Oh la gadoue, la gadoue…

La neige a disparu, ce matin il n’en reste presque plus, la terre détrempée s’essouffle à devoir boire toute l’eau qu’en fondant les flocons sont devenus…

À chaque pas, l’empreinte de mes bottes s’imprime dans la terre imbibée dans un bruit de caoutchouc humide, la brune gadoue s’accroche à mes semelles, la chaussure telle une ventouse, s’arrache dans un borborygme d’ivrogne…

Le froid glacial ne cède pas sous la pluie qui lui a parié deux arcs en ciel si elle reussissait à noyer l’herbe en moins de temps qu’il ne faut pour l’écrire… Gagné ! La pelouse rend l’âme dans un gargouillis marronâtre, chaque brin éclaboussé devient kaki de rage mais n’en peut mais…

Le ciel pèse si lourd qu’il se prend les pieds dans les collines, trébuche dans la vallée et finit par s’étaler alentours tel un voile cotonneux qui nous fait une vue de myope !…

Le vent bouscule les arbres denudés, fait couler le maquillage des massifs détrempés, l’hiver à pris ses quartiers au creux des chemins boueux, il soulève les chapeaux, se glisse sous la laine des bonnets, défait les écharpes et dénude les cous frileux, le froid congèle les doigts et les rend maladroits…

Je presse le pas, il me tarde de retrouver la douceur d’un “chez moi” douillet et de quitter mes souliers justes bons à brosser.

J’ai claqué la porte sur un courant d’air glacé qui tentait de s’engouffrer dans la maison à  la recherche d’un coin de radiateur ou de cheminée…

Et les volets baissés sur la nuit toute engourdie ont gardé prisonnière la chaleur entre les murs épais…

 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *