Mot à  Mo J'aime les mots et écrire, même maladroitement

11avr/104

Orpheline…

Ce matin le ciel n'est plus qu'un chagrin... Le printemps s'est pudiquement retranché derrière des nuages gris et ose à peine pointer le bout de son nez... Seul un pâle rayon en s'en échappant réchauffe une tâche de primevères juste écloses sous la rosée du jardin...

Au moment où tout s'arrangeait...

Juste quand il n'y avait plus que du bonheur à partager...

Elle est partie si vite...

Un merle s'est posé sur le faîte d'un mélèze et s'égosille à nous convaincre qu' un nouvel Avril est pourtant là...

Alors je pense à toi Petite Fille, car l'oiseau m'a dit...

Qu'il fallait te laisser pleurer, que ces larmes étaient la seule façon de t'apaiser...

Qu'il ne fallait pas t'inquiéter de ne pas avoir eu le temps de lui dire merci,

De t'avoir donné la vie, d'avoir tout compris, tes erreurs et tes chagrins,

Tes choix, tes désirs et tes envies, une Maman c'est fait pour ça ...

Que désormais près de toi mon garçon saurait te dire tous les mots qui te soulageront et qui, venant d'autres que lui, te sembleraient maladroits...

Que son Amour, doucement, tendrement, te protégerait du vertige de cet abominable vide et que tu te sentirais sereine...

Orpheline...

28déc/090

Toi…

Toi...

Tu t'approchais de moi avec autant de vigilance qu'un démineur d'une bombe à désamorcer...

Tu m'observais de loin comme à l'affût de je ne sais quoi qui  aurait pu trahir une part d'ombre de moi...

Tu ne savais pas bien ce que tu voyais...

Il te semblait, peut-être, apercevoir dans une brume comme un espoir oublié, mais le contour en était si flou...

Alors, doucement, tu t'approchais à pas feutrés, si je bougeais un cil, tu reculais...

Moi je t'avais tout de suite reconnu, mais toi, tu ne te souvenais pas de moi...

De loin, dressée sur la pointe des pieds, j'agitais les mains, je criais ton prénom, je t'appelais en vain, tu faisais celui qui n'entendait pas.

Fatigué par des années de batailles, trahi par autant de mensonges, presque vaincu et lassé d'espérer, tu t'étais retranché...

Seul un reste de curiosité te poussait à me regarder. Et tu ne cessais d'en être étonné...

4mai/090

Mais non…

Mais non, rassures toi, je ne t'aime pas...

Pourquoi ? J'ai dit ça, moi ?

Mais non, bien sûr que non...

T'aimer ? Quelle drôle d'idée ! Je n'y avais même pas pensé !

T'aimer, non, non, vraiment, ma langue a dû fourcher !

Mes baisers ? Ah oui... Je t'ai embrassé, oui, mais c'est juste parce que tu voulais... Et puis, c'est toi qui a commencé ! Et puis s'embrasser, ça n'est pas s'aimer ! Non, pas s'embrasser...

15avr/090

L’aveu

Il faut que je te dise...

Tu n'es pas le seul...

D'autres que toi m'ont séduite... Bien avant toi...

Ils sont nombreux...

21jan/090

Attendre

Si parfois les heures deviennent immobiles, qu'aucun bruit jamais ne parvient à  meubler vos silences, si vos pensées s'amenuisent jusqu'à  se borner à  la même personne ou à  la même chose, si votre téléphone depuis un moment n'a pas quitté votre main, si vous l'entendez sonner même quand obstinément il reste muet, si aucune occupation ne vous tente, si vous n'osez pas vous absenter, si vous ne savez que piétiner d'une pièce à  l'autre sans jamais vous poser, si vous en arrivez à  compter jusqu'à  votre chiffre fétiche pour qu'enfin quelque chose se passe, ou pire, si vous n'espérez plus rien de précis hormis que quelque affaire s'annonce même la pire pour enfin en finir...