Mot à  Mo J'aime les mots et écrire, même maladroitement

1déc/110

Une cigogne… 30 Novembre 2011 – OSCAR

Une cigogne pourtant bien au chaud sous les Tropiques n'a pas attendu Février pour revenir dans nos contrées... En cette fin Novembre l'occasion était d'importance : elle a déposé un beau petit bébé dans les bras impatients de ses parents... Fatigué après un si long voyage, notre petit gars s'y est endormi sans faire plus de façons !

Ainsi, Petit Bout, te voici enfin parmi nous ! Ces neufs mois nous ont parus bien longs...

Pour tout dire j'en suis encore toute retournée ! Si j'ai bien entendu qu'enfin tu étais né, je ne suis pas sûre de l'avoir vraiment réalisé... Une bulle de bonheur me tient en son giron depuis quelques heures et me laisse rêveuse...  Ainsi, tant d'années ont déjà filé ?!...

Je me revois toute jeune accouchée regarder dormir mon bébé, heureuse comme je ne savais pas qu'on pouvait l'être, mais déjà habitée d'une sourde inquiétude qui ne me quitterait jamais plus... Ce petit bout de zan qui est devenu ton Papa, ce petit, tout petit enfançon qui respirait si calmement entre ses draps blancs, s'était, en quelques heures, approprié toute ma raison d'exister... Rien ne devait lui arriver de fâcheux, et j'hésitais entre exulter de joie ou m'effondrer en larmes sous ces trois petits kilos de responsabilité...

Ainsi demain je viens à ta rencontre... J'en suis toute intimidée... Pas plus haut que trois pommes, je sens bien cependant que c'est toi qui mènera l'entretien... Il va me falloir "grave assurer" comme "ils" disent aujourd'hui... Je vais tâcher de mettre tous les atouts de mon côté, mais je ne fais pas la fière, les enfants sont d'impitoyables procureurs...

Petit Oscar tout neuf, je n'ai pas eu besoin de te serrer sur mon cœur pour que déjà celui-ci t'appartienne... Je me rends d'avance et sans condition... Tu me promets là un bien joli voyage au Pays des Merveilles, donnes moi ta menotte, si tu en as envie, moi je veux bien t'accompagner un bout de ce chemin plein de promesses, désormais j'ai appris à prendre le temps, et pour toi, j'en prendrais aussi souvent qu'il te plaira...

Petit Oscar choupinou, faisons demain connaissance... Et si mes yeux par mégarde venaient à trop briller, qu'une larme versée ne t'inquiète pas davantage, c'est que tant d'émotions et de bonheurs à la fois rendent  fragiles les grand-mamans...

 

Pour Oscar, mon premier petit-stroumpf...

12oct/110

Je pense à vous Madame…

Ce soir un petit berceau tout habillé de lin occupe un coin de mon salon... Et je pense à vous, Madame...

C'est un petit lit de bois qui a déjà bercé deux générations. Dans quelques semaines, un petit bébé y dormira, ce sera un petit garçon, notre petit-fils, Madame...

Je ne doute pas que Chloé vous ai souvent parlé de ce tout nouveau bonheur, une Maman c'est tellement important dans ces moments là... On est si heureuse et si fière... Un peu inquiète aussi... On découvre son corps différent, tant de sensations nouvelles, d'interrogations, d'émerveillements... Je n'ai certainement pas répondu à ses attentes aussi bien que vous l'auriez fait, et puis vous savez, je crains toujours d'être maladroite ou inopportune...  Mais c'est un vrai bonheur que de les voir s'aimer autant et partager si harmonieusement cette promesse... Dans ces moments là, je pense à vous, Madame...

Je n'habite pas tout près d'eux, mais j'essaye d'être présente, ni trop, ni trop peu... Un apprentissage parfois délicat... Et puis, on a de la chance, aujourd'hui, la technologie permet d'oublier la distance...

Chaque fois qu'ils arrivent chez moi ou que je vais chez eux, je suis tellement, tellement heureuse ! Alors forcément, là aussi,  je pense à vous, Madame...

Je suis toute émue qu'ils aient bien voulu de mon vieux berceau... Toute à mon plaisir, j'ai proposé de le remettre en état. Je bricole un peu, et j'aime la couture aussi. Cet été, j'ai accompagné Chloé choisir le tissu de son choix, (un joli vichy "taupe" et "écru", ce sont des couleur à la mode, pleines de douceur, et qui pouvait convenir tout autant à une petite fille qu'à un petit garçon). Vous allez rire, mais plus d'une fois je me suis trouvée prétentieuse... Et l'exercice devint une gageure ! J'aurais aimé pouvoir le coudre avec vous, vos conseils m'auraient été bien nécessaires !  Plus d'une fois, en soupirant,  j'ai pensé à vous, Madame...

Enfin, ce soir, j'ai noué le dernier ruban aux petits barreaux ouvragés, je ne suis pas mécontente d'avoir terminé... J'étais un peu inquiète à l’idée de ne pas réussir à l'achever à temps.... C'est que je pars dans deux jours le leur apporter !

Avec les petites chutes de tissu, j'ai même réussi à rhabiller un panier en osier dont je me servais pour poser quelques langes, crèmes et autres barboteuses près de la table à langer. Votre fille l'a trouvé ravissant et, en riant, m'a dit qu'elle allait le garder pour elle ! Je crois que tout ça lui fait plaisir... Alors, quand elle a ce si joli sourire et que je la vois heureuse, si vous saviez comme je pense à vous, Madame...

 

A Brigitte, ( + Avril 2010),  pour Chloé...

 

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Puisque maman ne le rajoute pas, je me permets d'illustrer ce texte avec une photo envoyée hier soir sur notre téléphone a Chloé et moi :

Merci maman. 

Berceau bébé

22sept/112

Dans quelques semaines mon gamin, tu seras Papa…

Comme toi je compte à rebours tous ces jours qu'il te faut encore attendre pour le prendre dans tes bras...

Avec sans doute un peu d'inquiétude tu imagines ce moment patiemment espéré où la douce Chloé t'appellera pour que très vite tu viennes la chercher pour la conduire à la Maternité...

Où que tu sois, ton cœur se mettra à battre un peu plus fort, rien ne saura te retenir de laisser en plan ce qui t'occupait urgemment l'instant d'avant, et tu partiras précipitamment vers la grande aventure de ta vie...

Quelque soit le trajet et le délai qu'il te faudra pour arriver à temps, tu frissonneras ou tu auras trop chaud, tu pâliras ou tu sentiras le rouge te monter aux joues... Tu haïras les embouteillages, et te connaissant, tu vas râler, t'énerver, klaxonner, rouler trop vite et forcément t'inquiéter de ne jamais arriver... Chloé te rappellera, te dira de ne pas t'affoler, que tu as encore du temps devant toi mais toi, bien sûr, tu ne la croiras pas...

 

Bon, attends toi à la retrouver la mine un peu défaite... Rien de grave, mais que veux-tu, quand bébé soudain se sent trop à l'étroit, il cherche la sortie et ne s'embarrasse guère de manières... Il prend son élan, pousse, tire, écarte pour faire son chemin, toutes choses parfois perturbantes et inconfortables pour celle qui neuf mois durant lui a servi de doux abri... L'ingratitude des enfants commence là...

Enfin, je passe sur les minutes ou les heures de travail  dont il vous gratifiera afin d'être, s'il est possible, davantage encore attendu et d'arriver ainsi en pays conquis...

Un dernier effort et... dans un vagissement plein de vigueur, de soulagement, de colère et de bonheur, on posera sur le ventre de sa  jeune Maman un petit gars de trois ou quatre kilos tous mouillés... ! Quelques secondes  d'apesanteur, sans lieu ni heure, comme timides ou interdits, à n'oser le toucher...  De vous trois, lequel sera le plus surpris d'être là ? Vous le trouverez beau, même s'il est tout fripé et rougeaud ! En quelques secondes d'émotions vous serez devenus parents, et toi mon grand, tu seras Papa !

Autant que tu t'y prépares : pour la tranquillité d'esprit, la sérénité, l'égoïsme, les loisirs ou les grasses mâtinées... Pour un moment, c'est fini ! En compensation, les nuits blanches, les couches à changer et le vomi sur l'oreiller... L'inquiétude dès qu'il pleure et une main sur son front brûlant...Mais si si, je te le promets, il y a aussi plein de bons côtés : le moment ou il va ouvrir ses petits yeux tous plissés, ce regard qu'on a envie de saisir pour l'éternité... Le premier sourire, qu'il fait aux anges mais qu'on prend évidemment pour soi... Cette douce chaleur blottie aux creux de tes bras, ou ce borborygme qu'on reçoit comme le plus beau des mots d'amour... Ce petit tout en sommeil au fond du berceau, cette grenouille qui gigote et qui sent l'eau de Cologne sur la table à langer... Cette toute petite main qui te cramponne du bout de ses tout petits doigts, cette confiance quand il s'élancera vers toi pour un tout premier pas, et ce tout premier "Papa" que tu n'oublieras pas...

Et toi, maintenant, que je regarderai doublement attendrie en découvrant mon fils, mon petit, tenant dans ses bras son enfant...

 

A Pierre, mon petit garçon devenu grand...

 

 

 

 

11août/110

Ma puce, ma douce, ma fille…

Ma puce, ma douce, ma fille...

Si jeune encore et pourtant déjà si douloureusement blessée par le choix sans appel d'un Papa bien trop tôt disparu... Blessée, mais riche de cette infinie douleur, qui te façonne si droite, digne et pudique, à la fois si forte et si fragile... Non point orgueilleuse mais fière, convaincue, d'une rafraichissante  intransigeance, et cependant capable d'entendre ou de pardonner. Généreuse sans pourtant t'oublier, et ainsi mieux donner à ceux qui comptent vraiment.

Courageuse. Belle. Mienne.

Ma fille, ma chérie... Je vieillis... Je n'en suis contrariée que parce qu'un jour il me faudra moi aussi m'en aller, parce qu'une Maman c'est fait pour protéger, que ça s'inquiète pour tout et rien... Depuis un moment déjà, c'est toi qui prend soin de moi, c'est toi qui t'inquiète ou qui me conseille... Doucement la charge s'inverse...

Je vois les années filer et le temps rétrécir, mais je suis si heureuse d'avoir pu tant bien que mal, t'amener à bon port. Je te sais maintenant capable de traverser ta vie sans avoir besoin de prendre ma main... C'est ça, voir son enfant devenir grand...

J'ai tant de chance !... Nous nous aimons, nous partageons, nous nous comprenons... Quand j'observe parfois ailleurs tant de colère ou de conflits... Nous avons su échapper à cette horreur, ne pas nous fondre dans l'amertume ou la vengeance ! Surtout ne pas nous perdre dans la détestation de ce qui avaient pu nous meurtrir.

Nous allons bien, nous sommes sereins, disais-tu... Nous n'avons eu besoin ni de revanche ni de haine pour avancer, toi, ton frère et moi. Ils peuvent être aussi nombreux qu'ils le veulent, nous, nous sommes "NOUS TROIS".

Que pour toujours tu ne retiennes de moi, de nous, que ce regard éclairé, cet Amour inconditionnel et lumineux qui nous porte pour continuer notre chemin, côte à côte, le plus longtemps possible. Et que le moment redouté venu, tu restes la même, ma puce, ma douce, ma fille...

 

 

10août/11Off

Son bouquet…

Il est enfin arrivé, il est là, dans l'entrée, avec son bouquet... Il le tient nonchalemment du bout d'une main,derrière lui, comme ça, mine de rien,  me le donne en m'embrassant, "tiens, j'ai trouvé ça" me dit-il presqu'en bougonnant... Il est comme ça l'homme du reste de ma vie, il n'est pas trop à l'aise avec les déclarations, alors, ses mots d'amour il les garde bien au chaud dans son coeur, mais à moi, il me suffit d'un regard pour les lire et me sentir rassurée...  L'autre soir, il avait mis tous ses "je t'aime" dans un bouquet. Un énorme bouquet de roses bigarrées, comme celles qui s'appuyaient sur le mur du jardin de ma grand-mère : de magnifiques fleurs aux pétales fermes et ourlés d'un trait de couleur plus foncé. Elles sentaient bon la douceur des soirs d'été, depuis quelques jours, toutes baignées dans l'eau claire d'un vase, elles n'en finissent pas de s'ouvrir et de me livrer de doux secrets...

Ce que nous partageons tous deux en porte les couleurs et la fragance, je voudrais tant savoir lui dire combien ses fleurs me font plaisir, curieusement, moi si prolixe,  parfois tant de bonheur me laisse muette, je regarde ses fleurs et je ne sais plus quoi dire, tant les mots me semblent chiches à traduire mon ravissement...

 

A JC