Mot à  Mo J'aime les mots et écrire, même maladroitement

12oct/110

Je pense à vous Madame…

Ce soir un petit berceau tout habillé de lin occupe un coin de mon salon... Et je pense à vous, Madame...

C'est un petit lit de bois qui a déjà bercé deux générations. Dans quelques semaines, un petit bébé y dormira, ce sera un petit garçon, notre petit-fils, Madame...

Je ne doute pas que Chloé vous ai souvent parlé de ce tout nouveau bonheur, une Maman c'est tellement important dans ces moments là... On est si heureuse et si fière... Un peu inquiète aussi... On découvre son corps différent, tant de sensations nouvelles, d'interrogations, d'émerveillements... Je n'ai certainement pas répondu à ses attentes aussi bien que vous l'auriez fait, et puis vous savez, je crains toujours d'être maladroite ou inopportune...  Mais c'est un vrai bonheur que de les voir s'aimer autant et partager si harmonieusement cette promesse... Dans ces moments là, je pense à vous, Madame...

Je n'habite pas tout près d'eux, mais j'essaye d'être présente, ni trop, ni trop peu... Un apprentissage parfois délicat... Et puis, on a de la chance, aujourd'hui, la technologie permet d'oublier la distance...

Chaque fois qu'ils arrivent chez moi ou que je vais chez eux, je suis tellement, tellement heureuse ! Alors forcément, là aussi,  je pense à vous, Madame...

Je suis toute émue qu'ils aient bien voulu de mon vieux berceau... Toute à mon plaisir, j'ai proposé de le remettre en état. Je bricole un peu, et j'aime la couture aussi. Cet été, j'ai accompagné Chloé choisir le tissu de son choix, (un joli vichy "taupe" et "écru", ce sont des couleur à la mode, pleines de douceur, et qui pouvait convenir tout autant à une petite fille qu'à un petit garçon). Vous allez rire, mais plus d'une fois je me suis trouvée prétentieuse... Et l'exercice devint une gageure ! J'aurais aimé pouvoir le coudre avec vous, vos conseils m'auraient été bien nécessaires !  Plus d'une fois, en soupirant,  j'ai pensé à vous, Madame...

Enfin, ce soir, j'ai noué le dernier ruban aux petits barreaux ouvragés, je ne suis pas mécontente d'avoir terminé... J'étais un peu inquiète à l’idée de ne pas réussir à l'achever à temps.... C'est que je pars dans deux jours le leur apporter !

Avec les petites chutes de tissu, j'ai même réussi à rhabiller un panier en osier dont je me servais pour poser quelques langes, crèmes et autres barboteuses près de la table à langer. Votre fille l'a trouvé ravissant et, en riant, m'a dit qu'elle allait le garder pour elle ! Je crois que tout ça lui fait plaisir... Alors, quand elle a ce si joli sourire et que je la vois heureuse, si vous saviez comme je pense à vous, Madame...

 

A Brigitte, ( + Avril 2010),  pour Chloé...

 

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Puisque maman ne le rajoute pas, je me permets d'illustrer ce texte avec une photo envoyée hier soir sur notre téléphone a Chloé et moi :

Merci maman. 

Berceau bébé

17juin/110

J’aurais aimé…

J'aurais aimé t'offrir ma jeunesse, la fraîcheur de ma peau dorée après les mois d'été, mes innocences et mes ignorances... J'aurais choisi une robe de lin blanc pour t'épouser dans une petite chapelle perdue au milieu des champs... J'aurais voulu qu'avec l'insouciance nous soit très vite venu un enfant... J'aurais rêvé qu'on s'installe dans une grande maison qu'on aurait habillée de bonheur et d'éclats de rire... Nous l'aurions meublée de projets et remplie de jolis souvenirs...

La vie a eut pour nous d'autres desseins... Il nous aura fallut des années et bien des chagrins pour qu'enfin elle fasse se croiser nos chemins... Sans rien renier du passé qui nous a façonné, sans regretter nos  premiers émois, nos amours ou nos désillusions, voilà qu'à nouveau nous nous inventons un tendre et même avenir. Comme à vingt ans rien ne nous semble impossible... Comme à vingt ans nos coeurs battent la chamade et nos corps se conjuguent... Si l'âge, sans doute, laisse sur nos visages la trace de son passage, si au fil du temps il n'a pas cessé d'y dessiner notre histoire, il n'a pas oublié non plus d'y laisser l'empreinte de nos rêves les plus fous, ni celle, radieuse, d'y croire à nouveau.

Les automnes ne sont pas moins ardents, regardez comme en Septembre la nature flamboie ! Ne souriez pas jeunes gens, il vous apparaitra un jour, à vous aussi, combien l'Amour a le pouvoir de relever les plus las, d'alléger les tristesses, d'illuminer certains crépuscules...

A tous ceux qui s'aiment, pour un jour, un an ou une vie... Pour ceux qui trébuchent, se relèvent et recommencent...

22mar/110

Coeur d’artichaut !…

Les gens "bien-pensants" me font rire ou me fatiguent selon mon humeur, tous ceux qui  "à votre place" sauraient bien mieux que vous ce qu'il faut faire ou ne pas faire !...

J'ai pu observer bien souvent que ces gens là étaient des aigris ou des privilégiés. Quelquefois les deux à la fois tant la prospérité n'est pas forcément un gage de bien-être.

Dieu merci le bonheur a bien d'autres arguments...

Ainsi, certains, jusqu'ici épargnés par les ennuis de santé, et par ailleurs curieusement  absents ou injoignables dans ces périodes de grandes inquiétudes, se sont étonnés de ma façon de gouverner les miens ou ceux de mon mari gravement dépressif, d'autres, accablés par une vie d'ennui s'offusquèrent que je réussisse à m'en remettre en gardant le sourire...

Ainsi "l'injure suprême" me vint d'une "amie" douillettement installée dans une vie de routines et de certitudes, pour qui l'argent n'était "pas un problème" ... Me voyant survivre trop facilement à son goût à des années de galère, elle affirmât haut et fort devant d'autres tristes célibataires combien j'avais tort de croire envers et contre tout à un possible renouveau. La sagesse aurait voulu qu'à mon statut de veuve  j'ajoute davantage de crêpe noir et que je décline toutes les occasions de me porter mieux... Remise depuis peu d'une rupture sentimentale, elle trouvât invraisemblable que je puisse oser si vite y croire encore, d'autant que toute issue lui semblait à elle, très improbable !... "Tu n'es qu'un cœur d'artichaut" me lançât-elle, comme si l'insulte devait m'être fatale !... Les femmes ne sont pas les plus indulgentes pour leurs semblables... Les vieux clichés perdurent... Tenter, oui, mais ne pas se tromper, car cela voudrait dire renoncer ou oser encore, or trop d'audace devient suspect ou indécent ! Comme si l'on pouvait savoir à l'avance où nous mènent  nos rêves et nos espoirs  ?!... Celles qui réussissent d'emblée sont exemplaires, celles qui trébuchent et tentent à nouveau leur chance sont instables, voir peu recommandables !

Blessée, sur l'instant, oui, je le fus, car je n'imaginais pas avoir un comportement volage ou inconstant, il me semblait juste être en quête d'un nouvel équilibre, d'un possible partage... Je me sentais heureuse, oui, curieusement heureuse d'être saine et sauve  après qu'un ouragan ait dévasté ma vie... Les chagrins fragilisent puis rendent plus fort, mais pour leurs survivre et en tirer profit, il ne faut pas craindre d' affronter les doutes et les remises en question... Les difficultés d'une existence nous rendent peureux ou téméraires, mais elles nous procurent en tous cas une nouvelle force : celle de savoir prendre suffisamment de distance par rapport aux évènements et aux "autres", surtout ceux qui se disent "pleins de bonnes intentions" pour "notre bien"...

Je fis le triste constat qu'en règle générale, on vous préfère lente à reprendre votre souffle, voir à ne pas le reprendre du tout ! Qu' en toutes choses pour plaire il vaut mieux respecter certains codes sociétaux solidement établis. Le féminisme est bien contradictoire parfois, prônant l'indépendance de la femme jusqu'à lui reprocher de se trouver mieux accompagnée !

Je pris donc le parti d'en rire, d'essorer mes chagrins et d'en recueillir le soulagement d'aller bien, je fis la sourde oreille aux conseils bienveillants, mais je reste à jamais attentive à mon cœur, attentive à ceux qui m'aiment vraiment, et c'est avec eux que je partage tous ces jolis moments rescapés de mes deuils...

19mar/110

Crabes fourbes ou méduses frelatées…

Les crabes ne sont pas francs du collier... Ce sont des fourbes et des dissimulateurs.

Celui-là, égaré dans le froid d'un hiver longuet, se prit à rêver de douceur. Le grain de mon sein du lui souvenir celui d'un sable chaud et humide dans lequel il aimait tant s'enfoncer pour échapper aux moiteurs de l'été... Comme il était affamé, il ne se contenta pas d'y plonger, il se mit à le grignoter !

Le crabe est un animal discret. Il s'en reput un moment en silence. Si bien qu'il fallut de longs mois pour soupçonner sa présence qui se révéla finalement très envahissante... Démunie devant tant d'impudence, je m'en remis à de doctes carabins, qui l'en délogèrent d'un coup de bistouri ... Mais la maudite bestiole en s'en allant me laissait aussi dépouillée qu'une amazone...

Les avisés chirurgiens cherchèrent comment combler cette embarrassante absence et finirent par convenir qu'une de ces jolies méduses qu'ils gardaient depuis des lustres dans un bassin feraient suffisamment  illusion...  "Illusion", c'est bien le mot qui leur convient ou bien PIPeau oserais-je dire... Les bestioles sans abri, souples et nacrées, avaient su les convaincre de les loger...

Me voici donc accoutrée d'une espèce de ventouse certes fragile, mais bellement accrochée, et mon Dieu, je n'étais pas mécontente de retrouver aussi vite féminine apparence !

Ils ne me précisèrent pas qu'ils s'étaient eux-mêmes fait bernés par de fieffés marins d'eau douce, et que cette belle méduse, comme des milliers de ses congénères, n'était qu'une pâle imitation en  silicone trafiqué... Que voulez-vous, il fallait bien jusqu'à la dernière les utiliser, diable, ces méduses là, toutes suspectes qu'elles étaient, avaient coûté !

Me voici, comme bien d'autres, porteuse en mon sein d'une méduse frelatée que je ne peux m'extirper. Il faudrait encore pour m'en libérer faire confiance à ceux qui m'en ont affublée en sachant vraisemblablement qu'ils me mentaient !... Pire encore, il faudrait maintenant patiemment les écouter me rassurer et tenter de me convaincre qu'il n'y faut rien changer...

Crabes et méduses associés, radins carabins et fieffés apprentis sorciers soyez bien certains que je ne m'en laisserai pas conter !

 

A toutes les victimes des groupes de pression économiques et financiers  qui jouent avec notre santé !

10mar/110

Je ne sais pas vous, mais…

Je ne sais pas vous, mais...

Avez-vous remarqué ?...

Qu'il pleut souvent quand on a oublié son parapluie ou qu'on sort de chez son coiffeur...

Que tout devient compliqué quand on est pressé et qu'on est systématiquement en retard alors qu'on pense avoir tout son temps...

Qu'au supermarché on choisit toujours le caddie qui n'a que trois roues valides et qu'à peine prenant son tour dans la file d'attente pour passer à la caisse, il y a soudain un problème d'étiquette...

Que la paire d'escarpins sur laquelle on louche depuis des jours et des jours n'existe plus dans sa taille ou que le parfum dont on ne parvient pas à se passer depuis des années ne se fabrique plus...

Que revient à la mode tout ce dont on vient de se séparer après avoir tout gardé pendant des années...

Qu'il suffit de surfer sur Internet au bureau pour qu'au même moment passe son patron...

Qu'un "bug" survient toujours sur l'ordinateur avant qu'on ait eu le temps d'enregistrer sa saisie...

Que le four tombe en panne le jour où l'on reçoit ses amis, et que le soufflé inratable finit de s'effondrer sur le coin de la cuisinière !

Que les gendarmes sont installés au rond-point chaque fois chaque fois qu'on n'a pas bouclé sa ceinture de sécurité, qu'un radar nous  "flashe" la seule fois où l'on n'a pas surveillé son compteur...

Qu'à la radio l'animateur n'a pas précisé le titre de cette chanson qu'on aimerait tant retrouver...

Que le livre qu'on cherche désespérement depuis des semaines ne sera pas réédité...

Que l'ascenseur est bloqué quand on a dix étages à monter...

Qu'il n'y a plus de gobelet quand on arrive à la machine à café, ni d'eau chaude pour la douche quand on en rêve après que toute la famille y soit passée...

Qu'on ne perd jamais que les objets auxquels on est attaché...

Que le vase qui conviendrait si bien à ce bouquet est rangé sur l'étagère que notre mètre cinquante six n'atteindra jamais sans l'aide de l'escabeau qu'on a la flemme d'aller chercher dans la pièce à côté...

Que la belle affaire que l'on vient de faire est vendue deux fois moins cher dans le magasin d'à côté...

Qu'on rencontre toujours la personne "qu'il ne faut pas" le jour où l'on n'est ni coiffée ni maquillée...

Je ne sais pas si vous avez remarqué, mais il ya des jours où rien ne se passe comme il faudrait !...