Mot à  Mo J'aime les mots et écrire, même maladroitement

25juil/100

L’absent…

La journée enfin s'épuise dans la cacophonie métro-Babel qui t'engloutit, anesthésiant ta lassitude dans les tressauts du wagon sur les rails grinçants. Tu t'abandonnes aux secousses de la rame, morne berceuse d'une après-midi d'octobre.

Le front plissé et les yeux mi-clos tu ne vois plus l'enfilade des quais bondés d'une foule grise. Tes pensées sont ailleurs, loin de cet avaloir de saleté et de poussière grasse, peut-être à des années d'ici quand "Il" était encore là, l'espace de quelques stations, le Temps s'est effacé...

La douleur lancinante de son absence resurgit ce soir alors qu'un chiffon d'éther l'avait doucement mis en sommeil ces dernières années... Pourtant les jours avaient parus si longs quand il s'en était allé, comme si l'avenir sans lui se faisait prier pour exister...

14juil/100

Désormais seul…

Il n'est qu'un sourire qui puisse aussi bien cacher un grand désespoir...

Elle est morte dans ses bras, et là, voyez-vous,  le temps n'a plus d'importance, elle est morte comprenez-vous ?

Il est encombré de mots qui se bousculent pour traduire son chagrin... Ils se déversent comme mille douleurs d'une boite de Pandore qui n'en retient qu'un qui tarde parfois à se faire entendre et qui se nomme Espérance...Il ne cesse de nous dire qu'il va s'en sortir, mais nous en sommes déjà certains, ce n'est que lui qu'il cherche encore à convaincre...Il ne veut désormais plus s'attacher qu'aux choses essentielles... On n'échappe pas à cette évidence quand la mort nous frôle... On se découvre alors si futiles...

Il nous semble alors que rien n'a autant d'importance qu'un partage véritable. Les ressentis s'épurent, échappent à la turpitude dont l'humanité trop souvent s'accable, et l'on se prend à imaginer qu'un si grand malheur puisse changer le monde ... On découvre en soi des trésors d'empathie, des envies de bonheur, une horloge qui s'emballe et crie à l'urgence de ne plus gaspiller son temps...

Il parle d'Elle, qui  n'est jamais si vivante que lorsqu'il évoque leurs chamailles, la pudeur seule l'empêche de nommer leurs derniers émois, mais il les suggère comme un dernier hommage au couple qu'ils formaient...

Il parle d'Elle comme si mot après mot il allait réussir à effacer l'empreinte d'un destin et réécrire leur histoire comme il aurait aimé qu'elle fut... Mais le sablier n'en a cure et se vide d'une âme de plus.

Il parle parle et parle encore pour enfin s'interrompre et écouter le silence lui répondre, c'est un vide abyssal, un vertige abominable, une évidence cruelle, elle est morte entendez-vous, et elle était sa femme...

A Bernard et Brigitte...