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	<title>Mot à  Mo &#187; Portraits</title>
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		<title>Dans quelques semaines mon gamin, tu seras Papa&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 22 Sep 2011 17:10:11 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet Comme toi je compte à rebours tous ces jours qu'il te faut encore attendre pour le prendre dans tes bras... Avec sans doute un peu d'inquiétude tu imagines ce moment patiemment espéré où la douce Chloé t'appellera pour que très vite tu viennes la chercher pour la conduire à la Maternité... Où que tu sois, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Comme toi je compte à rebours tous ces jours qu'il te faut encore attendre pour le prendre dans tes bras...</p>
<p>Avec sans doute un peu d'inquiétude tu imagines ce moment patiemment espéré où la douce Chloé t'appellera pour que très vite tu viennes la chercher pour la conduire à la Maternité...</p>
<p>Où que tu sois, ton cœur se mettra à battre un peu plus fort, rien ne saura te retenir de laisser en plan ce qui t'occupait urgemment l'instant d'avant, et tu partiras précipitamment vers la grande aventure de ta vie...</p>
<p>Quelque soit le trajet et le délai qu'il te faudra pour arriver à temps, tu frissonneras ou tu auras trop chaud, tu pâliras ou tu sentiras le rouge te monter aux joues... Tu haïras les embouteillages, et te connaissant, tu vas râler, t'énerver, klaxonner, rouler trop vite et forcément t'inquiéter de ne jamais arriver... Chloé te rappellera, te dira de ne pas t'affoler, que tu as encore du temps devant toi mais toi, bien sûr, tu ne la croiras pas...</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Bon, attends toi à la retrouver la mine un peu défaite... Rien de grave, mais que veux-tu, quand bébé soudain se sent trop à l'étroit, il cherche la sortie et ne s'embarrasse guère de manières... Il prend son élan, pousse, tire, écarte pour faire son chemin, toutes choses parfois perturbantes et inconfortables pour celle qui neuf mois durant lui a servi de doux abri... L'ingratitude des enfants commence là...</p>
<p>Enfin, je passe sur les minutes ou les heures de travail  dont il vous gratifiera afin d'être, s'il est possible, davantage encore attendu et d'arriver ainsi en pays conquis...</p>
<p>Un dernier effort et... dans un vagissement plein de vigueur, de soulagement, de colère et de bonheur, on posera sur le ventre de sa  jeune Maman un petit gars de trois ou quatre kilos tous mouillés... ! Quelques secondes  d'apesanteur, sans lieu ni heure, comme timides ou interdits, à n'oser le toucher...  De vous trois, lequel sera le plus surpris d'être là ? Vous le trouverez beau, même s'il est tout fripé et rougeaud ! En quelques secondes d'émotions vous serez devenus parents, et toi mon grand, tu seras Papa !</p>
<p>Autant que tu t'y prépares : pour la tranquillité d'esprit, la sérénité, l'égoïsme, les loisirs ou les grasses mâtinées... Pour un moment, c'est fini ! En compensation, les nuits blanches, les couches à changer et le vomi sur l'oreiller... L'inquiétude dès qu'il pleure et une main sur son front brûlant...Mais si si, je te le promets, il y a aussi plein de bons côtés : le moment ou il va ouvrir ses petits yeux tous plissés, ce regard qu'on a envie de saisir pour l'éternité... Le premier sourire, qu'il fait aux anges mais qu'on prend évidemment pour soi... Cette douce chaleur blottie aux creux de tes bras, ou ce borborygme qu'on reçoit comme le plus beau des mots d'amour... Ce petit tout en sommeil au fond du berceau, cette grenouille qui gigote et qui sent l'eau de Cologne sur la table à langer... Cette toute petite main qui te cramponne du bout de ses tout petits doigts, cette confiance quand il s'élancera vers toi pour un tout premier pas, et ce tout premier "Papa" que tu n'oublieras pas...</p>
<p>Et toi, maintenant, que je regarderai doublement attendrie en découvrant mon fils, mon petit, tenant dans ses bras son enfant...</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>A Pierre, mon petit garçon devenu grand...</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Ma puce, ma douce, ma fille&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 11 Aug 2011 08:27:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet Ma puce, ma douce, ma fille... Si jeune encore et pourtant déjà si douloureusement blessée par le choix sans appel d'un Papa bien trop tôt disparu... Blessée, mais riche de cette infinie douleur, qui te façonne si droite, digne et pudique, à la fois si forte et si fragile... Non point orgueilleuse mais fière, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Ma puce, ma douce, ma fille...</p>
<p>Si jeune encore et pourtant déjà si douloureusement blessée par le choix sans appel d'un Papa bien trop tôt disparu... Blessée, mais riche de cette infinie douleur, qui te façonne si droite, digne et pudique, à la fois si forte et si fragile... Non point orgueilleuse mais fière, convaincue, d'une rafraichissante  intransigeance, et cependant capable d'entendre ou de pardonner. Généreuse sans pourtant t'oublier, et ainsi mieux donner à ceux qui comptent vraiment.</p>
<p>Courageuse. Belle. Mienne.</p>
<p>Ma fille, ma chérie... Je vieillis... Je n'en suis contrariée que parce qu'un jour il me faudra moi aussi m'en aller, parce qu'une Maman c'est fait pour protéger, que ça s'inquiète pour tout et rien... Depuis un moment déjà, c'est toi qui prend soin de moi, c'est toi qui t'inquiète ou qui me conseille... Doucement la charge s'inverse...</p>
<p>Je vois les années filer et le temps rétrécir, mais je suis si heureuse d'avoir pu tant bien que mal, t'amener à bon port. Je te sais maintenant capable de traverser ta vie sans avoir besoin de prendre ma main... C'est ça, voir son enfant devenir grand...</p>
<p>J'ai tant de chance !... Nous nous aimons, nous partageons, nous nous comprenons... Quand j'observe parfois ailleurs tant de colère ou de conflits... Nous avons su échapper à cette horreur, ne pas nous fondre dans l'amertume ou la vengeance ! Surtout ne pas nous perdre dans la détestation de ce qui avaient pu nous meurtrir.</p>
<p>Nous allons bien, nous sommes sereins, disais-tu... Nous n'avons eu besoin ni de revanche ni de haine pour avancer, toi, ton frère et moi. Ils peuvent être aussi nombreux qu'ils le veulent, nous, nous sommes "NOUS TROIS".</p>
<p>Que pour toujours tu ne retiennes de moi, de nous, que ce regard éclairé, cet Amour inconditionnel et lumineux qui nous porte pour continuer notre chemin, côte à côte, le plus longtemps possible. Et que le moment redouté venu, tu restes la même, ma puce, ma douce, ma fille...</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Son bouquet&#8230;</title>
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		<pubDate>Wed, 10 Aug 2011 12:47:21 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Tweet Il est enfin arrivé, il est là, dans l'entrée, avec son bouquet... Il le tient nonchalemment du bout d'une main,derrière lui, comme ça, mine de rien,  me le donne en m'embrassant, "tiens, j'ai trouvé ça" me dit-il presqu'en bougonnant... Il est comme ça l'homme du reste de ma vie, il n'est pas trop à l'aise avec [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Il est enfin arrivé, il est là, dans l'entrée, avec son bouquet... Il le tient nonchalemment du bout d'une main,derrière lui, comme ça, mine de rien,  me le donne en m'embrassant, "tiens, j'ai trouvé ça" me dit-il presqu'en bougonnant... Il est comme ça l'homme du reste de ma vie, il n'est pas trop à l'aise avec les déclarations, alors, ses mots d'amour il les garde bien au chaud dans son coeur, mais à moi, il me suffit d'un regard pour les lire et me sentir rassurée...  L'autre soir, il avait mis tous ses "je t'aime" dans un bouquet. Un énorme bouquet de roses bigarrées, comme celles qui s'appuyaient sur le mur du jardin de ma grand-mère : de magnifiques fleurs aux pétales fermes et ourlés d'un trait de couleur plus foncé. Elles sentaient bon la douceur des soirs d'été, depuis quelques jours, toutes baignées dans l'eau claire d'un vase, elles n'en finissent pas de s'ouvrir et de me livrer de doux secrets...</p>
<p>Ce que nous partageons tous deux en porte les couleurs et la fragance, je voudrais tant savoir lui dire combien ses fleurs me font plaisir, curieusement, moi si prolixe,  parfois tant de bonheur me laisse muette, je regarde ses fleurs et je ne sais plus quoi dire, tant les mots me semblent chiches à traduire mon ravissement...</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>A JC</p>
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		<title>Coeur d&#8217;artichaut !&#8230;</title>
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		<pubDate>Tue, 22 Mar 2011 19:43:11 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Tweet Les gens "bien-pensants" me font rire ou me fatiguent selon mon humeur, tous ceux qui  "à votre place" sauraient bien mieux que vous ce qu'il faut faire ou ne pas faire !... J'ai pu observer bien souvent que ces gens là étaient des aigris ou des privilégiés. Quelquefois les deux à la fois tant la prospérité n'est [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Les gens "bien-pensants" me font rire ou me fatiguent selon mon humeur, tous ceux qui  "à votre place" sauraient bien mieux que vous ce qu'il faut faire ou ne pas faire !...</p>
<p>J'ai pu observer bien souvent que ces gens là étaient des aigris ou des privilégiés. Quelquefois les deux à la fois tant la prospérité n'est pas forcément un gage de bien-être.</p>
<p>Dieu merci le bonheur a bien d'autres arguments...</p>
<p>Ainsi, certains, jusqu'ici épargnés par les ennuis de santé, et par ailleurs curieusement  absents ou injoignables dans ces périodes de grandes inquiétudes, se sont étonnés de ma façon de gouverner les miens ou ceux de mon mari gravement dépressif, d'autres, accablés par une vie d'ennui s'offusquèrent que je réussisse à m'en remettre en gardant le sourire...</p>
<p>Ainsi "l'injure suprême" me vint d'une "amie" douillettement installée dans une vie de routines et de certitudes, pour qui l'argent n'était "pas un problème" ... Me voyant survivre trop facilement à son goût à des années de galère, elle affirmât haut et fort devant d'autres tristes célibataires combien j'avais tort de croire envers et contre tout à un possible renouveau. La sagesse aurait voulu qu'à mon statut de veuve  j'ajoute davantage de crêpe noir et que je décline toutes les occasions de me porter mieux... Remise depuis peu d'une rupture sentimentale, elle trouvât invraisemblable que je puisse oser si vite y croire encore, d'autant que toute issue lui semblait à elle, très improbable !... "Tu n'es qu'un cœur d'artichaut" me lançât-elle, comme si l'insulte devait m'être fatale !... Les femmes ne sont pas les plus indulgentes pour leurs semblables... Les vieux clichés perdurent... Tenter, oui, mais ne pas se tromper, car cela voudrait dire renoncer ou oser encore, or trop d'audace devient suspect ou indécent ! Comme si l'on pouvait savoir à l'avance où nous mènent  nos rêves et nos espoirs  ?!... Celles qui réussissent d'emblée sont exemplaires, celles qui trébuchent et tentent à nouveau leur chance sont instables, voir peu recommandables !</p>
<p>Blessée, sur l'instant, oui, je le fus, car je n'imaginais pas avoir un comportement volage ou inconstant, il me semblait juste être en quête d'un nouvel équilibre, d'un possible partage... Je me sentais heureuse, oui, curieusement heureuse d'être saine et sauve  après qu'un ouragan ait dévasté ma vie... Les chagrins fragilisent puis rendent plus fort, mais pour leurs survivre et en tirer profit, il ne faut pas craindre d' affronter les doutes et les remises en question... Les difficultés d'une existence nous rendent peureux ou téméraires, mais elles nous procurent en tous cas une nouvelle force : celle de savoir prendre suffisamment de distance par rapport aux évènements et aux "autres", surtout ceux qui se disent "pleins de bonnes intentions" pour "notre bien"...</p>
<p>Je fis le triste constat qu'en règle générale, on vous préfère lente à reprendre votre souffle, voir à ne pas le reprendre du tout ! Qu' en toutes choses pour plaire il vaut mieux respecter certains codes sociétaux solidement établis. Le féminisme est bien contradictoire parfois, prônant l'indépendance de la femme jusqu'à lui reprocher de se trouver mieux accompagnée !</p>
<p>Je pris donc le parti d'en rire, d'essorer mes chagrins et d'en recueillir le soulagement d'aller bien, je fis la sourde oreille aux conseils bienveillants, mais je reste à jamais attentive à mon cœur, attentive à ceux qui m'aiment vraiment, et c'est avec eux que je partage tous ces jolis moments rescapés de mes deuils...</p>
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		<title>La paix !&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 10 Mar 2011 14:18:11 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Tweet Je me fous de ce que vous allez en penser ! Je n'en peux plus de souffrir, je n'en peux plus d'aller si mal... A quoi bon vous expliquer, aucun mot ne pourrait correctement traduire l' angoisse qui m'oppresse du matin au soir... Je n'ai de répit que dans le sommeil que me procure les médicaments... [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Je me fous de ce que vous allez en penser !</p>
<p>Je n'en peux plus de souffrir, je n'en peux plus d'aller si mal...</p>
<p>A quoi bon vous expliquer, aucun mot ne pourrait correctement traduire l' angoisse qui m'oppresse du matin au soir...</p>
<p>Je n'ai de répit que dans le sommeil que me procure les médicaments... Mais il m'en faudrait prendre bien plus encore pour ne pas faire tous ces cauchemars...</p>
<p>Ne vous faites aucun reproche, je n'en veux plus à personne... Et d'ailleurs, personne n'est responsable... Tout est devenu trop compliqué pour moi... Ce que je laisse derrière moi m'est bien égal... Je m'en fous de ce qu'il adviendra de ceux qui me survivront...</p>
<p>Ne cherchez donc pas à tout expliquer ! Tout ne s'explique pas... Mais tout se ressent, et si vous pouviez simplement être à ma place quelques instants seulement... Vous ne poseriez plus de questions !</p>
<p>Ne vous croyez pas obligés de me convaincre de tenir bon, je n'en ai plus l'envie, et surtout plus celle de me battre contre mes démons, vous ne savez rien de mes hantises et de mes supplices...</p>
<p>Laissez moi faire le seul choix qui me délivrerait de ma souffrance... Cessez de me soupçonner d'exercer sur vous un quelconque chantage... Je n'ai plus de force et vous me fatiguez davantage...</p>
<p>D'ailleurs allez-vous en ! Je ne veux plus que vous rodiez sans arrêt à surveiller mon armoire pharmacie, à compter mes bouteilles et mes somnifères... Je sais très bien ce que je fais, et pour quelles raisons je le fais !</p>
<p>Foutez moi la paix !</p>
<p>Vous aurez tout loisir d'en parler quand je ne serai plus là pour vous contredire ! Et vous embrasserez enfin la carrière contrariée de psychologue ou de psychiatre qui vous a tant manqué...</p>
<p>Vous reinventerez un monde qui n'a jamais existé et pour lequel, de toutes façons, je ne suis pas fait !</p>
<p>Foutez-moi la paix !</p>
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		<title>Cossard&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 03 Feb 2011 10:42:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet Un gastéropode... Qui s'invente mille coquilles pour se retrancher d'un monde laborieux. Coquilles d'excuses bidon, coquilles d'inertie ou de silence... Qui se lève à contre-cœur. Et met des heures à démarrer sa journée de tire-au-flan. Tout lui semble fastidieux. Tout lui prend un temps fou : se faire un café, trouver une tasse ou chercher le [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Un gastéropode...</p>
<p>Qui s'invente mille coquilles pour se retrancher d'un monde laborieux. Coquilles d'excuses bidon, coquilles d'inertie ou de silence...</p>
<p>Qui se lève à contre-cœur. Et met des heures à démarrer sa journée de tire-au-flan. Tout lui semble fastidieux. Tout lui prend un temps fou : se faire un café, trouver une tasse ou chercher le lait dans le frigidaire. Tout l'épuise, à commencer par cette perpétuelle agitation qui s'empare de tous ceux à qui l'avenir appartient très tôt le matin...</p>
<p>Il eut autrefois un métier. Qu'il a oublié, comme il a oublié l'idée même de travailler... Le travail... Il dit en chercher, mais redoute tant d'en trouver qu'il préfère aussi oublier de s'y présenter... Les trains comme les bus sont toujours en grève, les patrons exigeants et profiteurs, les autres en général ne le comprennent pas, rien n'est jamais de sa faute, et la crise, comprenez-vous, n'épargne pas les gens de son âge...</p>
<p>Il a rayé de son vocabulaire tous les mots qui seraient susceptibles de le fatiguer, mais il sait parfaitement orthographier tous ceux qui lui permettront de ne pas bouger. Il pratique à merveille l'art de ne rien faire sans jamais s'ennuyer, ou celui d'avoir l'air très occupé dans l'inactivité ! La sieste et la grasse matinée ont des vertus insoupçonnées, les pauses sont indispensables, l'énergie une denrée si rare qu'il faut l'économiser...</p>
<p>Il feint d'être sourd, ce qui facilite sa propension à ne comprendre que trop tard ce qu'on pouvait attendre de lui. D'ailleurs, il en est toujours désolé... Il regrette à chaque fois beaucoup de ne pas l'avoir su plus tôt, sinon, vous pensez bien, c'est avec plaisir qu'il vous aurait rendu service... Les regrets dont il vous inonde ne vous agaceront que bien plus tard, il sait d'abord se rendre sympathique, et pour peu, vous finissez par le protéger de toute agression, car c'est ainsi qu'il nomme la moindre sollicitation... Le pauvre a tant de soucis... Et vous avez autour de vous d'autres personnes tellement plus disponibles...</p>
<p>En général, il traine une fatigue récurrente qui l'empêche d'être à l'heure, de santé fragile le moindre rhume le terrasse, il est aux aguets du microbe sans gravité qui, nonobstant, lui offrirait un "Arrêt de Travail", situation des plus honorables permettant d'augmenter le nombre de ses "RTT", de ses week-ends ou de ses "C(ongés) A(nnuels)... Notre homme maîtrise mieux qu'un académicien certaines majuscules de l'alphabet qui, judicieusement agencées, augmentent ses C(ongés) P(ayés)... Il n'est fin gourmet que chez ceux qui ont le temps de cuisiner et se contente chez lui de plats déjà préparés... Il ne rend aucune invitation, c'est trop compliqué, ou alors au restaurant, quand il y est vraiment obligé... Il porte des chemises ou des pantalons qui ne se repassent pas ce qui lui donne une allure négligée, il est toujours fauché, la vie devient chère quand on veut se la simplifier...</p>
<p>Sa patience est sans limite. Pourquoi devancer l'appel et proposer d'accomplir ce que d'autres font tellement mieux que lui ?! Il est très discret, moins on le remarque mieux il se porte ! C'est un passe muraille, le contraire d'une velléité, l'ombre d'une générosité. C'est un couard par peur de l'effort, un indifférent sans passion, un flemmard opportuniste...</p>
<p>Vous en connaissez ?... Moi aussi, quelques uns, dont pour cette fois je tairai encore les noms...</p>
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		<title>Les pommes&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 21 Jan 2011 00:37:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet Il avait cueilli des groseilles. Plein de groseilles. Grappe après grappe il les avait égrenées et versées dans un petit seau de plastique blanc. Poussant la porte de bois qui donne sur le poulailler, il traversa l'enclos où depuis des années s'étaient accumulés tous les bouts de grillages inutilisés, toutes les cagettes ramassées au [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Il avait cueilli des groseilles. Plein de groseilles. Grappe après grappe il les avait égrenées et versées dans un petit seau de plastique blanc.</p>
<p>Poussant la porte de bois qui donne sur le poulailler, il traversa l'enclos où depuis des années s'étaient accumulés tous les bouts de grillages inutilisés, toutes les cagettes ramassées au coin de l'épicerie, jusqu'aux épluchures de légumes qu'ils jetaient sur le sol terreux avant de les rentrer dans la cave qui leurs servait de garde-manger. Les restes d'une mobylette grise et cabossée servait de perchoir aux volailles, et de vieux pneus coupés en deux, de mangeoire où ils versaient les graines qui se mêleraient bientôt de pluie... "Les larmes du Paradis" disaient-ils en déplorant la misère de ce monde...</p>
<p>Le temps lui semblait si long depuis ce 27 Février de l'année passée... "Maman a laissé un grand vide", me répétait-il souvent... "Ah Maman"... "Maman" une tendre façon de nommer celle qui partageât ses jours plus de soixante trois ans... Une enfant de l'Assistance, qui, placée dans une ferme dès l' âge que l'on disait" de raison" avait appris à balayer, à lessiver ou à exécuter toutes les besognes que sa famille adoptive trouvait trop ingrates...  Elle l'avait quitté à petit feu, s'éloignant de lui tout doucement, oubliant tout ce qui avait fait leur vie, jusqu'à l'existence de leurs deux enfants...  Elle avait vécu sa dernière année dans une maison de retraite, qui, comme dans  bien des villages, voisinait l'église et le cimetière... Morne paysage bordé de cloches et de macchabées...Sentant son heure venir, elle lui avait simplement dit : "Qu'est-ce qu'on a été heureux tous les deux !"... Puis, son visage ensommeillé, perdu dans un grand sourire, s'était à nouveau noyé dans l'oubli...</p>
<p>Il continuait cependant...<span id="more-1127"></span></p>
<p>Un géant, une force de la nature de 94 ans, qui ne se dérobait devant aucune des douleurs qui pourtant ne cessaient d'assaillir les mains de croque-mitaine que les guerres lui avaient façonné. Il ne voulait rien entendre des conseils de prudence et de ménagement qu'on lui prodiguait. "Tant que je pourrai, je ferai" nous rétorquait-il. Son allure de "terreux" toute en salopette bleue ne faisait pas longtemps illusion. Il suffisait de l'écouter entre le cerisier et le  pommier, cheminant sous sa casquette dans l'herbe folle qu'il coupait pour ses lapins... Il avait le verbe expressif et malin. Nul mieux que lui ne savait raconter ce que furent leurs enfances fracassées par la Grande Guerre, la faim qui tenaille et la rapine d'une pomme pour seul apaisement... Il contait les échappées dans la campagne, les lacets posés pour capturer quelque lapin, ou les oiseaux qu'il attrapait mieux qu'un chat ne l'aurait fait. Ses yeux alors brillaient et c'était sa jeunesse qui ainsi reprenait vie au creux des souvenirs qu'il pouvait encore partager...</p>
<p>Dans la cuisine, le même capharnaüm qu'au sous-sol. Une pendule en plastique des "Sanal" accrochée au dessus de la cuisinière à bois ponctuait nos conversation d'un tic-tac aussi rigoureux que peut l'être un comptable... L'évier débordait sous la vaisselle et les casseroles encore à s'égoutter. Le buffet regorgeait de paperasses et de courriers, les portes vitrées toutes occultées par des cartes postales écornées. Au fond, dans la salle à manger, une ou deux plantes vertes finissaient d'agoniser, trop assoiffées pour espérer survivre encore quelques saisons dans leurs pots fendillés. Les journaux froissés s'entassaient en attendant la salade à éplucher. Des napperons de coton crocheté  s'étalaient sur la table et les accoudoirs des fauteuils accrochant patiemment  la poussière. Si la maison semblait vieille et fatiguée, ses silences parsemés de bruits familiers la rendaient apaisante, rassurante. Elle sentait bon la générosité, la bienveillance... Le bonheur en somme...</p>
<p>Pourtant, il savait les guerres des colonies, le bagne marocain et les déserts du Niger, les marais d'Indochine et les tranchées de France, les ports d'Italie où il avait passé des jours à ramasser les morts , à ériger des remparts de leurs corps tant il y en avait de tombés...  Il avait connu la Sardaigne, pris à revers les "boches" et fait des prisonniers. Il savait la trahison et l'amitié, la vraie, il savait la bêtise et la méchanceté, les vraies, comme la vengeance, la jalousie... Il savaient les papiers décollés à la hâte des murs des préfectures, où les" gris verts" avaient tout affiché, le nom des dénoncés mais aussi celui de ceux qui les avaient trahis croyant leurs plaire, et qui ne récoltaient que leur mépris, mais il savait aussi la résistance et le maquis, les tranchées, le courage et la clémence, et cette nuit où des cigarettes furent échangées quand les fosses ennemies si proches se confondaient en mêmes épuisements et terreurs... Il savait l'horreur, il la savait tellement qu'il regardait parfois ses mains en pleurant...</p>
<p>Quoiqu'un mauvais diabète lui ai pris un pied il avait pu grimper sur l'échelle appuyée contre le cerisier en Juillet, et plus tard, en Octobre, il avait ramassé des pommes. Plein de pommes. Panier après panier il les avait déposé dans le carré de terre battue à la cave où chaque automne il les gardait. Et comme il y avait longtemps que je n'étais pas venue, il en a rempli un grand filet jaune,qui, dans une autre vie de filet,  avait emballé des pommes de terres. Il me les a donné, avec les groseilles et les cerises qui m'attendaient depuis des mois dans le congélateur... "Tu pourras faire des confitures, tu sais, c'est des bonnes, c'est du jardin..."</p>
<p>J'ai quitté mon village depuis près de cinq ans...  Si j'ai parfois oublié le goût de ces moments d'apaisement, je sens bien qu'ils me manquent autant que me manque mon vieil ami, sa voix toute cassée, et le regard éperdu d'admiration et d'amour qu'avait pour lui "Maman"... J'aimerais tellement savoir prendre le temps, ce temps qu'on ne se donne pas ou qu'on dépense sans réfléchir, et respirer ce qui me ramènent à l'essentiel, qui relativise mes urgences et mes besoins. La vie, en me les faisant croiser un matin d'été, m'a fait un bien joli cadeau, celui de l'amitié fidèle, oui, j'aimerais profiter de lui, de et de ce qu'il me transmet  pendant qu'il en est encore temps...</p>
<p>A  René et Paulette...</p>
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		<title>Méchants&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 09 Dec 2010 10:20:46 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Tweet Le regard vous accroche comme une ronce... Vous n'y accordez pas d' importance, l'arcade alors se fronce... L'oeil se fait épingle, sa noirceur n'y suffit pas, il glisse sur l'objet de son impatience et cherche desespérement quel pretexte invoquer pour assouvir son agressivité... La volonté de nuire des méchants n'est jamais prise en défaut d'imagination... L'oeil scrute la [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Le regard vous accroche comme une ronce...</p>
<p>Vous n'y accordez pas d' importance, l'arcade alors se fronce...</p>
<p>L'oeil se fait épingle, sa noirceur n'y suffit pas, il glisse sur l'objet de son impatience et cherche desespérement quel pretexte invoquer pour assouvir son agressivité...</p>
<p>La volonté de nuire des méchants n'est jamais prise en défaut d'imagination...</p>
<p>L'oeil scrute la cause de son ressentiment, s'ingénie à deviner la faille, s'agace davantage à ne pas la trouver et finit par l'inventer...</p>
<p>L'impassabilité de l'adversaire, car c'est ainsi qu'il vous considère d'emblée, le rend, s'il est possible, plus acariâtre encore !</p>
<p>Que faire ? Il est parfois amusant d'observer un méchant ainsi s'épuiser à dénicher de quoi combler son aigreur ! On le voit ainsi gaspiller son energie à fouiller les méandres de sa perfidie, à gratter des rognures de cruauté, et à bout d'arguments malveillants, s'effondrer en un magma de bile et d'amertume...</p>
<p>Juste le temps d'y puiser quelques tessons de calomnie, quelques chicots de rosserie... Sa bêtise crasse lui est si familière qu'il en oublie combien sa méchanceté se dessine chaque jour davantage sur son visage et l' isole un peu plus encore de ceux qu'ils se met à détester de plus belle !</p>
<p>On me dit que souvent les méchants sont plus à plaindre qu'à blâmer ?... Pour quelle sotte raison faudrait-il leurs pardonner d'être blessants sous pretexte qu'ils nous reprochent d'être ce qu'ils ne sont plus ou n'ont jamais été, ou parce qu'ils ont perdu ce que nous possédons ?  Conséquemment,  pour en avoir hélas, parfois croisé,  il me semble évident qu'il est vain d'essayer de composer avec ces malfaisants, le bon sens et le discernement n'ont aucune réalité dans leur banale médiocrité, la jalousie attise leur hargne et obscurcissent leur esprit. Et si l'on vous conseille de faire montre de distance et d'intelligence pour ne pas en souffrir, contentez-vous d' éviter ces insignifiants personnages, il en existent tant d'autres qui enchanteraient votre vie !..</p>
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		<title>Marguerite&#8230;</title>
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		<pubDate>Thu, 02 Dec 2010 16:33:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tweet Il m'a dit : "Tu n'as pas su...  Maman est morte..."  Marguerite est morte... En Mars. Pour quelques mois encore Marguerite avait eu cent ans. Ce jour là, il avait tenu à ce qu'elle soit une reine... Mieux vaut tard que jamais, Marguerite, de toute sa vie, n'avait jamais été une reine, si ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Il m'a dit : "Tu n'as pas su...  Maman est morte..."</p>
<p> Marguerite est morte... En Mars.</p>
<p>Pour quelques mois encore Marguerite avait eu cent ans. Ce jour là, il avait tenu à ce qu'elle soit une reine... Mieux vaut tard que jamais, Marguerite, de toute sa vie, n'avait jamais été une reine, si ce n'est dans sa cuisine ou dans son poulailler. Elle avait su se contenter de ce que la vie lui offrait. Or la vie lui offrait bien peu. Veuve depuis des années, elle s'était accommodée d'un quotidien chiche et de solitude. Elle avait délaissé depuis longtemps ses tricots dont plus personne ne voulait, laissant son regard se perdre dans la campagne qui, elle aussi, semblait doucement se passer d'elle... Ses journées s'épuisaient ainsi, à guetter le passage d'un facteur de plus en plus rare, à écouter l'horloge égrenner les heures et à attendre celle où le portillon grinçant annoncerait les visites quotidiennes qu'il ne manquait jamais de lui faire. Il craignait à chaque fois de la trouver tombée, blessée, il la voyait si petite et si fragile...</p>
<p>Sept enfants... Seuls deux lui étaient restés fidèles. Vous savez, dans beaucoup de familles c'est comme ça, les années sèment la distance, les différences, les petites et grandes jalousies... Autant de crève-coeur, pensait-il, qui l' avaient sans nul doute laissée fendillée, ébréchée, sans qu'aucune de ses tendresses ne réussissent à lui redessiner des yeux pétillants comme il aimait lui voir petit... Comme cette journée de fête où les cent bougies qui n'auraient pas tenu sur le gâteau d'anniversaire éclairaient  toutes les paumes tendues vers son sourire éberlué... Tous deux si proches et silencieux, laissant cependant quelques mots rugueux s'échapper d'une tendresse, ou une tape affectueuse ponctuer un élan pudiquement réprimé...</p>
<p>La maison est en vente au bout de la rue, vide, si vide, moins des ses meubles que d'elle qui avait voulu la quitter, laisser son "petit-dernier" s'habituer à continuer le chemin sans elle. "J'ai fait mon temps" disait-elle," ne vous occupez plus de moi" ... Mais s'il en était un de fidèle, c'était lui, qui n'avait rien ménagé qui  puisse lui donner quelques derniers petits bonheurs. Jusqu'au bout, allant chaque soir lui rendre visite à des kilomètres de là, dans une de ces maisons qui camouflent maladroitement le triste naufrage de toute vieillesse. Il tentait de l'interesser aux dernières nouvelles du village, s'extasiant sur le plateau repas qu'on lui servait tiède et presque à l'heure du goûter, l'incitant à souper pour y puiser de quoi vivre encore un peu, ça le terrorisait qu'elle puisse un jour s'en aller...</p>
<p>C'est arrivé.</p>
<p>A l'aube, il ne traverse plus la rue pour aller nourrir les lapins. Il se lève moins tôt, mais pour autant ne dort pas. Comment voulez-vous qu'il dorme quand toute sa vie il s'est levé dès potron-minet ? Et puis ça lui manque d'aller couper l'herbe encore pleine de rosée, même s'il se souvient que ça lui pesait de le faire quand il y était obligé... C'est terriblement ça la vie, on se prend parfois à regretter des choses plus par mélancolie que par véritable nostalgie...</p>
<p>Quand il passe devant la grande armoire qui a dorénovant trouvé sa place dans sa salle à manger, il se souvient d'elle et de son grand tablier, s'affairant à y ranger le peu de vaisselle qu'elle utilisait... D'ailleurs, il fut un temps où ce peu restait sur l'évier à s'égoutter de repas en repas... Et puis, s'il ouvre un tiroir, il se prend à caresser du bout des doigts les nappes de draps épais qu'elle avait brodé et qu'elle ne sortait qu'aux occasions qu'elle jugeait suffissement importantes pour risquer la tâche de vin ou de gras...</p>
<p>Elle lui manque... Cruellement... Tellement... Il a beau avoir soixante ans, c'était sa Maman...</p>
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		<title>L&#8217;aquarelliste&#8230;</title>
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		<pubDate>Fri, 10 Sep 2010 14:41:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Mo</dc:creator>
				<category><![CDATA[Portraits]]></category>
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		<description><![CDATA[Tweet Aristide est assis sur un banc. Comme tous les après-midi. Il vient à petits pas mesurés s'y installer dès que le temps le lui permet. C'est un banc ombragé, bien orienté, qui permet aux promeneurs d'observer les rives de la Moselle où viennent se poser des canards et des cormorans. De nombreuses algues se [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div class="bottomcontainerBox" style="border:1px solid #808080; border-radius:5px 5px 5px 5px; box-shadow:2px 2px 5px rgba(0,0,0,0.3);background-color:#F0F4F9;">
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			</div>			
			</div><div style="clear:both"></div><div style="padding-bottom:4px;"></div><p>Aristide est assis sur un banc.</p>
<p>Comme tous les après-midi. Il vient à petits pas mesurés s'y installer dès que le temps le lui permet. C'est un banc ombragé, bien orienté, qui permet aux promeneurs d'observer les rives de la Moselle où viennent se poser des canards et des cormorans. De nombreuses algues se sont emparé de la rivière. Elles forment un tapis fleuri où parfois des objets abandonnés au courant se retrouvent captifs. L'autre jour il y avait un ballon noir et blanc malencontreusement échappé d'une partie de balle au prisonnier que des enfants avaient entamé sur le bord de l'allée du parc voisin. Il n'est pas rare que des hérons s'y aventurent en quête de poisson, le fond par ici permet aux pêcheurs d'avoir pied pour y lancer leurs hameçons.</p>
<p>Aristide reste assis des heures entières à regarder les berges. Il y pose un regard attentif. Après avoir enseigné le dessin dans un collège pendant des années, il a dû prendre sa retraite. Il est maintenant un peu encombré de son temps... Il n'a jamais eu qu'une passion : la peinture à l'eau.</p>
<p>Aristide est aquarelliste. Quand il n'use pas de ses pinceaux, c'est du bout des yeux qu'il peint ses tableaux. Dans ses yeux le paysage n'a pas la tournure du nôtre... Les traits sont fins et les pigments plus doux. Il donne aux montagnes la douceur des collines, aux arbres une verdure mouillée, à l'eau des reflets argentés. Ce sont d'aimables perceptions d'artiste, des pastels bucoliques qui laissent le Canson ondulé et humide.</p>
<p>Aristide n'a plus qu'un frère, qui est ingénieur, qui habite loin, si loin de ses muses et de sa poesie... De toutes façons, Aristide s'est depuis longtemps éloigné des autres, sa vie aujourd'hui se résume à ses crayons et à ses brosses, aux esquisses qu'il crayonne d'un geste précis, aux ébauches qu'il farde plus tard d'un badigeon polychrome.</p>
<p>Aristide est assis sur son banc, et chaque jour quand le temps le lui permet, il refait le monde aux couleurs de son inspiration...</p>
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