L’Éternité du cœur…

Que la vie me fut douce avec toi qui me laisse là, seule et désemparée, ne sachant que faire de moi, toi qui sus d’un regard bienveillant me libérer de ma chrysalide, et m’éveiller au bonheur d’être deux de la plus jolie des façons… Deux à conjuguer l’Amour à tous les temps, à connaitre sa grammaire sur le bouts de nos doigts enlacés. Nous allions du même pas, à travers vents et marées, chercher ce Paradis promis à ceux qui s’aiment assez fort pour découvrir en eux ce ravissement d’être à l’unisson.

Quelle chance avons nous eu de nous trouver, quand on sait l’immensité du monde et l’infime probabilité que nous avions de saisir au vol notre rencontre, pour y croire suffisamment et s’offrir cette confiance absolue, ciment de l’Histoire que nous avions si ardemment écrite au fil des années…

Il parait que tout s’explique, que le hasard n’a pas sa place ici-bas… Pauvres que nous sommes d’imaginer pouvoir maitriser peu ou prou ce qui nous est donné ! Ton chemin s’est brutalement séparé du mien, jusqu’au bout j’ai tenu ta main, mais tout l’Amour du monde n’a pas suffit à enrayer le Destin… « Que serai- je sans toi » me disais tu, et mon cœur se brisait puisque nous savions tous les deux ce qui nous menaçait… Je trouvais les mots pour tenter de t’apaiser, quand la détresse nouait ma gorge et que je cachais mes yeux embués dans la chaleur de ton cou…

Les mois passent, et folle que je suis… A refuser cette distance que le temps étire inexorablement depuis que tu es parti, à toujours et encore m’étonner de cette réalité soit réellement la notre, la mienne… Comme si ce malheur ne pouvait être que provisoire… Mais toutes mes prières sont vaines, toutes mes promesses et mes chantages absurdes n’y changent rien, seul le silence est là, lourd et pesant comme la dalle qui t’écrase pour l’Éternité, sans moi…

Alors je vis, puisqu’il n’y a rien d’autre que je puisse faire, un jour après l’autre, pauvre et triste victoire sur ce calendrier qui s’égrenne sans toi… Je respire quelques goutte de ton eau de toilette, je me love dans ce pull bien trop grand pour moi, je sens encore le grain de ta peau et tes boucles brunes sous mes doigts,  je répugne à imaginer que le Temps puisse adoucir mon chagrin, je refuse qu’il puisse avoir une fin, puisqu’il est le seul aujourd’hui à mesurer l’infinité et la puissance de mon Amour défunt…

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