pour toi de ces banalités faites pour rassurer ceux qui restent, je leurs préfère mes souvenirs et le silence, la retraite et l'intimité de mon chagrin.</p>
<p>Il me faudra du temps...</p>
<p>Je voudrais pour toi des mots légers qui rendraient ton départ moins insupportable, mais s'ils existent ils ne viendront que plus tard, quand j'aurai pris la détestable habitude de ne plus espérer t'apercevoir au coin d'une rue, quand je comprendrai réellement pourquoi tu es aux abonnées absentes et que j'aurai le courage d'admettre qu'une part de moi t'a manqué...</p>
<p>Je ne garde pour ce soir que la fine pluie qui perle tes bouquets, que le ciel assorti à la couleur de ma peine, que la lourdeur de cette sépulture qui ne te ressemble pas, je ne retiens ce soir que la lenteur de ton premier jour à l'ombre de ta vie...</p>
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		<title>Angoisse&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 02 Dec 2009 21:47:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet J'ai peur... De nommer cette pesanteur qui me donne un regard acéré sur tout ce qui m'entoure... De ces moments de bonheurs qui m'apparaissent si fragiles et pourraient disparaître d'un coup de baguette maléfique... J'ai peur de ces ombres qui se sont emparé de mon sein, de ces grains de sables qui empierrent ma [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>J'ai peur...</p>
<p>De nommer cette pesanteur qui me donne un regard acéré sur tout ce qui m'entoure...</p>
<p>De ces moments de bonheurs qui m'apparaissent si fragiles et pourraient disparaître d'un coup de baguette maléfique...</p>
<p>J'ai peur de ces ombres qui se sont emparé de mon sein, de ces grains de sables qui empierrent ma chair, j'ai peur de cette fouille qu'on m'annonce et de cette attente qui pèsera lourd...</p>
<p>J'ai peur de ces hommes de sciences trop plein de compassion, de cette gentillesse dont on m'entoure, de ces rassurances qui m'inquiètent et de toutes ces choses que bizarrement j'ai tenu à mettre à jour il y a peu de temps...</p>
<p>J'ai peur de ces miroirs qui se fracassent, de ce Vendredi 13 que j'ai osé défier, j'ai peur de tout ce qui jusqu'ici me faisait éclater de rire...</p>
<p>J'ai peur de tout ce que mon corps à mon insu fabrique, j'ai peur de cette alchimie sournoise et de cette douleur silencieuse...</p>
<p>Mon corps m'échappe et se travesti, quel est ce Carnaval où je suis conviée sans que je puisse me désister ?</p>
<p>Je scrute ce sein déjà balafré qui fait l'innocent et ne montre aucun signe de démission... Il semble me narguer et me pousser dans mes retranchements, les années passant j'avais oublié qu'il n'était qu'en rémission...</p>
<p>Huit années de soulagement balayées par une photo noir et blanc ratée, il va encore falloir poser de côté et sourire en se retenant de respirer...</p>
<p>J'ai peur de cette vrille qui m'entamera et qui la nuit me tient parfois éveillée...</p>
<p>J'ai peur de la souffrance, j'ai peur d'être douillette et de n'être qu'une trouillarde !</p>
<p>Je me désagrège en imaginant l'angoisse qui étreindrait mes enfants, j'ai peur de leur peur et de leur courage s'ils avaient à me porter...</p>
<p>Je cherche ce treillis qui camouflerait cette possible absence, et quelle héroïque posture imaginer pour soutenir le regard de l'homme que je veux tant séduire sans les attraits de ma féminité ?...</p>
<p>J'ai peur de ce que la maladie ferait de moi, peur du peu de force qu'il me reste pour l'affronter et lui tenir tête, peur ne pas être assez orgueilleuse pour me battre sans pleurnicher...</p>
<p>Je n'ai rien encore, et je serai peut-être indemne dans quelques semaines, indemne d'un cancer sans doute, mais pas indemne de ma peur irraisonnée et irraisonnable...</p>
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		<title>1949 &#8211; 2005</title>
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		<pubDate>Fri, 28 Aug 2009 07:15:08 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet Les cimetières avaient un autre air avant toi. Je ne les détestais pas, m'y promener ne me dérangeait pas plus que ça. J'y trouvais même comme un apaisement. Silencieux par essence et pourtant bruissants de toutes parts ;  le feuillage des arbres bercé par la brise, mouillé sous l'averse, le pépiement des oiseaux... Souvent posés [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Les cimetières avaient un autre air avant toi.</p>
<p>Je ne les détestais pas, m'y promener ne me dérangeait pas plus que ça. J'y trouvais même comme un apaisement. Silencieux par essence et pourtant bruissants de toutes parts ;  le feuillage des arbres bercé par la brise, mouillé sous l'averse, le pépiement des oiseaux... Souvent posés aux abords d'un village ou d'une ville, recueillant les effluves sonores de la vie qui plus loin s'agite encore... Résonnants de la mémoire de tous ceux qui, contraints, l'habitent pour longtemps... Témoins de tant de chagrins et pourtant semblants sereins sous l'alignement des granits et le tracé des allées...</p>
<p>Non, ils ne m'ennuyaient pas plus que ça.</p>
<p>Voilà maintenant que tu en habites un... J'ai aujourd'hui une douloureuse raison de m'y rendre.</p>
<p>Depuis des mois j'y vais très souvent. Peut-être espérant y retrouver une trace de toi, y sentir ta présence alors que partout ailleurs tu t'obstines à t'en aller... Mais plus j'y vais plus je reste persuadée que ce n'est pas là que tu es. Non, tout ce silence, ce ne peut être toi. Cette tombe ne me rapproche pas de toi... Il faut que mes yeux heurtent les lettres de bronze qui écrivent ton  nom pour qu'un instant seulement je réalise que c'est bien toi qui est là. Mais tout aussitôt l'angoisse de ton absence s'éteint, car ce n'est pas ici que j'ai du chagrin.</p>
<p>Il avait tant neigé ces jours là qu'on ne distinguait plus les allées et à peine les tombes. Du revers de la main j'ai balayé l'épaisse couche cotonneuse qui recouvrait la tienne. Comme pour que tu puisses mieux respirer... La rose blanche que j'avais posée sur la pierre avait pris des couleurs de terre. J'ai renoncé à découvrir davantage ta nouvelle adresse. Cette neige tombée fraîchement te faisait un édredon de flocons et je me suis bêtement dit qu'il te tiendrait chaud...</p>
<p>Quelques jours plus tard, revenant sur mes pas, la neige avait fondu. Ne restaient que ces gouttes d'eau qui telles des larmes glissaient en silence sur le granit vert. Un timide soleil d'hiver s'évertuait à les sécher sans y parvenir. La douceur de l'air se voulait comme une tendre consolation. J'ai eu pour un instant l' impression que mieux que les humains la nature comprenait mon chagrin...</p>
<p>A Bernard,</p>
<p>Le 28 Août 2009 - Quatre ans -</p>
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		<title>Comme une dentelle&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 07 Aug 2009 13:52:42 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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		<description><![CDATA[Tweet Elle nous quitte doucement, elle nous quitte à reculons... Elle m'ouvre sa porte, son visage s'illumine  - "Ah te voilà, toi !" - Pour cette fois encore elle m'aura reconnue... Les joues encore rondes d'une jeunesse lointaine, le visage enroussi quoique les années n'en aient pâlit la peau à peine flétrie, le regard bleu [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Elle nous quitte doucement, elle nous quitte à reculons...</p>
<p>Elle m'ouvre sa porte, son visage s'illumine  - "Ah te voilà, toi !" -</p>
<p>Pour cette fois encore elle m'aura reconnue...</p>
<p>Les joues encore rondes d'une jeunesse lointaine, le visage enroussi quoique les années n'en aient pâlit la peau à peine flétrie, le regard bleu délavé de trop de larmes à avoir dû verser...</p>
<p>Un sourire en forme d'excuse quand elle parle de son âge. Faut-il que Saint-Pierre ait  tant à faire pour lui avoir laissé accumuler jusqu' ici tant de printemps qui, sans pitié, deviennent des novembres de froidure...</p>
<p>Des yeux qui s'étonnent de tout, qui souvent encore s'émerveillent, des yeux aux aguets qui s'évadent parfois si loin de nos contrées, des yeux fatigués, des yeux près de bientôt se fermer...</p>
<p>Des mains toutes gantées de plissures, des mains comme une fine porcelaine veinée, des mains qui se tâchent d'indigo pour dénoncer la douleur, des mains tremblantes d'impuissance ou d'anxiété...</p>
<p>Une mémoire mariée depuis un moment au Passé, une mémoire infidèle qui ne flirte avec le Présent que pour aussitôt l'oublier...</p>
<p>Une mémoire en dentelle de  soie qui s'effiloche, une mémoire lassée d'elle-même qui préfère se réinventer...<span id="more-242"></span></p>
<p>Depuis quelques semaines ses cheveux sont un peu moins bien coiffés, cette coiffeuse, qui, dit-elle, se moque d'elle et lui fait n' importe quoi...</p>
<p>Elle se maquille un peu, quand elle y pense, ou quand elle ne croit pas l'avoir déjà fait...</p>
<p>Aussi gaie qu'un pinson quand une invitation lui permet de sortir de son appartement.</p>
<p>Elle rentre de vacances.</p>
<p>François l'avait emmené à Hendaye dans la maison où il y a peu encore elle vivait avec Amédée, son deuxième mari.</p>
<p>Mais elle ne parle que du Pont où habitaient ses grand-parents. Elle nous raconte que la maison n'a pas changé, mais s'étonne que la famille l'ait déserté... Elle y a croisé plein de gens inconnus, cependant fort sympathiques, qui organisaient chaque jour des conférences intéressantes...</p>
<p>Elle se plaint qu'il y ait eut beaucoup de remue-ménage, qu'il y ait eu trop de passage, que tout ce bruit et cette agitation l'ont un peu fatiguée. Elle n'en revient pas que les grands-parents tolèrent ça... Mais déjà elle n'y attache plus d'importance, et passe à autre chose...</p>
<p>La plage ?</p>
<p>Ah oui, bien sûr elle y est allée, nous dit-elle le regard plein de questions... Mais les enfants surtout, ils étaient si contents...</p>
<p>Mais la plage... C'est à Hendaye, pas au Pont...</p>
<p>Alors elle se tait...</p>
<p>Le cimetière ? La tombe d'Amédée ? Elle a perdu deux maris... Jean, Amédée... Qui donc est là-bas enterré ? Non, elle n'a pas eu le temps, d'ailleurs à peine étaient-ils installés qu'il a fallut rentrer...</p>
<p>Non, vraiment, ce voyage était mal organisé, et le séjour bien trop court...</p>
<p>Quinze jours...<!--more--></p>
<p>Elle est contrariée ce matin : tous les magasins sont fermés ! Les commerçants ne sont plus ce qu'ils étaient ! On est Dimanche ? Non ? Ah bon...</p>
<p>Et puis triste, parce qu'elle ne m'a pas vue depuis longtemps... La dernière fois c'était... Hier... Bien sûr, tu travailles maintenant...</p>
<p>Elle me regarde. L'espace d'un instant son regard s'est éteint, où s'est-elle égarée, sous quel voile d'oubli a t'elle pu cacher mon visage, son absence pèse lourd quand enfin elle me retrouve et me sourit...</p>
<p>La conversation s'épuise, elle pense à autre chose, et quand son regard ainsi se perd, on ne sait plus si c'est encore ici qu'elle est, ou bien dans ce monde parallèle qu'elle construit lentement  autour du nôtre...</p>
<p>Ma Marraine, ma tendresse... Pourquoi faut-il que le Passé s'oublie ou qu'à l'heure de bientôt se quitter, tu me vois autre et si peu à mon avantage ?</p>
<p>Souviens-toi, s'il te plait, souviens toi par pitié...</p>
<p>Comment te convaincre que je n'ai pas changé, comment te dire que ta mémoire te joue un vilain tour...</p>
<p>Marraine, je souffre tant de te voir t'en aller avec cette idée de moi qui ne me ressemble pas...</p>
<p>Marraine, ne t'en vas pas comme ça....</p>
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		<title>Frousse&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Jul 2009 14:12:53 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Essais - Descriptions - Analyses]]></category>
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		<description><![CDATA[Tweet Silence... Absence... Soudain une pesanteur. Le soir inquiète et plus aucun matin ne rassure. Les heures s'allongent ou paraissent trop courtes. Le miroir renvoie une image désemparée, la mine est grave et le regard anxieux. L'âge ne se maquille plus et grise le teint. L'Avenir se dérobe et semble ne plus vouloir tenir ses [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Silence... Absence...</p>
<p>Soudain une pesanteur.</p>
<p>Le soir inquiète et plus aucun matin ne rassure.</p>
<p>Les heures s'allongent ou paraissent trop courtes.</p>
<p>Le miroir renvoie une image désemparée, la mine est grave et le regard anxieux.</p>
<p>L'âge ne se maquille plus et grise le teint.</p>
<p>L'Avenir se dérobe et semble ne plus vouloir tenir ses promesses tandis que le Présent s'effrite...</p>
<p>Trop d'interrogations encombrent les pensées sans y trouver la moindre réponse.</p>
<p>Et brusquement...<span id="more-235"></span></p>
<p>Retrouver le temps de regarder le ciel et s'étonner de ne l'avoir que si peu admiré...</p>
<p>Caresser l'écorce d'un arbre et respirer les odeurs du jardin après la pluie, pleurer en écoutant les oiseaux chanter, ne plus écraser les araignées du soir et chasser celles du matin...</p>
<p>Se souvenir de ses prières, vouloir à tout prix croire en quelque chose ou en quelqu'un, donner aux talismans des pouvoirs qu'ils n'ont pas et ne plus jamais se moquer de ceux qui à genoux supplient...</p>
<p>Se troubler en comptant ses années et s'avouer stupéfaite qu'elles aient si vite passé, ne plus oser compter celles qu'on voudrait tant avoir encore à vivre...</p>
<p>S'alarmer d'un frisson, laisser son corps parler, lui offrir un peu plus d'attentions, le découvrir fragile au détour d'un élancement...</p>
<p>Trouver urgent de prendre un "rendez-vous", n'en plus finir de se tourmenter de l'avoir si facilement obtenu...</p>
<p>Et attendre...<!--more--></p>
<p>Attendre mais n'avoir de patience que parce qu'on redoute d'apprendre...</p>
<p>Pénétrer dans une de ces mornes salles d'attente aux murs sans âme, s'assoir sur une chaise fagotée de skaï, ne pas oser toucher aux revues grasses et écornées abandonnées sur une table basse...</p>
<p>Sourire timidement à celles qui vous observent pour oublier leur propre peur, et baisser les yeux pour mieux masquer l'angoisse qui s'est pesamment installée...</p>
<p>Tendre l'oreille, deviner quelque murmure secret annoncé par le medecin à côté, craindre de voir enfin son tour arriver, refaire mille fois d'horribles calculs de probabilités et à peine accueillie, scruter dans le regard du praticien une gaîté qui rassurerait...</p>
<p>Et puis soudain se sentir aussi légère qu'une bulle de savon et sentir ses lèvres dessiner un sourire, remercier tous les dieux de l'Olympe et se jurer d'honorer toutes les promesses qu'on a faite...</p>
<p>S'éblouir d'un rayon de soleil qu'on avait peine à imaginer au sein d'un ciel immensément bleu, oublier toutes les questions griffonnées sur le petit bout de papier froissé, rire d'un rien, refaire aussitôt des projets, et vite vite s'en aller d'un pas léger...</p>
<p>Croiser en partant celles qui ont eu moins de chance, enjamber la douleur qui traine au milieu du couloir, déjà oublier la frayeur pour n'en retenir que le bonheur d'aller bien, savoir qu'il y aura encore beaucoup d'autres "demain", et courrir loin, loin, loin...</p>
]]></content:encoded>
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		<title>A Nicolas &#8211; Mai 2008</title>
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		<pubDate>Wed, 31 Dec 2008 09:48:13 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
				<category><![CDATA[deuil - nostalgie - tristesse]]></category>
		<category><![CDATA[Absence]]></category>
		<category><![CDATA[avenir]]></category>
		<category><![CDATA[chagrin]]></category>
		<category><![CDATA[fils]]></category>
		<category><![CDATA[sanglots]]></category>
		<category><![CDATA[temps]]></category>

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		<description><![CDATA[Tweet Depuis des mois déjà  tu le regardais d'une autre façon, tellement plus intensément... Tu gravais dans ton coeur chacun de ses gestes,  tu photographiais les expressions qui lui étaient familières, Tu as au creux de l'oreille le son de sa voix, cette façon qu'il avait de rire, et toutes ces choses que vous aviez [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Depuis des mois déjà  tu le regardais d'une autre façon, tellement plus intensément...<br />
Tu gravais dans ton coeur chacun de ses gestes,  tu photographiais les expressions qui lui étaient familières,<br />
Tu as au creux de l'oreille le son de sa voix, cette façon qu'il avait de rire, et toutes ces choses que vous aviez encore à  vous dire...</p>
<p>Tu as dessiné son corps au crayon noir du chagrin que tu voyais avec effroi s'approcher de toi,<br />
Jusqu'au bout tu l'as porté, à  force d'espoir et de rage de ne pas trouver comment le garder,<br />
Désormais tu es certain de ne plus avoir le même avenir,<br />
Tu penses à  tous ces jours où il faudra faire semblant de supporter son absence, alors que personne ne se doutera des larmes qui coulent en toi,</p>
<p><span id="more-39"></span></p>
<p>Tu détesteras la gentillesse dont on t'entourera, tu haïras tous ces mots qui ne consolent pas, tu fuiras tout ce qui ne te le rappelle pas,<br />
Ceux qui t'aiment devront te « re-connaître », apprendre à  respecter ce qu'il a fait de toi en s'en allant,<br />
Du temps, il t'en faudra du temps, pour simplement  réaliser qu'il est vraiment parti, pour ne pas penser à  lui sans d'abord penser à  ce que la maladie fit de lui,<br />
A force de colère et de renoncement, à  force de sanglots et de batailles vaines, doucement arrivera  comme un apaisement,</p>
<p>L'idée te viendra qu'être malheureux ne te le ramènera pas,<br />
La mort te l'arrachant, c'est une part de toi qui l'a suivi, mais tu te souviendras  que restent ici bas bien des gens qui t'aiment aussi et qui ont besoin de toi.<br />
Tu toucheras le fond de cette tristesse infinie, en y prenant appui tu t'élanceras vers ceux qui t'attendent déjà ,<br />
Et c'est parce qu'il n'est plus là  que tu les verras, eux aussi, plus intensément, et que jamais plus tu ne voudras perdre de temps...</p>
<p><em>Pour Gilles, son Papa, avec tendresse, pour Denise, sa Maman, Elodie, sa soeur, et pour tous les siens, cette timide et périlleuse tentative de partage d'un chagrin innommable.</em></p>
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